#10 – Le coin des mangavores !

#10 – Le coin des mangavores !

Comme il me faudrait des journées de 45 heures pour pouvoir lire et critiquer toutes les sorties manga que nous proposent les différents éditeurs français et comme tout le monde le sait, nos journées ne font que 24 heures, j’ai décidé d’inaugurer ici, une nouvelle rubrique compilant plusieurs reviews. Ce coin des mangavores vous permettra d’avoir une vue d’ensemble sur les dernières sorties parues et de ne rien louper de vos titres préférés. C’est parti, suivez le guide !

 

Boruto (T.2)

Le rejeton de Naruto continue de faire des siennes dans ce second tome de Boruto, titre consacré à la nouvelle génération de ninjas de Konoha. En pleine épreuve d’examen de sélection des ninjas, le jeune garçon se fait gauler par son paternel en flagrant délit de triche. Pour le fils du 7ème Hokage, ça la fout mal… ! Heureusement pour lui, c’est à ce moment-là que des membres du clan Ôtsutsuki débarquent pour attaquer Naruto. Et c’est parti pour de la castagne en bonne et due forme et le pire, c’est que Mikio Ikemoto au dessin et Ukyô Kodachi au scénario ne s’en sortent pas trop mal en fin de compte. Je n’ai jamais été un grand fan du titre de Masashi Kishimoto donc je n’avais pas d’attentes particulières concernant Boruto et finalement, ça se laisse lire sans problème. Oui, les rappels à l’œuvre d’origine sont bien présents mais les auteurs évitent tant bien que mal l’écueil du fan-service bête et gratuit. On sent bien qu’ils veulent ouvrir un nouveau récit avec de nouveaux personnages même si pour le moment, il faut bien l’avouer, ils ont un peu de mal. En deux tomes, l’histoire n’a pas encore choisi sa direction et se repose un peu trop sur les piliers du titre comme Naruto ou Sasuke. Même s’il semble que Boruto n’ait pas encore trouvé une réelle légitimité, le titre n’a, pour le moment, rien de honteux par rapport à d’autres suites sorties ces dernières années (suivez mon regard…). Bref, c’est déjà pas si mal.

Boruto (T.1)
De Mikio Ikemoto et Ukyô Kodachi
Édité par Kana

 

Saint Seiya – The Lost Canvas Chronicles (T.16)

Ça y est, cette fois, c’est terminé ! Après onze ans de bons et loyaux services et deux titres totalisant 41 tomes, Shiori Teshirogi quitte l’univers de Saint Seiya. Avec ses hauts et ses bas, la saga The Lost Canvas aura quand même su tirer parti et rendre hommage à la mythologie créée par Masami Kurumada. De toutes les suites, prequels et autres spin-off, TLC est très certainement le titre ayant le mieux réussi à appréhender l’œuvre du mangaka. Que ce soit dans son esthétique, ses thématiques et son traitement, la saga de Teshirogi n’a pas trahi le matériau d’origine. Pour conclure, elle nous offre donc une confrontation fratricide entre Gold Saints avec une nouvelle fois, un Grand Pope corrompu par… Hadès ! Vous ne l’aviez pas vu venir, celle-là… ?! Les jumeaux Harukei et Sage, à qui le tome est consacré, vont donc devoir se dresser contre Gateguard du Bélier et Itia, Grand Pope/Chevalier de la Balance. Dans les grandes lignes, pas de révolution dans l’univers archi-balisé de Saint Seiya mais la mangaka parvient à apporter un dernier souffle épique à une situation vue maintes et maintes fois. On est presque un peu frustré de ne pas pouvoir découvrir un peu plus cette très ancienne génération de Gold Saints, qui pour une fois semble assez éloignée de celles que l’on connaît. Un Bélier et un Sagittaire corrompus, un Verseau ultra-puissant et proche d’Athéna, bref cette génération avait de quoi attiser notre curiosité mais nous n’en saurons pas plus. Toujours est-il que TLC Chronicles clôture la saga avec ce qu’il faut de panache et, compte tenu du champ de ruines qui entoure l’œuvre originale et toutes ses tentatives désastreuses de la faire vivre, ce n’était pas gagné. Reste G Assassin, Next Dimension et Saintia Shô… Qui a rigolé… ?!

Saint Seiya – The Lost Canvas Chronicles (T.16)
De Shiori Teshirogi
Édité par Kurokawa

 

Les 7 Princes et le labyrinthe millénaire (T.2)

Toujours enfermés dans le Château Maudit, les sept prétendants au trône tentent de survivre et trouver une sortie. Au milieu de personnalités de premier plan, le jeune Yuan Juno ne comprend pas vraiment pourquoi il se retrouve là. D’autant que Messiah Reed, le célèbre détective voit en lui l’homme providentiel qu’il recherchait partout. Les embûches se succèdent dans ce seinen mâtiné de shônen et la révélation faite dans ce tome vient relancer le récit. Les auteurs Haruno Atori et Yu Aikawa ne lésinent pas sur les moyens et multiplient les twists de manière relativement habile. Du coup, on ne s’ennuie pas du tout à la lecture et on finit par se prendre au jeu du whodunit?. Car en fait, Les 7 Princes privilégie l’aspect enquête au côté survival bête et méchant et c’est une bonne chose. Le titre évite l’écueil d’aligner les victimes les unes après les autres, au profit d’une ambiance flirtant avec l’univers d’Agatha Christie, à la sauce manga. Autre bon point, le titre ne comptant que quatre tomes, nous voilà déjà à la moitié de l’histoire qui ne s’éternisera pas et saura trouver, on l’espère, une conclusion convaincante. Côté dessin, Atori fournit un travail soigné rappelant le trait fin et élégant de Jun Mochizuki (Pandora Hearts). Le chara-design, tout comme les décors sont de grande qualité et contribuent au plaisir de la lecture. Bref, un second tome dans la lignée du premier qui parvient à conserver notre attention pour un titre plein de qualités. Bonne pioche !

Les 7 Princes et le labyrinthe millénaire (T.2)
De Haruno Atori et Yu Aikawa
Édité par Doki-Doki

 

Gunnm Mars Chronicle (T.3)

En parallèle de la réédition de Gunnm se poursuit la publication de Gunnm Mars Chronicle, prequel de l’histoire d’origine et troisième partie de la saga SF de Yukito Kishiro. Après le controversé Gunnm Last Order, Mars Chronicle revient donc sur la toute jeune enfance de Gally, encore appelée Yoko. Le second tome était un peu confus et les passerelles établies avec Last Order dans le futur semblaient ne pas bien s’imbriquer dans l’histoire. On pouvait alors craindre d’avoir une suite à Last Order plutôt qu’une origin story au titre original. Heureusement, avec ce troisième tome, on retourne dans le passé. L’auteur laisse Yoko de côté pour se focaliser sur sa seule amie, Erika. Maltraitée et torturée par des parents abominables, elle a choisi de se faire justice toute seule, faisant d’elle une jeune fille brisée et instable mais profondément attendrissante. Sa rencontre avec l’étrange et inquiétant Baron Muster aura vraisemblablement d’importantes répercussions sur son destin. Pour l’heure, il faut bien le dire, ce prequel n’est pas totalement à la hauteur de l’œuvre matricielle et on ne sait pas vraiment où l’on va. Les grandes étendues désertiques de Mars donnant au titre un parfum de western de l’espace ont remplacé l’ambiance suffocante de la décharge Kuzutetsu. Il faut donc s’acclimater à un nouvel environnement qui change quelque peu notre perception de l’ensemble de l’univers Gunnm. Ce tome repart cependant sur les rails du prequel tel qu’il nous a été vendu et c’est tant mieux. En espérant que Kishiro ne parte pas dans tous les sens comme il a pu le faire par le passé. Wait and see

Gunnm Mars Chronicle (T.3)
De Yukito Kishiro
Édité par Glénat

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