• Home »
  • 100 badass »
  • 100 badass du cinéma, épisode 9 : Bruce Willis, Linda Hamilton, Heath Ledger, Willem Dafoe, Powers Boothe
100 badass du cinéma, épisode 9 : Bruce Willis, Linda Hamilton, Heath Ledger, Willem Dafoe, Powers Boothe

100 badass du cinéma, épisode 9 : Bruce Willis, Linda Hamilton, Heath Ledger, Willem Dafoe, Powers Boothe

Hello, camarade pur et dur ! Ton attente n’aura pas été vaine. Au programme du jour… ouais, ok, du soir…. :  Le Dernier Samaritain, Terminator 2, The Dark Knight, Police Fédérale Los Angeles et Sans Retour.

41. Joe Hallenbeck (Bruce Willis)

 par John Plissken

FILM :  Le Dernier Samaritain, de Tony Scott (The Last Boy Scout, 1991)

Lorsque sort Le Dernier Samaritain aux Etats-Unis, en décembre 1991, Bruce Willis n’est pas au mieux de sa forme. En trois ans, depuis la sortie du premier Die Hard, il semble avoir déjà grillé la plupart de ses cartouches, entre une suite beauf au classique de McTiernan et une série d’échecs au box office : Le Bûcher des vanités, Pensées mortelles et surtout la cata Hudson Hawk… Bref, son personnage de loser fini dans le film de Tony Scott résonne curieusement avec le propre statut de Willis, confronté à un premier début de disgrâce à Hollywood (il en traversera d’autres). Et pourtant, Joe Hallenbeck a beau débuter le film dans une suite de scènes toute plus humiliantes les unes que les autres (y compris pour Willis…), l’ex-garde du corps reconverti en privé miteux (et cocu) relève spectaculairement la tête dans sa lutte contre le mafieux organisateur de paris truqués Sheldon Marcone.

Ecrit par Shane Black à l’époque de sa toute puissance, Le Dernier Samaritain regorge de dialogues de snipers et autres bons mots truculents que n’aurait pas renié un Michel Audiard. Et surtout, il comporte LA scène de badasserie absolue pour Willis : capturé par les sbires de Marcone, Hallenbeck se fait exploser le pif par l’un d’entre eux, un dénommé Chet (joué par Kim “Sons of Anarchy” Coates), après lui avoir demandé une cigarette puis du feu. Impavide et groggy, il demande à son agresseur une seconde clope et le menace de le tuer si ce dernier le “touche encore”. Ca ne rate pas : Chet allongera une deuxième beigne et… oh et puis je me demande vraiment pourquoi je me fatigue à raconter la scène puisqu’en toute logique, vous la connaissez par coeur ! Sans pour autant égaler, loin de là, le phénomène Die Hard au plan critique et public, Le Dernier Samaritain ramassera suffisamment la mise pour racheter brièvement une conduite à Willis. Surtout, malgré son accueil mitigé, il finira par acquérir au fil des ans un statut amplement mérité de film culte dans les vidéo club puis la geekosphere.

BADASS LINE : “If you touch me again, I kill ya”

 

42. Sarah Connor (Linda Hamilton)

par David Brami

FILM : Terminator 2 – Le Jugement dernier, de James Cameron (Terminator 2 – Judgment Day, 1991)

En 1984, Sarah Connor demandait à son sauveur Kyle Reese : « Est-ce que j’ai l’air de la mère du futur ? ». Sept an plus tard, on serait tenté de répondre comme les Nuls dans leur fausse pub scandale : « Oui, plutôt, oui ». Car il s’en est passé des choses dans l’intervalle : de serveuse ingénue, la miss est devenue mère, puis s’est progressivement plongée dans un univers parallèle à celui que tout le monde connait. Contacts avec les bérets verts et autres les guérilleros,  entraînement sans relâche au combat, elle fait tout pour devenir une mère modèle pour que son fils John, futur sauveur de la résistance après l’apocalypse des machine, devienne le grand homme qu’il doit devenir.

Mentalement, Sarah est obsédée par ce qui est désormais sa mission. Même enfermée dans un asile après s’être faite pincer en essayer de faire sauter une boite informatique, elle continue de s’entraîner et de se faire les muscles. La première fois que l’on découvre cette nouvelle Sarah sur grand écran, c’est le choc. Charmé par la belle et pulpeuse Linda Hamilton en 1984, on la retrouve cette fois sèche, musclée, rigide, le regarde impassible quand des psychiatres la cuisinent sur les raisons de l’atroce assassinat des parents adoptifs de John (et hop, un saturn award et un mtv movie award dans la catégorie meilleure actrice). Seule une blague faite à l’époque par un spectateur dans l’assistance avait allégé la tension crée par ces premières séquences, alors que j’étais un ado encore hautement impressionnable (un trublion a sorti « Gervais j’en veux » quand un des gardes lui lèche la joue après l’avoir attachée à son lit, preuve que le sex appeal de la belle était toujours à son top et que le saturn award de la nana la plus attirante, égalemetn remporté par l’actrice, était largement mérité). Et sans effort, la miss de mener une one-woman-commando-action efficace et brutale pour sortir de son asile haute sécurité, seulement stoppée dans son élan par ses retrouvailles avec l’homme de fer.

Hantée par les visions d’un futur qu’elle tente de prévenir, Sarah ne perd pourtant jamais de vue son objectif aider son fils à guider la résistance ou mieux : stopper l’apocalypse. Avec un Terminator à portée, elle retrouve facilement la trace d’un des responsables, le directeur des projet spéciaux chez Cyberdine, un certain Miles Dyson. A ce moment,  on a déjà vu de quoi la nouvelle Sarah est capable, mais ce n’est qu’à cet instant que le spectateur réalise vraiment à quel point Sarah a changé. Elle qui était la compassion même, elle est devenue ce qu’elle déteste le plus en ce monde : une machine. Implacable, froide, elle est prête à tuer un homme pour changer le futur et déboule dans son foyer, pointeur laser et arme au poing, quitte à le butter face à sa femme et son gamin. Seule la réalisation de ce fait lui permettra de sauver son âme et de trouver avec son fils une autre solution. C’est avec ce petit sursaut d’humanité que je n’ai aucune crainte : si le monde doit être sauvé, il n’y a pas de meilleur rempart que Sarah Connor, la mère du futur au sens large.

Badass Line (gravée au couteau sur une table en plein désert) : «No fate» (but what we make)

 

43. Le Joker (Heath Ledger)

par Dominique Montay

FILM :  The Dark Knight : le chevalier noir, de Christopher Nolan (The Dark Knight, 2008)

La performance qui a prit tout le monde par surprise. Souvenons-nous des fans outrés par le choix de Christopher Nolan. Le mec de Chevalier et de Brokeback Mountain allait interpréter le clown le plus tristement célèbre de l’histoire des comic books ? Personne (hormis Nolan et la prod) n’aurait misé un kopeck sur ce grand gamin blond. Trop jeune, trop limité, trop mauvais. Et au final, quelle surprise…

Au cinéma, Heath n’était pas le premier à se couvrir de maquillage pour donner vie au Némésis du Chevalier Noir. Avant lui, Tim Burton avait fait confiance à Jack Nicholson. A l’époque, on considérait que la perf de Jack était ce qui se faisait de mieux en la matière. Mais qu’on le veuille ou non, Jack Nicholson n’a pas joué le rôle du Joker dans le Batman de 89. Il a fait du Nicholson, ce qui en soit est fort agréable, mais pas ébouriffant non plus.

Heath Ledger approcha le rôle différemment, en s’effaçant complètement derrière le personnage. Lorsqu’on regarde The Dark Knight, Ledger l’acteur ne semble plus exister. On voit clairement, peut-être pour la première fois en live, ce qu’est le Joker. Un être génial, dérangé, fasciné par le chaos. Une vision primaire du mal, dénuée d’humanisme, impossible à raisonner.

Heath Ledger décèdera pendant le montage du film. Nolan, s’en trouve cinématographiquement orphelin, pensant à l’époque continuer à explorer le duel entre le Joker et Batman dans un troisième film. Il finira par mettre en scène le personnage de Bane, moins flamboyant, plus primaire… et étrangement introduit dans le film d’une façon très similaire au Joker : un personnage masqué qui se fait passer pour un simple malfrat.

Ledger livre une interprétation absolue. Celui qui osera reprendre un jour le rôle du Joker sera soit un génie sûr de son talent, soit un fou prêt à griller sa carrière. Beaucoup de choses ont été dites au sujet de sa mort: Heath consommait de la drogue, avait des problèmes de sommeil, était malade et non soigné… histoire de créer la légende, il fut même suggéré que le fait d’avoir joué ce rôle de cette manière l’avait plongé dans la dépression, ou causé indirectement son décès…

Reste ce film, unique, qui vaut par sa qualité brute, évidemment, mais aussi par la prestation incroyable d’un grand gars blond pas du tout taillé pour le rôle. Et tellement parfait.

Badass Line : « Why… so… serious ? » et ex-acqueo « You want to see a magic trick?”

 

 

 

44. Eric Masters (Willem Dafoe)

par John Plissken

FILM :  Police fédérale Los Angeles, de William Friedkin (To live and die in L.A, 1985)

Bon alors attention là, on parle quand du big baddy du plus grand polar de toutes les années 80, j’ai nommé le fascinant Eric Masters dans Police Fédérale Los Angeles. Un an plus tôt, Willem Dafoe s’était déjà fait remarquer en ange du mal version cuir et motorbike dans le mésestimé Les Rues de feu. Ecrit et réalisé par Friedkin d’après un roman de l’ex-agent des services secrets Gerald Petievich, To Live and die in L.A joue sur la même sensualité venimeuse du comédien, ici à son meilleur niveau dans la peau d’un dandy de la contrefaçon monétaire et sans pitié quant il s’agit de protéger son business.

Véritable Rembrandt du faux billet, Masters fait une entrée littéralement flamboyante dans le film en foutant le feu à une toile – les flammes seront d’ailleurs un élément associé à ce personnage démoniaque jusque dans sa chute finale. Il se démarque du tout venant des gredins de polar par sa sophistication, son magnétisme ouvertement (bi)sexuel et le jeu de séduction ambigu qu’il entame avec son nemesis Richard Chance (William Petersen pré-bedaine). Repéré sur les planches par le directeur de casting Bob Weiner (le même qui proposa Roy Scheider à Friedkin pour Sorcerer), Willem Dafoe était un quasi-inconnu au moment du tournage. Il avait joué dans le tout premier long métrage de Kathryn Bigelow (The Loveless, en 1982), suivi d’une panouille dans Les Prédateurs et, seul rôle marquant jusqu’alors, Les Rues de feu de Walter Hill, donc.

Friedkin n’aura cependant pas à se plaindre de son jeune premier et ne cessera de complimenter sa prestation, qu’il aiguillera avec l’aide d’un maître mot, parfois le seul prononcé dans ses indications à l’acteur : zen, jouer zen. Masters est un monstre calculateur à sang froid, dans le contrôle permanent de ses émotions, sauf lorsqu’il laisse parfois exploser une brutalité sans merci. Willem Dafoe l’a bien compris et maîtrise au millimètre près son face à face avec Chance, puis avec l’adjoint de ce dernier, John Vukovitch (John Pankow), lors d’une confrontations finales aux portes de l’enfer.

BADASS LINE : « Buddy, you’re in the wrong place at the wrong time »

 

 

 

 

 45. Caporal Hardin (Powers Boothe)

par John Plissken

FILM : Sans Retour, de Walter Hill (Southern Comfort, 1981)

Chéri de ces geeks en puissance dont la tronche carrée a hanté quantité de films cultes (La Forêt d’émeraude, Extreme Prejudice, Emprise, Sin city...), Powers Boothe a souvent incarné des pourritures ombrageuses et machiavéliques ou, plus rarement, des héros taiseux. C’est la deuxième option qui est à l’oeuvre dans Sans Retour, superbe survival d’un Walter Hill alors en pleine possession de ses moyens (pas celui de Bullet in the head donc…). Le pitch : en pleine manoeuvre dans le bayou, une unité de la Garde Nationale de Louisiane décide de faire une mauvaise blague à une bande d’autochtones Cajuns en leur piquant des pirogues pour traverser une rivière. Lorsque les propriétaires réalisent le vol, nos soldats du dimanche leur tirent dessus à blanc, pour s’amuser.

La plaisanterie ne va pas faire rigoler du tout les locaux, qui riposteront beaucoup plus violemment que prévu : une lutte pour la survie débute alors pour les malheureux réservistes… Bien que le film soit sorti en 1981, son action se déroule en 1973, ce qui lui a valu d’être assimilé à une métaphore sur le Vietnam mais Walter Hill a toujours nié cette interprétation. Le contexte géographique et temporel de Sans Retour, ainsi que son statut de survival, lui vaut d’être aussi fréquemment comparé au Délivrance de Boorman.

Moins intellectuel que ce dernier, Sans Retour vise davantage le statut de thriller efficace doublé d’une confrontation de deux mondes antagoniques et d’une étude de caractères peu reluisante pour l’Américain moyen. A part Hardin, dont l’individualisme soupe au lait tranche radicalement avec la beauferie de ses camarades d’unité, la troupe est composée d’un ramassis de débiles, du simplet Stuckey au sociopathe Reece (Fred Ward, yeaaaaah !), en passant par le carrément cintré Bowden.

Seul le pragmatique Spencer (Keith Carradine, yeaaaah !) se détache nettement du lot et se révèlera un atout précieux pour Hardin. Lorsque qu’un par un, les membres du groupe seront soigneusement décimés par des Cajuns aussi retords que maîtres du terrain, le sang froid, l’instinct de survie et le charisme naturel de Hardin s’avèreront rapidement indispensables. Dans le génial et jubilatoire climax paranoïaque du film, situé dans le village Cajun, Hardin atteint aussi des sommets de badasserie en flairant puis déjouant  l’assaut final de ses poursuivants qui avaient fait mine d’abandonner. Une scène exutoire sur fond de fête Cajun et où Hardin et son complice n’auront pas droit à l’erreur. Powers, tu as le power !

Partager