100 moments de télé, épisode 12 (Battlestar Galactica, Un agent très secret, House, Seinfeld, The Walking Dead)

100 moments de télé, épisode 12 (Battlestar Galactica, Un agent très secret, House, Seinfeld, The Walking Dead)

Battlestar Galactica saison 2 (Indice spoiler : 9),  Un agent très secret saison 1 (Indice spoiler : 3) , House saison 1 (Indice spoiler : 8), Seinfeld saison 8 (Indice spoiler : 3) et The Walking Dead saison 2 (Indice spoiler : 8), voici la suite de nos moments télé marquants. Bonne lecture !

56. Les Cylons prennent le contrôle

par Sullivan Le Postec

La série : Battlestar Galactica

L’année :  2006

Les épisodes : 2 x 20 – Lay Down Your Burdens, part 2

C’était un autre temps. Avant que Ronald D. Moore ne popularise malgré lui l’expression « Con comme un cylon ».

C’est avec un brin de nostalgie que je me rappelle de l’époque où j’adorais Battlestar Galactica, avant que la série ne connaisse une descente aux enfers à partir du milieu de la troisième saison. Les signes avant-coureurs de faiblesse étaient apparus dès le milieu de la deuxième saison, mais ils étaient assez légers. Surtout, tout le monde a vite passé l’éponge devant le final extraordinaire et son incroyable twist.

La flotte qui ère dans l’espace depuis la destruction de Caprica et des colonies tombe sur une planète qui pourrait abriter les Humains. Elle est rude, mais habitable. Depuis des mois, la flotte est dans l’espace, à la recherche de la Terre, dont elle se demande si elle ne serait pas avant tout un mythe religieux. Alors cette planète est une véritable tentation. En parallèle se joue l’élection Présidentielle, qui oppose Roslin à Baltar. La première veut continuer de chercher la Terre, le deuxième propose de s’installer. Malgré une tentative de Roslin de truquer les élections, c’est Baltar qui est élu. Les vaisseaux de la flotte se vident donc, et les quelques dizaines de milliers de survivants humains s’installent.

Une année passe, pendant laquelle s’installent des habitudes et un sentiment de sécurité. La guerre s’est faite totalement oublier. Le Battlestar Galactica est réduit à un équipage minimal. C’est alors que surgissent les Cylons ! Incapable de défendre la colonie, la flotte s’enfuit, dans l’espoir de mieux revenir. L’armée Cylon débarque. Baltar fait reddition. Les Humains sont asservis. A suivre. Un des plus grands cliffhanger de fin de saison de l’histoire de la télé.

57. Les mots disparaissent des livres

par Nicolas Robert

La série : Un agent très secret

L’année : 2000

L’épisode : 1 x 19 – There are no words

Superbe comédie romantique, Un agent très secret a offert à Eric Close (Without a Trace), Margaret Colin et Dennis Haysbert (24) leur meilleur rôle à la télévision. Imaginée par Glenn Gordon Caron (après Clair de Lune mais avant Medium), Now & Again (son vrai titre) raconte l’histoire d’un cadre d’une compagnie d’assurances percuté par un métro à New York, et dont le corps est implanté dans le corps d’un jeune surhomme créé artificiellement.

Nouveau corps, nouvelle vie ? Pas vraiment, parce que le nouveau Michael Wiseman refuse d’oublier sa femme, Lisa, et sa fille, Heather. Et que le destin (lire: les scénaristes) prend un malin plaisir à les réunir.

Avec There are no words, les liens qui unissent Michael et sa femme sont abordés de manière très forte mais très pudique. A la suite d’un « dérapage scientifique », l’encre des livres s’efface des bouquins et, peu à peu, Lisa perd toutes les lettres que Michael lui a écrites dans sa jeunesse. L’histoire, touchante, prend une densité phénoménale lorsque le récit explore le poids de l’écriture dans la vie de tout un chacun.

Racontée comme un conte à la Dickens, cette intrigue n’aurait pas fait tache dans une série de science-fiction pure… et en même temps, c’est bien plus que cela. Véritable carburant à la reflexion, There are no words vous parle ici du temps qui passe, de ce que l’on attache aux mots et de ce en quoi ils nous attachent au monde, à une culture et à une communauté.

Brillantissime, il devrait projeté dans tous les cours de philosophie et de communication. Et c’est aussi et surtout un très bon épisode de télé, écrit par Thom Bray (Murray « Boz » Bozinsky dans Riptide).

 

58. Gregory House donne un cours magistral sur le diagnostic

par Nicolas Robert

La série : House

L’année : 2005

L’épisode : 1×21 – Three Stories

House et la leçon de diagnostic.

Contraint par Cuddy à donner un cours en amphi à des étudiants en médecine, Greg House dispense une leçon sur le diagnostic… pendant que David Shore assène une leçon de scénario aux téléspectateurs. Si Three Stories est un des meilleurs épisodes de drama de la décennie passée à mes yeux, c’est parce qu’il reprend tous les codes narratifs de la série dans laquelle il est diffusée tout en glissant des petits éléments singuliers pour transcender l’ensemble. C’est ce qui fait de ce segment un moment fort du show.

Drôle, enlevé, dynamique, l’épisode prend un tournant bluffant à mesure que House avance dans sa démonstration. Les années ont passé et si les épisodes de la série ne retrouveront que très rarement la puissance de celui-ci (sauf dans House’s Head / Wilson’s Heart, le mémorable final de la saison 4), à chaque fois, un frisson me parcourt lorsque Foreman – qui s’est invité dans la salle de cours avec Chase et Cameron- comprend précisément de quoi parle le médecin.

Pourquoi ? Parce que de manière aussi exceptionnelle que puissante, Shore arrive à impliquer complètement le téléspectateur  dans le cas étudié. C’est brillant, c’est fluide… et c’est avec Carmen Electra en guest. What else ?

59. Jerry = Cosmo

par Dominique Montay

La série : Seinfeld

L’année : 1996

L’épisode : 8×08 – The Chicken Roaster

Jerry Seinfeld échange son appartement avec Kramer. A cause d’un restaurant de poulet basé sous les fenêtres de Kramer, une lumière rouge illumine l’appartement et empêche Jerry de dormir. Kramer, quand à lui, baigne dans une sérénité retrouvée et se transforme peu à peu. Kramer devient calme, lucide, posé. Et Jerry devient… comme Kramer.

Jerry Seinfeld n’est pas à proprement parler un bon comédien. C’est même tout le contraire. Mais dans cette scène, son sur-jeu est jubilatoire. La façon dont il recrée les mouvements habituels de son compagnon de jeu est un pur bonheur.

 

60. Assaut sur la ferme d’Hershel

par John Plissken

La série : The Walking Dead

L’année : 2012

L’épisode : 2×13 – Beside the Dying Fire

 

The Walking Dead : un parfum putride persistant de Day of the Dead…

On avait bien senti que depuis deux ou trois épisodes, The Walking Dead montait en puissance en resserrant ses enjeux, taillant dans le lard de ses bavardages plombants et surtout en dégageant enfin Jon Bernthal dans le 12e épisode de sa seconde saison. Mais dans ce season finale, la série part carrément en vrille (dans le bon sens) avec un déchaînement de tension, d’action et de violence jamais vu jusque là. Alertés par le coup de feu tiré par le jeune Carl pour abattre Shane transformé en “marcheur” dans l’épisode précédent, les morts-vivants des environs convergent en masse vers la ferme d’Hershel, prenant de cours ses occupants. Le jeu de massacre peut commencer.

L’assaut couvre quasiment la durée de l’épisode, c’est dire ses proportions épiques. C’est en tout cas la première fois que la série peut regarder les yeux dans les yeux les deux classiques éternels de Romero auxquels elle emprunte énormément : Zombie et surtout Le Jour des morts-vivants. L’éclatement de l’action, le sentiment de panique générale et de surnombre désespérant des créatures, couplée à un montage impeccable d’efficacité, renvoie directement la prise de la ferme à celle du refuge sous-terrain des héros de Day of the dead… Les armes parlent, le sang gicle, l’action est d’une lisibilité sans faille et, comme si cela ne suffisait pas, l’épisode se termine par l’apparition finale plus geekasmique que jamais de l’hyper culte Michone, qui ne rate carrément pas son entrée ! Une conclusion flamboyante, prélude à une saison 3 elle aussi de très haut niveau et à des années lumière du triste souvenir de la saison 1.

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