100 moments de télé, épisode 14 (Urgences, Futurama, L.A Law, Deadwood, Rescue me)

100 moments de télé, épisode 14 (Urgences, Futurama, L.A Law, Deadwood, Rescue me)

Urgences saison 6 (Indice spoiler : 8/10), Futurama saison 3 (Indice spoiler : 6/10), La Loi de Los Angeles saison 1 (Indice spoiler 5/10), Deadwood saison 2 (Indice spoiler : 8/10) et Rescue Me saison 2 (Indice spoiler : 8/10) : telle est la sélection du jour. Bonne lecture !

66. Lucy Knight et John Carter pris pour cibles

par Sullivan Le Postec

La série : Urgences

L’année : 2000

L’épisode :  6×13 – Be Still My Heart

Lucy Knight (Kellie Martin)

C’est un de ces moments inscrit à l’encre indélébile dans la mémoire des sériephiles, un instant fort d’une des meilleures saisons d’Urgences, située à la charnière entre plusieurs générations de personnages. C’est aussi la dernière saison showrunnée par la formidable Lydia Woodward, scénariste de cet épisode par ailleurs remarquablement bien mis en scène par Laura Innes.

Les urgences sont calmes, le patient est rare, l’ambiance est à la fête et la musique résonne dans le hall. Carter est à la recherche de Lucy, son étudiante depuis une saison et demi, avec qui la relation compliquée valse de l’agacement à l’attraction (c’était encore l’époque où Carter ne sortait qu’avec des blondes). Elle s’est débattue avec un patient étudiant au comportement étrange. Mais, trop occupé, Carter ne l’a pas réellement supervisé. Quand il retrouve son étudiante et son patient, c’est dans des circonstances dramatiques. C’est la première fois qu’un personnage du générique de la série est tué par les scénaristes, ce qui participe du choc ressenti par tous les spectateurs de la série. Malheureusement, dans les années suivantes, le départ d’acteur allait virer au jeu de massacre permanent.

67 . Fry devient son propre grand-père

par Dominique Montay

La série : Futurama

L’année : 2001

L’épisode : 3×19 – Roswell That Ends Well

L’équipage du Planet Express se retrouve projeté dans le passé à cause des ondes d’une supernova mixée à celle d’un micro-ondes en surchauffe. Les voilà en 1951, sur le site de Roswell. Fry se souvient que son grand-père était basé là-bas. Il va donc à sa rencontre, mais le professeur Farnsworth le met en garde : il ne faut pas qu’il modifie le cours de l’existence de son grand-père, sinon il disparaîtra ! (comme Back to the Future nous l’a appris).

Il croise son grand-père, puis sa grand-mère, puis provoque la mort de son grand-père, couche avec sa grand-mère, et devient son propre grand-père. (!!!????!!!!)

Alors oui, c’est certain, on peut se demander comment, si le temps est une donnée linéaire, il est possible pour quelqu’un de venir dans le passé afin de participer à sa propre génèse. Mais bon… Fry est son propre grand-père ! Sur ce coup-là, les auteurs et la chaîne (qui a laissé passé le truc) ont prit un risque assez énorme, à saluer. Les plans de la grand-mère de Fry, d’abord séductrice, puis, après le coït, en train de tricoter sont toujours aussi ahurissant.

C’est aussi pour ça qu’on adore Futurama. Parce que Fry a couché avec sa grand-mère (ewwwww….)

68. Abby Perkins cherche son fils disparu

par Nicolas Robert

La série : LA Law

L’année : 1986

L’épisode : 1 x 09 – The Venus Butterfly

Abby Perkins (Michele Greene)

Vous allez croire que Steven Bochco et moi sommes fascinés par les histoires de morgue. Mais non. Enfin, pas moi en tout cas. Mais c’est vrai que dans cet épisode, il y a une séance d’identification de cadavre. Celui d’un enfant. Une séance organisée en présence d’une mère dont le fils a été enlevé par son mari plusieurs semaines auparavant.

La saison 1 de La Loi de Los Angeles est une des plus réussies de la série : elle joue remarquablement sur la combinaisons intrigues légères / intrigues dramatiques (ce n’est pas la petite soeur de Hill Street Blues pour rien) et compose intelligemment avec le rapport d’attraction/répulsion que les avocats suscitent chez les téléspectateurs américains.

Dans ce neuvième épisode, il est question :

1. D’une mystérieuse pratique sexuelle (le papillon de Vénus, qui fera basculer le show au rang de phénomène de société ; tout le monde voulant savoir de quoi il s’agit)

2. Du bureau d’un avocat mort que tous ses ex-collaborateurs veulent absolument récupérer

3. De cette séance d’identification. Une scène dont la puissance est toujours intacte, 26 ans après sa diffusion.

Mine de rien, c’est assez balèse.

69. Le petit garçon meurt

par Dominique Montay

La série : Deadwood

L’année : 2006

L’épisode : 2×10 – Advances, None Miraculous

Inattendue. Choquante. La mort du fils adoptif de Seth Bullock dans Deadwood me hante encore aujourd’hui. D’abord parce qu’elle était violente, le pauvre gamin se faisant piétiner par un cheval. Ensuite parce que Bullock avait commencé en saison 2 à créer des liens avec cet enfant. C’était beau et poignant. Et puis voilà, c’était diablement inattendu.

Et d’après ce que Timothy Olyphant a dit dans un podcast récent, ça n’était pas prévu du tout. Olyphant a raconté à quel point David Milch avait tendance à improviser durant le tournage de Deadwood. Tout le lieu était une aire de jeu pour le créateur de la série, et il connaissait tellement bien son univers qu’il pouvait se permettre de changer d’idée en plein tournage, ne se mettant au diapason que des disponibilités de comédiens.

Et qu’est-ce qui a poussé Milch à offrir cette fin grandiose et bouleversante à ce gamin ? Une envie de marquer les esprits ? De rappeler qu’à Deadwood, les âmes pures n’ont pas leur place ? Non. Ce qui a poussé ce choix, c’est une mère chiante. La mère du jeune comédien, omniprésente et sur-protectrice. Et dans un souci de ne pas avoir à gérer une femme qui lui sortait par les yeux, David Milch décida de zigouiller le gamin. C’est cruel. Mais c’était beau.

70. Le presque suicide de Tommy Gavin

par John Plissken

La série : Rescue Me

L’année : 2005

L’épisode : 2×01 – Voicemail 

Co-créateur de Rescue Me, Denis Leary incarne Tommy Gavin : soldat du feu alcoolo et borderline.

J’aime profondément Rescue Me (diffusée sur FX entre 2004 et 2011) parce que, dans ses pics de fougue créative, la série de Tolan et Leary n’avait pas son pareil pour alterner le rire et les larmes avec autant de naturel. Côté rire, au moins durant les trois premières saisons, quasiment toutes les scène de cette quiche de Garrity (Steven Pasquale, génial, c’est tout) sont à se taper le cul par terre tant ce personnage si attachant multiplie les gaffes, bévues et boulettes prodigieuses de bêtise. Elles fourniraient presque un Top 50 des “moments télé” à elles seules mais j’ai pourtant choisi l’option larmes pour causer de Rescue Me. Dans ce premier épisode de la saison 2, un Tom Gavin (Denis Leary) toujours aussi alcoolo et borderline découvre la vie sans Janet, qui s’est barrée avec les gosses en fin de saison 1. Un soir de déprime, dans un grand trip maso, Gavin s’arsouille en solo chez lui à coup de larges rasades de vodka devant des vidéos de ses gamins.

Le blues s’empare de plus belle du poivrot délaissé, vite rattrapé par les sanglots à la vue des images d’un bonheur désintégré par sa faute. L’auto-destruction atteint presque le point de non-retour lorsqu’après avoir involontairement renversé son verre, Tommy craque et finit par se verser le reste de sa bouteille sur la tête. Puis par allumer son Zippo, tandis que la bande son déroule discrètement la poignante mélodie de la chanson Burn, de Ray LaMontagne. Sous nos yeux, un héros s’effondre. La détresse et la colère parvenues au stade ultime, un geste de désespoir terrifiant, l’envie d’en finir… avant qu’in extremis la flamme de vie l’emporte sur la pulsion de mort. Malgré la noirceur brutale du moment, la série réussi l’exploit hallucinant (et sans faute de goût) de nous arracher un dernier petit sourire triste dans la scène suivante, montrant l’arrivée maladroite de Tommy à une réunion des alcooliques anonymes après son quasi-suicide. Il empeste encore la vodka, pathétique et mâchoires serrées. Mais la Faucheuse repassera. Générique de fin. Grandiose.

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