100 moments de télé, épisode 16 (The Shield, Oz, Queer As Folk, The West Wing, Band of Brothers)

100 moments de télé, épisode 16 (The Shield, Oz, Queer As Folk, The West Wing, Band of Brothers)

The Shield saison 7 (Indice spoiler 10), Oz, saison 1 (Indice spoiler : 6), Queer as Folk UK (Indice spoiler : 6), The West Wing saison 1 (Indice spoiler : 6) et Band of Brothers (Indice spoiler : 7) sont au programme de ce nouvel épisode, le premier de notre dernière semaine consacrée à quelques-uns des plus grands moments de télé.

76. Les dernières minutes de Vic Mackey… dans un bureau

par John Plissken

La série : The Shield

L’année : 2008

L’épisode : 7×13  – Family meeting

Vic Mackey (Michael Chiklis) dans les dernières minutes du final de The Shield. L’une des sorties les plus grandioses de l’Histoire des séries.

Voilà, c’est fini. Au terme d’une époustouflante saison 7, ce series finale aura réussi l’exploit de boucler brillamment à peu près tous les enjeux individuels de la Strike Team. Encore sous le choc de la mort tragique de Shane et sa famille dans cet épisode, le spectateur s’apprête à prendre une seconde baffe émotionnelle : la scène finale de Vic Mackey. A priori rien d’extraordinaire : juste un rond de cuir assis derrière son bureau, qu’il s’apprête à quitter en début de soirée.

Sauf que le rond de cuir, c’est Mackey, condamné à accepter ce job administratif au sein du Département des Douanes et de l’Immigration. La pire des pénitences pour ce drogué de la rue, qu’on n’avait pas vraiment eu l’occasion de voir en chemise cravate jusqu’ici (attention, choc visuel !). Et ces dernières minutes passées en sa compagnie, seul à son petit box dans un open space déserté, sont simplement magnifiques. L’humiliation suprême, la détresse, la culpabilité, la colère : en silence (incroyable silence), une foule d’émotions défilent sur le visage de Michael Chiklis, tandis que son personnage fixe une photo de son ex-complice Lem, exécuté indirectement par sa faute. A l’extérieur, une sirène de police retentit… Une intervention musclée sans doute, un monde qu’il n’aura plus jamais le droit de fréquenter.

Vic sourit en coin, comme si le vieux fauve à terre adressait malgré tout un ultime doigt d’honneur à ceux qui viennent de le castrer professionnellement. Les lumières du bureau s’éteignent, il prend son arme stockée dans un tiroir, enfile sa veste et part. On ne sait pas exactement ce qui se trame dans sa tête, ni ce que cache cet énigmatique sourire mais une chose est certaine : le lion n’est pas mort ce soir. Assurément l’un des plus grand series finale jamais tourné. Homicide était la plus grande série policière des années 90. The Shield fut incontestablement celle des années 2000.

 

77. Beecher/Schillinger : la revanche

par John Plissken

La série : Oz

L’année : 1997

L’épisode : 1×7 – Plan B

Tobias Beecher (Lee Tergesen), ravagé par la vie carcérale et brisé par le néo-nazi Schillinger. Sa revanche n’en sera que plus animale.

Véritable héros tragique de Oz, Tobias Beecher aura passé six épisodes de cette première saison à subir tous les outrages de la part du néo-nazi Vern Schillinger. La vie carcérale l’a broyé, violé, martyrisé… mais aussi endurci. Et l’on doit bien reconnaitre que lorsque le fragile avocat, ivre de haine contre son bourreau, finit par avoir l’avantage sur lui lors d’une rixe déclenchée dans le gymnase, on exulte avec lui. Enfin, le plus faible rend les coups. La scène reste néanmoins glaçante : Beecher ne se contente pas de casser la gueule de Schillinger, il l’immobilise pour ensuite lui déféquer copieusement sur la gueule.

On pense à l’explosion de violence animale, hors de toute raison, qui saisit Brad Davis dans Midnight Express, lorsque son personnage se bat jusqu’à arracher la langue de son co-détenu Rifki. Beecher ne pourra plus jamais revenir en arrière, il vient de se transformer sous nos yeux en bête sauvage, l’exact opposé du CSP+ civilisé qu’il était dans la bonne société. Cette vengeance radicale déclenchera un cycle infernal de représailles mutuelles entre les deux ennemis… jusqu’à la fin.

 

 

78. Vince rompt avec son petit-ami en utilisant le test des Docteurs

par Sullivan Le Postec

La série : Queer as Folk (UK)

L’année : 1999

L’épisode : 8/8

Queer as Folk

Queer as Folk était la première œuvre d’auteur du scénariste Russell T. Davies, après une dizaine d’années passées à se faire la main sur des œuvres de commande. Sa première création à afficher de façon aussi évidente ses sujets de prédilection et thématiques obsessionnelles. Queer as Folk est donc une histoire d’unrequited love, d’amour incomplètement partagé dont le sujet sous-jacent est celui de la pop-culture. Le monde gay est ainsi ramené à une sub-culture parmi d’autres. Davies explore dans la série la manière dont celles-ci séparent les gens, ou bien les rassemblent autour d’intérêts partagés.

Vince est amoureux de son meilleur ami Stuart, il l’a toujours été. Mais Stuart ne pourra jamais l’aimer de la même façon, parce qu’un mec avec qui il n’a pas encore couché sera toujours plus attirant pour lui qu’un mec avec qui il l’a déjà fait. Stuart a tout fait pour fâcher Vince, pour lui donner une chance de vivre une relation confortable et sécurisante avec un bel australien. Mais Vince, le fan hardcore de Doctor Who, vient de se rendre compte que le réputé totalement égoïste Stuart était capable de citer le nom des huit acteurs ayant interprété le rôle du Docteur – et cela alors que Stuart se fiche de la série au moins autant que John Plissken. Son australien s’est il assez intéressé à lui pour pouvoir en faire autant ?

Après sa rupture, Vince alpague un passant et lui révèle texto le thème joyeusement mélancolique de toute la série : ‘‘l’amour sans retour, c’est fantastique ! Parce que ça n’a pas à changer, ça n’a pas à grandir, et ça ne meurt pas !’’. Et en refusant de passer à l’âge adulte, Vince sauve la vie de Stuart. En effet, il le retrouve en boîte et l’empêche de passer la nuit avec un camé qui avait laissé mourir un de leurs amis d’overdose dans un épisode précédent…

 


 

79. Jed Bartlet veut (enfin) reprendre la parole

par Nicolas Robert

La série : The West Wing

L’année : 2000

L’épisode : 1 x 19 – Let Bartlet Be Bartlet

Un des moments les plus forts de la saison 1.

La dernière fois qu’on a parlé de The West Wing, j’ai dit que c’était l’histoire d’un homme qui apprend ce que veut dire l’expression « Devenir un homme d’état ». Avec Let Bartlet Be Bartlet, Sorkin écrit une étape cruciale de cet apprentissage tel qu’il le conçoit. Et tel qu’il devrait être, dans une vision idéalisée.

Après avoir vainement essayé de ménager les susceptibilités des uns et des autres pour réformer le pays, Bartlet s’aperçoit que rien n’avance. Il reproche alors à Leo, son Chief of Staff, de l’empêcher d’aller  au bout de ses aspirations… un reproche que Mc Garry lui renvoie en pleine figure. Tout ça pour l’obliger à réagir, et revenir à l’essence même de sa candidature à la fonction présidentielle.

Une bouffée d’air pur sorkinien, dans laquelle la dernière image renvoie précisément à la fin de Two Cathedrals. Et un des premiers très grands moments de The West Wing.

 

 

80. La Easy Company découvre un camp de concentration

par Nicolas Robert

La série : Band of Brothers

L’année : 2001

L’épisode : Part. 9 – Pourquoi nous combattons

Le capitaine Lewis Nixon (Ron Livingston).

Si Band of Brothers est l’une des plus grandes miniséries de HBO, ce n’est parce seulement qu’elle revisite l’Histoire. C’est parce qu’au fil des épisodes, le récit monte en puissance de manière assez incroyable. Jusqu’à cet avant-dernier épisode, bouleversant.

Après avoir survécu aux terribles affrontements dans les Ardennes, les hommes de Winters entrent en Allemagne. Les Nazis ont pris la fuite mais ils ont laissé derrière eux les camps de prisonniers. Cet épisode raconte comment les soldats américains découvrent le sort réservé aux Juifs par le IIIe Reich… alors qu’ils ignorent ce qu’est la solution finale.

Il est difficile de mettre des mots sur une telle scène, tant elle est violente et effroyable. Mais elle rend parfaitement le choc ressenti par les hommes de la Easy en découvrant le camp. Avec des plans sur les visages, et une prestation incroyable de Damian Lewis, Ron Livingston et Ron McCall (Liebgott).

Quand on l’a vu, on n’en sort pas indemne. On déconseillera FERMEMENT aux âmes sensibles de le voir, ou de le revoir.

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