100 personnages de séries, épisode 1 (Patty Hewes, Shane Vendrell, Niles Crane, Loïs Wilkerson)

100 personnages de séries, épisode 1 (Patty Hewes, Shane Vendrell, Niles Crane, Loïs Wilkerson)

A partir de cette semaine et pendant les 5 prochaines, la rédaction série du Daily Mars fait fonctionner ses souvenirs pour vous parler de 100 personnages mémorables croisés dans les séries télé. Qu’ils soient terrifiants, drôles, charismatiques ou bien affables, ces personnages nous ont marqués de façon indélébile, alors qu’ils ne sont pas tous les têtes d’affiche de leur série.

Rendez-vous chaque jour à 14h pour retrouver nos choix, à raison de 4 par jour. Et aujourd’hui, on commence avec une avocate sans limite, un redneck tragique, un clown blanc et une mère envahissante. Bonne lecture !

1. Patty Hewes, Damages (Glenn Close)

Par Dominique Montay

« Petit agneau… quand j’en aurai fini avec toi, il ne restera plus rien ». Voilà les paroles du générique de Damages. Le petit agneau, c’est Ellen Parsons, jeune avocate désireuse de connaître la meilleure expérience professionnelle possible en sortant de l’école. Le narrateur de la chanson, celui qui va la broyer jusqu’au dernier morceau, c’est Patty Hewes. Hewes est une avocate brillante, qui défend souvent des gens victimes d’une grande entreprise. Sous ses dehors de justicière, elle est en fait une carriériste prête à tout.

Patty est d’une intelligence supérieure. Elle aime manipuler les autres comme sur un jeu d’échec. Lorsqu’Ellen Parsons signifie qu’elle a choisi de travailler pour elle, on l’avertira du danger. Patty ne va pas se contenter de se servir de ses capacités, elle va se servir d’elle. Si elle a la possibilité de gagner une affaire en risquant la vie de ceux qui travaillent pour elle, elle ne réfléchira pas à deux fois. Patty ne voit que l’objectif : gagner, faire plier les puissants.

Damages était pensée pour être une série sur le mentorat. Mettre une jeune et naïve débutante dans les pattes d’une confirmée. Glenn Close offre une dureté au personnage, ainsi que son charisme. Elle a trouvé avec Patty un rôle qu’on ne lui offrirai certainement pas au cinéma dans l’état actuel d’Hollywood. Au sortir de The Shield, qu’elle avait rejoint pour un arc d’une saison, John Landgraff avait convenu avec elle de lui donner un rôle principal d’une série à venir. Ça sera Damages, et, le temps d’une saison, ça sera mémorable (la série durera 5 saisons, mais sans renouveler le coup de maître de la première).

 

2. Shane Vendrell, The Shield (Walton Goggins)

Par Nicolas Robert

Lorsque l’on repense au parcours de ce flic redneck dans les rues de Farmington, aux multiples chemins qu’il aura emprunté dans la cité des anges, il y a de quoi avoir le tournis. Surtout quand on songe aux tout premiers épisodes.

Sincèrement, qui aurait pu imaginer, en voyant la saison 1 de The Shield que c’est ce personnage qui allait avoir le parcours le plus étonnant ? Véritable double tragique de Vic Mackey (il n’a ni l’intelligence ni le côté froid et calculateur du boss de la Strike Team), Vendrell suscite chez le spectateur toute une palette d’émotions contradictoires. Souvent pathétique, parfois lâche, très souvent émouvant lorsqu’il est question de Mara, la femme de sa vie, Shane est un personnage particulièrement troublant.

Champion du mauvais choix toutes catégories, Vendrell a la particularité de s’enfoncer dans la nuit saison après saison… mais d’emmener le téléspectateur avec lui. De sorte que l’on s’attache vraiment à lui. Peut-être plus qu’aucun autre personnage de la série de FX. Et ce, jusqu’à la fin de l’histoire (qui est proprement dantesque).

Vendrell, c’est un personnage inoubliable… et la performance de Walton Goggins, son interprète, y est pour beaucoup. Le bonhomme est vraiment fort : quelques années plus tard, il a refait le même coup aux téléspectateurs, dans un registre très différent, pour Justified. Chapeau, monsieur.

 

3. Niles Crane, Frasier (David Hyde Pierce)

Par Dominique Montay

Frère de. Pendant 11 ans, Niles Crane a été second dans la hiérarchie de la série Frasier. Derrière son frère à l’antenne, Frasier Crane, au niveau de son père, Martin. Mais jamais il ne fut dans l’ombre. Maniéré, phobique des germes, marié à une harpie, Niles aura été l’un des ‘comic relief’ les plus inattendus de la télévision. Sous ses airs guindés et rigides, Niles Crane n’a pas offert que du comique de dialogue, mais aussi du comique physique. Et pas qu’une fois.

Ses rapports avec son frère à l’écran étaient plus que savoureux. Tous deux guindés, amoureux des arts et des bons vins, ils partageaient une complicité assez incroyable, malgré leurs différences. Une complicité qui vient unir deux hommes qui, autrement, donnent une impression d’extrême froideur, de distance.

Le casting de David Hyde Pierce est un coup de génie. S’il est parfait dans le rôle, il est aussi physiquement crédible en tant que frère de Kelsey Grammer. Tous deux partagent de nombreux points communs physiques. Pierce, cteur de théâtre traditionnel, diplômé de Yale, il est brillant dans sa représentation du personnage, digne. Il gagnera 4 Emmys pour sa prestation.

Le souvenir qui revient le plus souvent avec Niles Crane, c’est la façon dont il décrivait sa femme, Maris. Possessive, bourrée de tocs, la dénommée Maris n’apparaîtra jamais à l’écran. Elle n’y existera que par les mots de Niles. « This Dresden Shepherdess? A peace offering I made to Maris when I was foolish enough to point out an extra syllable in a Haiku she’d written. (1) », ou encore « Maris means the world to me. Why, just the other day I kissed her for no reason whatsoever! (2) »

Sa carrière est tellement liée au personnage de Niles Crane qu’à trois reprises il ira jouer le frère de Kelsey Grammer dans les Simpsons, qui y interprète le rôle de ‘Tahiti’ Bob Terwilliger. La troisième fois avec John Mahoney, leur père dans Frasier.

 

4. Lois Wilkerson, Malcolm In the middle (Jane Kaczmarek)

Par Julia Lagrée

Lois, c’est la mère qu’en apparence, personne veut avoir. Elle ne crie pas, elle hurle. Elle est ouvertement manipulatrice. Elle n’est pas spécialement chaleureuse avec ses enfants, a une imagination très fertile pour les punitions, a raison sur tout et ne supporte pas quand quelque chose ne va pas comme elle le veut. Lois, c’est l’anti-Caroline Ingalls.

La série a beau s’appeler Malcolm, ce sont Lois et Hal, les parents, qui sont les stars de la série. Cette femme est la caricature excessive de toutes les mères : débordée, soucieuse pour ses enfants, gérante d’une famille. C’est l’interprétation de Jane Kaczmarek, qui réussit à apporter toute la subtilité nécessaire au personnage pour aider à ne pas la détester dans les premières saisons. Cette interprétation lui vaudra 3 nominations au Golden Globe et 7 nominations aux Emmy Awards. Ses traits haïssables, elle en fait une force comique incroyable, et au fil des saisons, se dresse le portrait d’une femme plus complexe. Une femme qui aime tellement ses enfants, qu’elle a radicalement changé pour eux.

Avant son mariage avec Hal, c’était une femme douce, calme et fuyant le conflit. Quand Francis, son aîné, avait 1 an, il a manqué de se brûler sur les feux de la cuisinière. Pour lui faire comprendre le danger, elle brûla sous ses yeux son ours préféré. Depuis ce jour, elle est la mère sur-protectrice qu’on connait, et c’est par ces aspects, qu’elle est la plus drôle et la plus touchante, pour notre plus grand plaisir.

 

(1) : « Cette bergère en porcelaine ? Un cadeau que j’ai fait à Maris pour m’excuser d’avoir trouvé une syllabe de trop dans un Haïku qu’elle avait écrit. »

(2) : « Maris est tout pour moi. Voyez, l’autre jour, je l’ai embrassée comme ça, sans raison apparente ! »

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