100 personnages de séries, épisode 12 (Irene Adler, Worf, Willow, Nathan Young)

100 personnages de séries, épisode 12 (Irene Adler, Worf, Willow, Nathan Young)

Ajourd’hui les numéros 45 à 48 de notre liste (pas un « top », une « liste ») avec une dominatrice, un barbu avec un gros tas de bosses sur le front, une sorcière et un immense casse-couilles.

45. Irene Adler, Sherlock (Lara Pulver)

Par Dominique Montay

Quelle entrée en scène. Dès ses premières apparitions à l’écran, on sait qu’Irene Adler va rester dans les mémoires. En deux scènes, l’une fugace, l’autre plus longue, Adler affirme sa nature : elle contrôle. Elle dirige. Elle maîtrise.

De façon anecdotique, d’abord, vêtue d’une nuisette, face à son dressing elle cherche le meilleur costume pour faire face à Sherlock Holmes. Pas pour le séduire, ni juste pour le troubler. Non, elle veut le bousculer, le perdre. La seconde scène est mémorable. Irene Adler, nue, se tient assise face à Sherlock et Watson. Waston, lui, est troublé. Sherlock, est lui complètement largué.

Sherlock nous est montré depuis le début comme un sociopathe capable de déceler tous les détails d’une vie en s’attachant aux indices présents sur nous, de la tâche de café légèrement apparente aux poils de chien présent sur un pantalon, il va vous dire si vous avez été viré et que vous le cachez, ou si votre femme vous trompe. Adler, nue comme un vers, est une énigme totale. Il ne lit rien en elle.

Adler face à Sherlock, c’est un combat entre deux égaux, trop heureux de se retrouver face à face. Ils représentent chacun le challenge de l’autre. Et les deux, au final, vont se séduire. Irène va baisser sa garde, Sherlock en sera déboussolé. On sent un lien très fort entre les deux, même au pire moment de leur relation.

Lara Pulver est incroyable dans ce rôle. Elle qui était si insignifiante dans la dernière saison de Spooks, elle bouffe ici littéralement l’écran.

46. Worf, Star Trek : The Next Generation et Deep Space Nine (Michael Dorn)

Par Jérôme Tournadre

Quand un spin-off est créé, il lui arrive généralement d’extirper un ou plusieurs personnages secondaires de la série-mère pour les développer dans la nouvelle série. Ainsi quand Star Trek : Deep Space Nine (qui n’est pas la meilleure série de SF de l’histoire de la télévision, j’ai bien appris ma leçon chef Montay…………….. mais bon quand même DS9 quoi) fut créée en 1993, les créateurs décidèrent d’intégrer au casting principal Miles O’Brien, alors personnage secondaire de Star Trek : The Next Generation.

Le cas de Worf est différent et (peut-être) unique. Car Worf est un personnage emblématique non seulement de Star Trek : Deep Space Nine mais également de The Next Generation. Arrivé au début de la quatrième saison de DS9 après avoir était sept saisons durant dans TNG, il fut le personnage de Star Trek à avoir eu le plus de temps à l’écran (un peu plus de 240 épisodes sur douze ans, excusez du peu). De par son parcours et son adaptation continuelle à de nouvelles situations tant sur le plan personnel que professionnel, Worf est probablement un des plus beaux représentant de la quête de savoir, de connaissance et d’adaptation à de nouvelles cultures chers à Roddenberry.

Au même titre que Data, le Klingon est au départ catalogué comme observateurs critiques de l’être humain. Très vite pourtant son potentiel se révélera et Worf deviendra un des personnages les plus exploités de l’univers de Star Trek. Car ce qui le caractérise par dessus tout c’est son sentiment de solitude et son statut toujours un peu à part où qu’il soit. Orphelin recueilli et élevé par des humains, il deviendra le premier Klingon officier de Starfleet. Pour autant il ne reniera jamais sa planète et n’hésitera pas à aller contre les ordres de son Capitaine pour lutter avec son peuple.

A la fois officier sévère dans un environnement strict (celui du vaisseau Enterprise) et guerrier d’une race farouche et prompt à la colère et la violence, Worf est tiraillé entre deux héritages qui font sa force et sa richesse. Notamment dans de sa relation avec Alexander son fils dont il ignorait l’existence. Ne nous y trompons pas, a travers ce noble guerrier c’est tout la race des Klingons qui nous présenté et magnifié.

Les années ne firent pas faiblir l’intérêt du personnage. Ainsi, alors qu’on aurait pu croire que son arrivé sur la station Deep Space Nine allait se faire sans problème, c’est tout le contraire qui arrive. Lui l’officier mainte fois récompensé (et le personnage bien connu) est considéré comme le petit nouveau dans une série et un groupe déjà soudé (peut-être même bien plus que celui de The Next Generation). L’officier va devoir alors composer avec la population d’une station beaucoup moins disciplinée que les officiers de Starfleet. C’est, là encore, dans cet apprentissage que Worf révèle toute sa richesse.

Face à un capitaine Sisko qui impose le respect, Worf va apprendre à devenir un véritable commandant d’armée, mais c’est surtout dans le domaine privé que le Klingon évoluera encore plus. Bien qu’il eut plusieurs liaisons durant des années, c’est bel et bien avec Jadzia Dax que les choses devinrent sérieuse et qu’il dut apprendre à être un compagnon puis un mari. Magnifique trajectoire pour un personnage passionnant auquel Michael Dorn apporte la stature, la voix, la retenue et la puissance indispensable.

 

47. Willow, Buffy (Alison Hannigan)

Par Jérôme Tournadre

On aime tous Willow.

Dès le premier épisode de Buffy, on est tous tombés un petit peu amoureux de cette fille un peu gauche mais d’une grande intelligence et avec un cœur gros comme ça. Au fil du temps et des saisons on l’a aimé encore plus quand elle prit de l’assurance avec ses amis du Scooby-gang, quand elle eu sa première histoire d’amour avec Oz, quand elle apprit à maîtriser ses pouvoirs magiques ou quand elle rencontra l’amour, le vrai, le grand en la personne de Tara.

Willow ce fut, bien plus que Buffy, le modèle pour beaucoup de jeunes filles mal dans leur peau, le béguin pour un tas de geek ou de nerds mais surtout un personnage au chemin parsemé de terribles épreuves et de grandes tragédies.

Pour l’amateur de comic que j’étais à l’époque de sa diffusion en France, Willow représentait également le tribut que Whedon payait à l’univers des super-héros et en particulier à celui des X-men. Lui qui écrivit plus tard un excellent run sur la série, créa avec Willow un personnage dont le parcours allait souvent se calquer sur celui de Jean Grey. Tout comme la X-Woman, Willow fut d’abord un personnage « faible » et en retrait pour ensuite développer un pouvoir immense qui la corrompt petit à petit jusqu’au point de commettre l’irréparable. Dark Willow et Phénix noir, même combat.

Whedon alla même plus loin en continuant le parcours de son personnage sur la base des projets initiaux de Claremont pour Jean Grey (rappelons que celle-ci ne devait pas mourir à la fin de la saga du Phénix Noir mais que l’éditeur obligea Claremont et Byrne à tuer le personnage). Willow continua donc à vivre et à souffrir pour espérer la rédemption dans l’aide qu’elle apporte à Buffy.

Personnage remarquable dont la relation amoureuse avec Tara fut saluée pour sa finesse, Willow est indispensable à une Buffy trop investie dans sa mission de Tueuse (et par là même dans son statut de figure super-héroïque) pour être en adéquation avec la majorité des spectateurs ou spectatrices. Ce rôle incombera à Willow qui nous ressemble tant.

Et c’est surement pour cela qu’on l’aime tous un peu

 

48. Nathan Young, Misfits (Robert Sheehan)

Par Dominique Montay

Petit con. Nathan Young est un petit con. Il est arrogant, chambreur, ne ferme jamais sa bouche. Il est totalement insupportable, passe son temps à chercher les baffes. Outrancier, vulgaire… et c’était aussi le personnage le plus drôle de Misfits (1).

On parlait de Jeff Murdock dans Coupling la semaine dernière. Nathan Young remplit le même rôle ici. Pas dans l’aspect romantique raté, mais plus dans la façon qu’il a de provoquer la stupeur et la gêne dans son auditoire. Young n’est pas du tout désarmant, il est tête à claques. Un sale gosse qui mériterait qu’on lui couse la bouche. Mais comme Murdock, il provoque l’hilarité en débitant des théories fumeuses, et souvent inconvenantes.

On se souviendra de sa séance de pose d’huile solaire absolument répugnante, de la façon dont il traitera sa presque petite amie Kelly, de son monologue “I tripled myself”… ou bien, comme le disait Sullivan dans les 100 moments de télé, de sa scène face à un placenta.

Le pouvoir de Nathan nous est révélé à la fin de la première saison : il ne peut pas mourir. Un super-pouvoir qui illustre sa caractérisation : il ne s’arrête jamais (de parler, de chambrer, de draguer…). Même si vous voulez vous en débarrasser, il reviendra toujours (vous emmerder). Dans Misfits, on ne voit quasiment que lui. Il cabotine comme un taré, mais dans les limites de son personnage. Il illustre à la perfection la qualité de la série : moyennement écrite, mais un bijou de casting.

Nathan Young disparaîtra de la série après la deuxième saison (bien lui en a prit, dans un sens), mais pas de la façon la plus classe qui soit, en plein milieu de l’écriture de la saison 3. Overman, coincé avec des storyline avec son personnage, devra créer celui de Rudy sur les cendres de Young. Sheehan se barre pour devenir une star. Même s’il a fait de jolis projets (surtout à la télé), on attend encore.

On se souviendra qu’un des plus beaux épisodes de la série était centré sur lui. Deuxième épisode de la saison 2 : Nathan Young doit faire face à un demi-frère qui sort de nulle part, et du coup à son père, qu’il n’avait pas vu depuis des années. Derrière la carapace de casse-couilles se cache… un autre casse-couilles, certes, mais celui-ci humain, touchant, émouvant. Un très beau personnage qui manquera cruellement à sa série.

(1) : J’ai arrêté après la calamiteuse saison 3, pour info.

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