100 personnages de séries, épisode 15 (Ron Swanson, Richard Cross, John Crichton, Carmela Soprano)

100 personnages de séries, épisode 15 (Ron Swanson, Richard Cross, John Crichton, Carmela Soprano)

Avant de se mettre en sommeil pour deux jours, la liste des 100 personnages de télé vous parle d’un fonctionnaire récalcitrant, un machiavélique omniscient, un héros malgré lui et une femme de.

57. Ron Swanson, Parks and Recreation (Nick Offerman)

Par Dominique Montay

Comme ils ont de la chance, les auteurs de Parks and Recreation. Ils ont à leur disponibilité un élément qui leur permet de transcender n’importe quelle scène. Même ratée. Non, je ne parle pas d’Andy Dwyer, même si sa stupidité force le respect. Non. Je parle du fonctionnaire qui pense que le gouvernement ne sert à rien. Je parle de celui qui aime sa viande épaisse et bien cuite. Celui qui arbore une moustache qui ferait pâlir d’envie tous les acteurs pornos des années 70. Ron Swanson.

Si vous cherchez dans Parks and Recreation les répliques les plus mémorables de la série, vous allez tomber sur lui dans 75 % des cas. Quelques perles au passage :

« Avec mon mentorat, d’enfants vous deviendrez hommes. D’hommes vous deviendrez gladiateurs. De gladiateurs vous deviendrez Swansons ».
« Donne un poisson à un homme et il mangera une journée. Ne lui apprend pas à pêcher et nourris-toi. C’est un adulte. Pêcher c’est facile. »
« La viande de poisson c’est pratiquement un légume. »
« Les alcools clairs sont pour les femmes qui suivent un régime »
« Je hais les métaphores. C’est pour ça que mon bouquin préféré, c’est Moby Dick. L’histoire simple d’un type qui déteste un animal. »
« Le capitalisme, c’est le moyen pour Dieu de définir qui est intelligent et qui est pauvre. »
Et quand on lui demande si quelqu’un dans sa famille a des problèmes mentaux : « J’ai un oncle qui fait du yoga. »

En 5 saisons de Parks and Recreation, le bourru Swanson s’est ouvert aux autres, sans jamais se renier. Il a accepté leur amitié, les a couverts, aidés. S’il est un opposant aux idées de Leslie Knope, s’ils n’ont aucun point commun en terme de politique, elle lui inspire un respect total. Depuis peu, il est dans une relation humaine saine (et pas dans une situation de débauche constante avec une femme qui porte le même prénom que sa mère). Il s’apprête même à devenir père.

Une expérience qui devrait encore changer Ron. Nick Offerman offre autant au personnage que les auteurs. Le rire de Ron, inimitable, est celui d’Offerman. Offerman n’est pas qu’acteur, il tient aussi un atelier de menuiserie. Il est resté sur twitter un certain temps avant de se barrer en lançant « c’était une erreur. Je vais retourner dehors, faire des choses avec mes mains ». Il est revenu depuis, mais surtout pour montrer son travail du bois.

Lorsque les auteurs lui demandent d’affirmer avec aplomb « I’m Ron Swanson », Offerman se lâche et sort la réplique parfaite « I’m Ron fucking Swanson ». Et c’est tellement ça.

 

58. Richard Cross, Murder One (Stanley Tucci)

Par Nicolas Robert

“Si vous sentez une odeur de souffre, c’est normal : Richard Cross est dans l’entrée”. Impassible figure au second plan dans les luxueux bureaux de Hoffman & Associés, Luis, le secrétaire de Ted Hoffman, a toujours le sens de la formule dans la saison 1 de Murder One. Richard Cross est-il le diable ? Il aime en tout cas jouer avec cette image. Personnage central de l’affaire Jessica Costello, il prend un malin plaisir à toujours être au cœur de l’action. Quand bien même ce n’est pas lui qui agit.

Mystérieux, charmeur, cultivé, toujours très calme (sauf dans une scène du pilote), Cross est une des plus grandes incarnations du Control Freak oubliées par la télévision moderne.  La grande force de Bochco et de ses scénaristes, c’est d’en faire une figure quasi-omnisciente de la saison 1. A tel point que lorsque Hoffman s’en agace, le téléspectateur ne peut que partager ce sentiment.

Sauf que Cross est aussi un être humain. Qu’il est vraiment très complexe. Et que c’est cette complexité qui va susciter des sentiments très contradictoires chez ce même téléspectateur. Tant et si bien que lorsque l’écran noir s’abat sur le 23e et dernier chapitre de l’histoire, on sait que l’écho provoqué par ce personnage échappé d’un roman noir résonnera longtemps en nous. Peut-être même résonne-t-il encore.

59. John Crichton, Farscape (Ben Browder)

Par Jérôme Tournadre

Pauvre John Crichton, il était un jeune astronaute promis à un brillant avenir et le voilà perdu au fin fond de la galaxie avec des aliens qui le considère au mieux comme un neuneu de première. Quatre ans plus tard il sera l’homme à capturer à tout car détenant la technologie des vortex. Bref il sera l’homme le plus dangereux de la galaxie au sein d’un groupe d’amis hétéroclites mais digne de confiance et auprès d’une femme encore plus dangereuse que ses pires ennemis.

John Crichton et Farscape sont probablement les meilleurs représentant télévisuels du space-opéra dans sa forme la plus pure. Les initiales de notre héros sont d’ailleurs un indice nous indiquant la note d’intention des auteurs : J.C comme John Carter le célèbre héros des histoires d’Edgar Rice Burroughs (et non pas l’interne au Cook County Hospital, décollez votre pif de la télé un peu non mais (1) ). Comme Carter, John Crichton va débarquer dans un univers qui lui est totalement étranger et dont il ignore les codes. Les débuts de la série sont ainsi ponctués de scènes où notre héros découvrent souvent à son insu les différents us et coutumes de l’univers qu’il parcoure.

Ce qui nous fait adorer Crichton (outre son joli minois et sa belle paires de fesses moulé dans un pantalon en cuir) c’est sa capacité à retourner cette situation à son avantage au fur et à mesure de la série. Il ne comprend pas cet univers ? Qu’a cela ne tienne les autochtones ne comprendront jamais les centaines de références à la culture Terrienne qu’il balance à longueur d’épisode. On le menace de morts horribles à tous les épisodes ? pas grave il surenchérit, bluffe et y va souvent au culot.

On tire, on pose les questions ensuite ! C’est un peu le mode de vie de John et de ses amis. Pour autant cela ne résout pas tout les problèmes et notre terrien préféré se caractérise aussi par une forte propension à péter des câbles régulièrement. C’est ce qui arrive quand on vous implante le clone neural de votre pire ennemi dans le crâne, on devient légèrement cintré.

Cherchant désespérément à trouver le chemin de la Terre et de son foyer, John ne va pas se rendre compte que ce foyer va se construire autour de lui. Dans les couloirs de Moya le vaisseaux vivant il trouvera notamment un frère d’arme, une figure maternelle, un petit frère agaçant et surtout l’amour avec Aeryn Sun.

Héros malgré lui, Crichton va réussir avec son talent de fouteur de merde à imposer une paix dans une galaxie en guerre et en laissant la Terre derrière lui, il se donne la possibilité de prendre son avenir et celui de sa famille en main. Bonne chance à toi John, tu fais partie de ces personnages de qui je me sentais proche quand je suivait tes aventures et je pense encore parfois à toi en regardant les étoiles. J’espère que tu t’éclates encore sur Moya. See you space cowboy.

(1) : Ceci étant dis le fait d’avoir donné ce patronyme à ce jeune diplômé qui va découvrir un univers, celui des urgences, dont il ne connaissait rien n’est évidemment pas anodin.

60. Carmela Soprano, Les Sopranos (Edie Falco)

Par Jérôme Tournadre

Il serait facile de détester Carmela Soprano. Il serait facile d’avoir envie d’envoyer un crachat au visage de cette bourgeoise oisive vivant dans le luxe et qui prend facilement des airs de grandes dames en oubliant d’où elle vient. Il serait facile de pointer du doigt son hypocrisie manifeste, à elle, la bonne dame patronnesse qui connaît les activités de son époux mais s’en arrange très bien.

Pourtant, au fil des épisodes des Sopranos, on apprendra à véritablement connaître et comprendre Carmela pour au final vraiment l’aimer. Il faut dire que ce personnage pas si évident que cela doit énormément à l’interprétation de la grande Edie Falco. Elle qui venait d’une série (Oz) où elle matait ce qui se faisait de pire en matières de criminel. Elle était prête pour incarner l’épouse d’un psychopathe.

Carmela a tout du cliché de l’épouse de maffieux bien à sa place, mais on est dans les Sopranos. La série qui a brisé le tabou ultime (la sacralisation de la mère) ne vas pas hésiter à bousculer la petite vie de Carmela. Par petite touche cette femme un peu coincée va s’émanciper de son mari et s’affirmer en tant que femme jusqu’à quitter Tony après avoir découvert une de ses énièmes aventures extra-conjugales.

Elle qui venait de vivre une belle non-histoire d’amour avec un des hommes de son mari, la voilà prête à tout plaquer pour tenter de vivre une vie de femme. Carmela ne sera plus la même après cette histoire et en sortira plus forte. On aime Carmela parce que par delà ses défauts elle révèle une force incroyable qui demande peu de choses pour s’exprimer. Malgré les difficultés que rencontre son couple, elle restera fidèle à Tony et peut-être sa plus grande alliée. La plus belle preuve est peut-être la façon dont elle s’oppose à Livia Soprano, la terrible mère de Tony. Oui il serait facile de la détester (enfin de loin et dans son coin, s’agirait pas de fâcher Tony) mais on aurait grandement tort.

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