100 personnages de séries, épisode 24 (Jessica Hyde, Bosco Boscorelli, Stig Helmer, G’Kar)

100 personnages de séries, épisode 24 (Jessica Hyde, Bosco Boscorelli, Stig Helmer, G’Kar)

Avant-dernier numéro de notre dossier avec une femme mystérieuse, un flic en colère, un monstre et un ambassadeur au front tacheté.

93. Jessica Hyde, Utopia (Fiona O’Saughnessy)

Par Dominique Montay

Where is Jessica Hyde ?

Lorsque Dennis Kelly et Marc Munden mettent en scène la recherche de cette femme, ils créent un pur fantasme. Jessica Hyde devient un être mythique, dont on vient jusqu’à questionner l’existence. Est-elle dangereuse, supérieurement intelligente, perdue ?

Where is Jessica Hyde ?

Une phrase répétée comme un mantra par Arby, l’assassin sans remord de la série. Le terrain est préparé pour son arrivée. On s’attend à quelque chose d’énorme, de mémorable. Et les dernières images du premier épisode viennent confirmer cette sensation, image jouissive au possible. Une porte s’ouvre sur une femme, le regard fou, les cheveux ébouriffés, sapée pour crapahuter.

I am Jessica Hyde.

Comme une évidence. Jessica Hyde possède tant de points communs avec Sarah Connor. Elle est dure, marquée. On se demandait plus tôt si elle était dangereuse, intelligente ou perdue. Elle est les trois à la fois. Comme Sarah Connor, elle est poursuivie par un tueur déshumanisé. Comme elle, le destin du monde tient entre ses mains.

Personnage insaisissable, impressionnant et badass au possible, Hyde profite de la théâtralisation extrême, mais maîtrisée de son personnage pour laisser un souvenir gravé dans la mémoire. Celui d’une fille aux cheveux ébouriffés, aux yeux exorbités qui dit, calmement « Hello. I am Jessica Hyde ».

 

94. Maurice “Bosco” Boscorelli, Third Watch (Jason Wiles)

Par Nicolas Robert

Les personnages habités par une colère permanente, ce n’est pas ce qui manque à la télévision américaine. Raylan Givens, Andy Sipowicz, Mike Logan, Vic Mackey d’une certaine façon… et puis il y a lui. Maurice Boscorelli, c’est le genre de flic que les séries adorent. Ceux qui portent un badge mais qui auraient pu tout aussi bien mal tourner.

Un père qui l’a abandonné quand il était gamin, une mère généreuse mais portée sur la bouteille, un frère camé qui est toujours en train de chercher des combines… si Bosco court toujours (de sa première à la dernière scène dans la série), c’est peut-être pour ne pas tomber.

Epris de justice même s’il l’exprime de manière frustre, Bosco est sans doute le personnage qui supporte le moins l’impunité. Cette réalité, elle est évidente à plusieurs occasions et notamment dans « A Hero’s Rest », épisode de la saison 2 dans lequel les flics du 55e district sont la cible d’un tueur de policiers.

C’est là que l’on comprend que Bosco, en proie à de multiples défauts (macho, capable de réflexions racistes aussi), reste un pur agent de terrain. Un gars qui fonctionne à l’instinct et ne se perd jamais vraiment en chemin. C’est ce que raconte son histoire avec Hobart, le sergent dépressif du SWAT (une unité qu’il rêve de rejoindre) qu’il croise en saison 3. C’est aussi ce que disent ses rapports avec Maritza Cruz, à la fois son double et une de ses âmes sœurs.

L’histoire de Boscorelli, c’est une quête d’identité bien menée. Un peu brinquebalée par la propension que la série peut avoir à malmener ses héros et ses duos mais une quête intelligente. Au bout du compte, Bosco court toujours. Mais à la fin, il sait pourquoi. Il ne fuit plus rien, et surtout pas lui-même.

 

95. Stig Helmer, Riget (Ernst-Hugo Järegård)

Par Dominique Montay

Au royaume des médecins-rois, monstres d’égo et de mégalomanie, voilà le pire d’entre tous : Stig Helmer est une abomination. Il est chirurgien, et se prend pour Dieu. Lâché par les suédois qui l’ont viré comme un malpropre, il échoue au Danemark, chez les fous selon lui, au « Riget » (le Royaume).

Très vite il en devient le roi. La faute à des médecins couards et à un chef de service proche du clown. Grâce à eux, il va pouvoir agir en toute impunité, triturer l’intérieur des humains pour y exprimer son art. Même si parfois il échoue spectaculairement.

Car la zone favorite de Stig, c’est le cerveau. Et dernièrement, il s’est bien planté, vu qu’il a transformé une gamine en légume. Il passera toute la série à essayer de cacher le fait que tout était de sa faute. Quitte à ce que d’autres payent à sa place.

Stig Helmer était le personnage central de la série de Lars Von Trier. Un mégalo manipulateur un peu ceintré (comme son créateur ?). La disparition de son interprète, Ernst-Hugo Järegård mettra tout bonnement fin à la série au terme d’une saison 2 pourtant achevée sur un cliffhanger.

Reste les images de Stig, planté sur le toit du Royaume, hurlant sa haine des danois, ou la tronche penchée au-dessus d’un chiotte, vérifiant la qualité de ses selles, et de fait, de sa santé. Une magnifique ordure, ce Stig Helmer.

 

96. G’Kar, Babylon 5 (Andreas Katsulas)

Par Jérôme Tournadre

Je souviens très précisément de l’épisode qui m’a fait aimer G’Kar en me le faisant considérer sous un autre aspect. Avant « Mind War », G’Kar nous étaient présenté comme le « méchant » de Babylon 5. L’ambassadeur des Narns multipliait les mauvais coups afin d’asseoir la position de son peuple dans la galaxie. Contrairement à son ennemi juré, Londo Mollari, G’Kar semblait être une véritable menace plutôt qu’un bouffon pathétique et pourtant…

Dans cet épisode, G’Kar refuse son accord à Catherine Sakaï pour qu’elle aille explorer Sigma 957 et lui viendra en aide après que son vaisseau soit prêt à s’écraser sur la planète. Dans cette épisode, G’Kar agit sans idée derrière la tête, juste par pur altruisme. Face à la perplexité de Catherine il lui répondra cette phrase : « Let me pass on to you the one thing I’ve learned about this place. No one here is exactly what he appears. Not Mollari, not Delenn, not Sinclair, and not me. ».

En une phrase, G’Kar résume parfaitement l’une des grandes forces de la série et nous fait une sorte de teaser pour la suite. Celle-ci sera un véritable chemin de croix pour le personnage. G’Kar s’est construit dans le sang avant d’arriver sur Babylon 5, il entra très jeune dans la résistance et à son lot de mort Centauri sur les mains mais contrairement à une Kira dont nous parlions quelques jours auparavant, G’Kar veut plus que la liberté, il veut la domination et l’éradication de ses ennemis. L’histoire le fera changer d’avis et de vision.

Victime de l’alliance secrète entre les Centauris et les Ombres, les Narns vont être décimés et G’Kar deviendra un exilé politique. Peu à peu il changera sa haine en autre chose, il ne sait pas vraiment quoi au début mais une révélation de nature divine (du moins à ses yeux) lui fera changer son point de vue sur l’univers. Peu à peu, avec un magnifique travail d’écriture et une interprétation magnifique du regretté Andrea Katsulas, G’Kar va devenir un véritable sage. Dans le grand bouleversement de la galaxie, G’Kar va apporter sa voix, sa lumière et sa sagesse. Guide spirituel de la nouvelle alliance, il en rédigera la constitution et la déclaration de principe (le magnifique « We are One »).

C’est enfin dans sa relation avec Londo Mollari que G’Kar montrera toute sa noblesse. Passant d’ennemi juré à véritable conscience d’un Londo devenu rapidement la figure tragique de la série, G’Kar devient la preuve qu’on ne peut que faire avancer la paix qu’en sachant pardonner.

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