100 personnages de séries, épisode 4 (Paul Weston, Elsbeth Tascioni, Hank Schrader, Dr Richard Stone)

100 personnages de séries, épisode 4 (Paul Weston, Elsbeth Tascioni, Hank Schrader, Dr Richard Stone)

Jour 4 : un psy au bord de la crise de nerf, une avocate mi-folle mi-brillante, un beau-frère modèle, et un homme parfait.

13. Paul Weston, In Treatment (Gabriel Byrne)

Par Nicolas Robert

Paul Weston, c’est une sorte de poupée russe. Un père de famille qui voit sa vie privée se déliter lentement alors qu’une de ses patientes lui fait du rentre dedans. Un praticien qui craque sous les provocations d’un autre patient. C’est surtout un psy confronté à une mid-life crisis, jour après jour. Semaine après semaine.

Coincé entre ce qui n’est pas et ce qui n’est plus, il va devoir faire face à ses doutes les plus intimes pour se construire une nouvelle vie. Sa thérapie avancera lentement, alors qu’il doit aider toutes sortes de patients. La série est-elle une représentation réaliste de la thérapie ? Pas franchement et on s’en fiche : elle donne à voir toute une galerie de portraits au centre de laquelle le psychothérapeute accompagne, fascine et émeut.

La simplicité et la sincérité qui anime de ce personnage résolument empathique rendent son parcours très émouvant. Notamment lorsqu’il est confronté aux rapports qu’il entretient avec son père mourant. Tout au long de la série, Weston avance. Et c’est ce qui fait qu’on se sent proche de lui.

 

14. Elsbeth Tascioni, The Good Wife (Carrie Preston)

Par Dominique Montay

A chacune de ses apparitions, c’est le bonheur assuré. Elsbeth Tascioni est la plus étrange avocate que vous puissiez croiser, mais certainement aussi la plus perspicace. Sa façon de voir le monde est en décalage complet. Ça paraît comme une stratégie au départ, à la manière du personnage de Michael J Fox qui sort les violons à chaque début de plaidoirie en soulignant ses problèmes de santé, ou celui de Mamie Gummer qui joue la fausse ingénue, ou bien encore Martha Plimpton et son faux nourrisson.

Mais au fil des saisons, à force de voir revenir ce personnage, on comprend qu’Elsbeth Tascioni ne ment pas. Elle est comme ça. Perchée. Et de son perchoir elle voit ce que les autres loupent. Une expression ricaine convient bien au personnage « outside the box ». Elle n’est pas votre avocate typique, mais elle va vous faire gagner.

Brillante, à demi-folle, efficace et drôle à mourir. Tellement tout à la fois qu’on aimerait la voir plus souvent. Lors de l’épisode de la saison 4 « Going for the Gold », elle vient défendre Eli Gold face au département de la justice et le très étrange Josh Perotti (Kyle Mac Lachlan). Le temps de cet épisode, les héros de la série ne sont plus Alicia ou Will, mais bien Elsbeth et Josh. Un duo remarquable, qui donne des envie de spinoff (avec Josh ou pas, mais surtout avec Elsbeth, soyons clairs).

N’oublions pas que Carrie Preston est encore à ce jour sous contrat avec une obscure série du câble avec des vampires, et que cette dernière n’est pas encore terminée. Mais l’espoir fait vivre.

 

15. Hank Schrader, Breaking Bad (Dean Norris)

Par Dominique Montay

Quel destin. Si vous vous plaignez de votre beau frère, pensez une seconde à Hank Schrader. Et révisez votre jugement. Au début de Breaking Bad, c’est plutôt lui le « beauf » en apparence. Grassouillet, homme de loi un peu rigide et bien pensant. Il est une version plus pépère de Vic Mackey. Et honnête.

Hank Schrader n’aura pourtant commis qu’une seule et grosse bêtise dans la série : emmener Walter White avec lui pendant une descente chez un dealer. Depuis ce jour, c’est la foire aux emmerdes. A cause de son beauf, Hank va perdre l’usage de ses jambes, ponctuellement le respect de ses collègues avec son obsession d’Heisenberg, puis… ceux qui ont vu savent.

Avec Jesse et Skyler, Hank sera celui qui souffrira le plus du choix de carrière de Walter White. Dean Norris nous aide à croire en ce personnage à tous les instants. Lorsqu’il frôle la dépression, se réfugiant dans la confection de sa SchraderBrau, ou quand il dépense sans compter pour acheter des roches pendant sa convalescence… ou dans l’ultime saison, quand son regard passe de l’illumination à la colère.

 

16. Dr Richard Stone, Dream On (Personne)

Par Dominique Montay

Imaginez que Superman ou Jack Bauer ait eu une relation avec mère Thérésa ou Marie Curie. Le fruit de leurs amours interdites serait Richard Stone. Dans Dream On, Martin Tupper est largué par sa femme, Judith. Histoire de rendre impossible dans un premier temps la reformation du couple et se concentrer sur la nouvelle vie de célibataire d’un quarantenaire paumé, les auteurs de la série décident de mettre Judith en couple avec… un sur-homme : Richard Stone.

Dans les deux premières saisons de la série, on apprendra que le docteur Richard Stone dirige un refuge pour les sans-abris, a lutté pour la survie de la forêt amazonienne, qu’il a aidé les victimes de la famine en Ethiopie, qu’il possède une clinique anti-drogue, qu’il a reçu un prix Schnabel (Nobel fictionnel) pour son travail avec les victimes de Tchernobyl et qu’il a refusé un Grammy pour son album de folk.

Il a aussi sauvé deux gamins et un chien de la noyade, empêché des terroristes de tuer des touristes et de faire sauter le Parthénon en leur faisant changer d’avis, et fait une opération prénatale du cœur d’un bébé qui portera son nom. Il aura aussi rencontré William Styron pour lui expliqué en quoi Sophie avait un troisième choix possible.

Richard Stone fait partie, avec Maris Crane et Robin Masters des personnages qu’on ne croisera jamais dans la série. Fantasme burlesque d’un homme impossible, Richard Stone restera dans les mémoires sans qu’on l’ait jamais vu.

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