100 personnages de séries, épisode 7 (Ari Gold, Pamela, Stewie Griffin, Atia)

100 personnages de séries, épisode 7 (Ari Gold, Pamela, Stewie Griffin, Atia)

En ce mardi pluvieux (j’écris ce chapeau la veille, mais je pense bien tomber), on vous parle d’une victime de la drogue, d’une femme parfaite, d’un génie de deux ans, et d’une romaine.

25. Ari Gold, Entourage (Jeremy Piven)

Par Mathieu Poitier

Ari Gold (interprété par un Jeremy Piven plus en forme que jamais) est à l’image de Hollywood: insensible, surfait et dépourvu de sens morale. Véritable électron libre de la série pendant les 8 saisons de Entourage, ses colères sont aussi cultes qu’exagérées. Ses mensonges et ses manipulations font de lui un vrai requin et peut-être l’un des meilleurs agents de sa génération. Craint par le tout-Hollywood, ce personnage outrancier et excessif est une main de fer dans un gant de plomb.

Malgré ce portait peu élogieux, Ari Gold rentre dans la catégorie des protagonistes qu’on adore détester. Le voir évoluer pas à pas dans le monde impitoyable et quelque peu puant du showbiz, le rend attachant. Taillé pour le poste et professionnel en presque toutes circonstances, il se donne à 150% à sa carrière quitte à mettre sa famille de côté. Les scènes qu’ils partagent avec Lloyd, son assistant (comprenez souffre-douleur) sont pour la plupart très drôles tellement le personnage est abjecte et gratuitement méchant.

Entourage n’a jamais brillé par sa qualité d’écriture, ni même par son intérêt, frôlant parfois la caricature, mais la série a toujours su rester suffisamment «fun» et «à la cool» pour qu’on la suive. Les apparitions régulières de guest de choix y sont certes pour quelque chose, mais on peut dire que certains des rôles principaux y ont aussi contribué. Ari Gold fait parti de ceux-là et pour ma part, il a presque était un soutien dans les périodes les plus mauvaises du show (et il faut l’avouer, il y en a eu quelques-unes). J’en arrive à me dire que ses coups de sang hystériques me manquent et qu’il me tarde de le retrouver au cinéma.

 

26. Pamela, Louie (Pamela Adlon)

Par Dominique Montay

Louie choisit bien ses compagnes. Dans la saison 3, il s’était entiché d’une femme quasi-biploaire. En saison 1 et 2, c’était Pamela. Mère célibataire, elle va taper dans l’oeil de Louie, qui va progressivement tomber amoureux d’elle, jusqu’à lui faire la plus belle déclaration d’amour de l’histoire de la télévision.

Mais voilà, Pamela s’est mangée déception sur déception, elle est revenue de la vie et surtout de la vie sentimentale. Elle aime bien Louie, mais n’est pas transportée par le bonhomme. Il la touche, l’émeut, même si elle ne laisse rien transparaître. Elle préfère le torturer, inconsciemment. Elle le vanne constamment sur son physique, sur sa façon d’être.

Difficile de savoir si Pamela le fait pour créer de la distance ou si c’est parce qu’elle a une opinion moyenne de Louie, sentimentalement parlant. Elle l’apprécie en tant qu’ami, mais de là à aller plus loin… Voir Pamela débarquer à l’écran, c’est être certain que Louie va souffrir. Alors que Pamela lui propose de prendre un bain avec elle, il refuse, ne comprenant pas qu’il s’agissait enfin d’une réponse positive à ses avances.

Le personnage est finement écrit, toujours sur la corde raide, et Pamela Adlon est parfaite dans le rôle. Adlon qui est une amie de Louie et productrice de la série, jouait sa femme dans la sitcom Lucky Louie. Aujourd’hui, comme un écho au personnage qu’elle tenait dans une sitcom traditionnelle, elle est une femme indépendante, réelle… et inaccessible pour le héros de la série.

Quand Pamela quittera le pays, elle hurlera une dernière phrase en direction de Louie : « wave to me ». Louie comprendra « Wait for me » et quittera l’aéroport avec un rictus d’espoir. Cruel. Tellement cruel.

 

27. Stewie Griffin, Family Guy (Seth MacFarlane)

Par Dominique Montay

Souvenez-vous. Avant de devenir paresseuse, Family Guy était une comédie rentre-dedans irrévérencieuse. Une réussite, à mi-chemin entre Les Simpsons au niveau de la forme et d’un South Park édulcoré (network oblige) au niveau du fond. Aujourd’hui, le souvenir semble lointain et souvent, l’une des seules raisons de se satisfaire du visionnage d’un épisode tient à un personnage : Stewie.

Stewie est un génie du mal dont le but premier est de tuer sa mère. Il a deux ans, maîtrise les armes les plus violentes et possède un esprit sans limite. Mais il aime aussi regarder les émissions de son âge et aller jouer au square. Et son nounours, Rupert.

Au fil des saisons, le personnage a évolué, devenant le meilleur ami de Brian (de l’aveu de MacFarlane, un duo auquel il n’avait jamais pensé). Leurs aventures à travers le monde sont parmi les meilleurs épisodes de la série. Stewie est brillant, drôle, aime titiller Brian sur son incapacité à publier un roman. Il est vraisemblablement attiré par les hommes, mais a eu quelques conquêtes féminines.

Il semble amoureux de Brian dans un épisode, juste un complice dans un autre. Difficile de situer Stewie (qui change suivant le besoin en vannes de la série). Dans les ultimes saisons de Family Guy, lui et Brian ont partagé un épisode très étrange. Le 17e épisode de la 8e saison, « Brian et Stewie », est un huis clos qui ne cède pas au tout-à-la-vanne, et montre plutôt les dommages psychologiques de la situation. Brian et Stewie, enfermés dans une salle des coffres vont mettre leur âme à nues… tout en faisant des vannes de vomi ré-ingurgité, quand même. On ne se refait pas.

S’il fallait en sauver un de cette série en déliquescence totale, c’est bien lui.

 

28. Atia, Rome (Polly Walker)

Par Jérôme Tournadre

Dans l’optique de montrer que la grande histoire se construit autour des conflits de personnes, les créateurs de Rome transformèrent le personnage historique d’Atia Balba Caesonia, mère du futur Empereur Auguste et matrone très portée sur la religion, en Atia intrigante et femme fatale.

A la croisée des chemins entre la figure de la femme cachée derrière le grand homme et la mère castratrice et manipulatrice, Atia se place également dans cette lignée de figures féminines du petit écran qu’on aime détester et qu’on admire avec délectation. Il faut dire qu’en plus la belle Polly Walker a du charme à revendre et on reste rarement de marbre devant ses apparitions où ses belles courbes sont mises en valeurs.

Mais derrière ce physique avantageux se cache une femme qui sait jouer de ses atouts pour manipuler les gens afin d’arriver à ses fins, tant bien même ceux-ci seraient des membres de sa propre famille. Personnage disposant de multiples facettes, on se rappelle autant ses piques assassines et de ses manœuvres pour détruire Servilia que de ces moments où ses sentiments la rattrapent et où sa carapace craque devant nos yeux. Définitivement, Rome ne serait pas la même série sans elle.

Partager