100 personnages de séries, épisode 9 (Montgomery Burns, Edina Moonsoon, Patsy Stone, Tyrion Lannister)

100 personnages de séries, épisode 9 (Montgomery Burns, Edina Moonsoon, Patsy Stone, Tyrion Lannister)

En cette Saint Jacques de la Marche, les 100 personnages de séries se penchent sur un grand méchant, un duo de tarées et le comic relief d’une série avec des dragons (les blagues sur les gens de petite taille sont copyright Marine Pérot).

33. Montgomery Burns, Les Simpsons (Harry Shearer)

Par Dominique Montay

Monsieur Burns est une ordure. Finie. Il corrompt, il pollue, il ment, il vole, il est violent. Et pourtant, c’est un des personnages les plus drôles et adorés de la série animée Les Simpsons. Joke machine par excellence, Les Simpsons n’offre pas traditionnellement d’évolution à ses personnages. Tout est bon pour faire une vanne, même si ça doit, pour ça, revisiter la mythologie de la série.

Le show, dans ce même esprit, appuie sur le bouton reset à chaque début de saison, voir d’épisode. Homer a été viré une bonne cinquantaine de fois, mais semble toujours travailler à la centrale. Bart et Lisa ont toujours 10 et 8 ans. Maggie ne parle toujours pas. Dans cet esprit figé, Marge et Homer voient leurs origines revisitées à chaque année, plaçant leur rencontre d’abord dans les 70s, puis dans les 80s, maintenant dans les 90s.

Le seul à être constant, quelque part à vieillir sans que ce soit affirmé ou dit, c’est Monsieur Burns. Les référence du patron de la centrale atomique de Springfield sont toujours les mêmes. Roosevelt, Nixon, les années folles. C’est le personnage le plus vieux de la ville (comme on l’apprend dans l’épisode 11×12 “La Grande Vie”). Dans le dernier épisode de la saison 15 “Le Canard Déchaîné”, il annonce même sa date de naissance : 1881. Si on reste sur la théorie que Mr Burns est le seul à vieillir, il est âgé de 132 ans (1). Dans l’épisode “Aux frontières du réel” (spinoff avec X-Files), on apprend que Burns subit un traitement de choc chaque vendredi afin de rallonger son espérance de vie d’une semaine. En sous-entendu, il est si riche qu’il est immortel.

Les origines de Burns nous sont montrées lors de l’épisode « Rosebud ». On y apprend qu’il vivait avec une famille pauvre une enfance heureuse (son surnom était “happy”). Son grand-père voulant le voir grandir, l’emmène chez lui et le transforma peu à peu en l’homme qu’on connaît aujourd’hui (schéma qu’il a voulu reproduire avec Bart Simpson dans l’épisode 5×18 “L’héritier de Burns”.

Frederik Olsen, entrepreneur norvégien qui a servi, entre autres, d’inspiration pour le personnage de Burns.

Burns est un peu le JR de la série, ce type ignoble qu’on adore détester. Les Simpsons vont pousser le mimétisme jusqu’à dupliquer le célèbre “Who shot J.R. ?” avec “Who shot Mr. Burns ?”, qui était jusqu’à peu l’unique tentative de la série de faire un cliffhanger à la fin de la saison.

Mr Burns a pollué Springfield jusqu’à provoquer la mutation des poissons, déteste sa mère, vivante en saison 7, morte en saison 11 si on en croît Burns, quand il remplit un document statuant la mort de ses parents. Si on continue à le croire, c’est lui qui l’a tuée. Il a essayé de tuer Grand-père Simpson, il a volé un trillion de dollar à l’Etat américain, tantôt il était un tire au flanc dans l’armée américaine US pendant la seconde guerre, tantôt dans la Waffen SS, provoqué le sacrifice du père de Waylon Smithers, et construit un disque monumental pour cacher le soleil.

Burns est doublé par Harry Shearer aux USA, et en France jusqu’au décès de ce dernier (et avec brio), par Michel Modo. Son successeur, Gérard Rinaldi, le doublera deux années avant qu’il nous quitte à son tour. Aujourd’hui c’est Xavier Fagnon qui s’aquitte de la tâche de doubler le plus grand méchant de Springfield (avec peut-être le Dr.Colossus).

(1) : Certaines sources prétendent que Mr Burns pourrait avoir plus de 1000 ans, étant donné qu’au moment de taper son code de carte bleue, il annonce que les 4 chiffres sont celui de son âge. Hé, les gars ! Un code ça peut commencer par 0. (2)

(2) : Oui, je pinaille pour rien du tout.

 

34. Edina Moonsoon, Absolutely Fabulous (Jennifer Saunders)

Par Jérôme Tournadre

Gentille, intelligente, altruiste, généreuse, tolérante et authentique… Voila quelques adjectifs qui ne définissent pas Edina « Eddy » Monsoon. Quand Jennifer Saunders et Dawn French créèrent Absolutely Fabulous en 1992, se doutèrent-elles que les déboires d’Eddy et de sa comparse Patsy (dont nous disons le plus grand bien plus bas) resteraient encore dans nos mémoires vingt ans plus tard ?

Il faut dire que cette quadragénaire directrice d’une agence de relations publique est le parfait cliché de Londonienne friquée, superficielle et qui ne dis jamais non à un pétard et une coupe de champagne afin de faire descendre les pilules qui vont bien. Mais s’il n’y avait que cela, Edina ne pourrait prétendre à faire partie du club des personnages les plus trash de la télévision. Elle se dit bouddhiste et écologiste mais n’hésite pas à faire bosser des petits enfants africain pour se faire faire ses vêtements so typic. Elle n’aura aucun scrupule à faire un saut à New-York en concorde afin de prendre en photo la poignée de porte d’un musée pour avoir la même dans sa cuisine.

Cuisine qu’elle n’utilise jamais d’ailleurs car cette fainéante de tout travail à le don pour déléguer toutes les tâches et de se faire entretenir par Saffron, sa fille, qu’elle n’hésite jamais à rabaisser avec une verve caustique incroyable. Egoïste, égocentrique, coincée (quoiqu’elle puisse en dire), alcoolique, maladroite (y a-t-il un seul épisode où elle ne se vautre pas en descendant de voiture ou ses escaliers ?) voila quelques adjectifs qui définissent bien Eddy.

Et bon sang qu’est ce qu’elle peut nous faire rire ! Jennifers Saunders a réussi l’exploit de créer un personnage qui pourrait être ridicule sur le papier mais qui se révèle incroyablement drôle quand elle l’incarne à l’écran. Elle apporte toute sa verve et ton talent de comédienne pour donner vie à une femme so fabulous qui ne jure que par Christian Lacroix mais qui arrive tout de même a avoir des moments de, presque, normalité qui nous la font voir sous un autre jour.

Tel ce discours qu’elle déclame lors d’une soirée de gala et où elle dénonce la superficialité de leur société. Bon elle finit ensuite bourrée dans une péniche remplie d’ordures mais c’est le geste qui compte.

Edina à gauche, Patsy à droite

35. Patsy Stone, Absolutely Fabulous (Joanna Lumley)

Par Jérôme Tournadre

Que serait Laurel sans Hardy ? Abbott sans Costello ? Titi sans Grosminet ? Statler sans Waldorf ? Minus sans Cortex ? (3) Rien, ils ne seraient rien. Que serait Edina sans Patsy ? Pas grand-chose, une âme en peine à qui il manquerait quelque chose pour donner un sens à sa vie. Ces deux là sont si indispensable l’une à l’autre que plusieurs épisodes nous les montrent toujours en duo à plus de 80 balais. L’épisode « The End » nous les montrant vivre loin de l’autre car totalement fâchées est d’ailleurs un des plus tristes de la série.

Si Edina est trash, Patsy Stone la dépasse largement en la matière et peut revendiquer le titre de reine de la débauche et de la luxure. Patsy, pardon… Eurydice Colette Clytemnestra Dido Bathsheba Rabelais Patricia Cocteau Stone est un ancien mannequin et muse devenu aujourd’hui journaliste de mode. Elle est surtout capable de descendre plusieurs bouteilles de champagne en l’espace de quelques secondes, de sauter tout ce qui possède un pénis et une paire de testicule et de cacher la production annuelle de drogue d’un petit état sud-américain dans ses cheveux où divers autres orifices. Tout cela avant le repas du midi.

Repas qui se compose pour elle de liquide avec de l’alcool dedans puisque selon ses dires (et on aurait tendance à au moins croire cela) elle n’a rien avalé de solide depuis 1973. Née d’une mère totalement barrée qui la détestait au plus haut point, Patsy trouvera chez Edina une amie indispensable à sa survie et un foyer presque normal. Logique donc qu’elle voit en Saffron, la fille d’Edina, une rivale qu’elle n’hésite jamais à insulter, gifler et lui rappeler qu’elle insisté auprès d’Eddy pour qu’elle se fasse avorter ou qu’elle la noie à la naissance.

(3) : Simon sans Simon (NDR)

 

36. Tyrion Lannister, Game of Thrones (Peter Dinklage)

Par Marine Pérot

Tyrion, c’est le vilain petit canard de la famille Lannister. C’est le nain, le demi-homme, le rejeté, celui dont on aimerait bien pouvoir se débarrasser. Pourtant, si tous les membres de sa famille semble le détester, Tyrion ne se laisse jamais abattre et sa petite taille n’a d’égale que la grandeur de son verbe. Beaucoup le prennent de haut mais Tyrion n’est pas à prendre pour un imbécile : il sait ce qu’il veut et comment l’obtenir.

C’est Tyrion qui apporte la dose d’humour nécessaire à Game Of Thrones. Il n’a pas la langue dans sa poche, en particulier quand il gifle son neveu Joffrey ou lorsqu’il lance des piques à sa soeur Cersei. Il est intelligent et sa malice lui permet de mener ou venir à bout de bien des complots.

Mais Tyrion n’est pas que manigances et sarcasmes, c’est aussi un homme finalement plein de bonnes intentions, qui n’est que peu intéressé par la guerre et qui cherche surtout à assurer sa survie et celle de ceux qu’il aime. Car oui, Tyrion est capable d’aimer, contrairement à beaucoup de personnages de Game of Thrones. Sa relation avec Shae est particulièrement touchante car la sincérité qui en émane laisse voir que derrière son masque moqueur, Tyrion est quelqu’un qui accorde beaucoup d’importance à l’amour et la loyauté.

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