#11 – Le coin des mangavores !

#11 – Le coin des mangavores !

Comme il me faudrait des journées de 45 heures pour pouvoir lire et critiquer toutes les sorties manga que nous proposent les différents éditeurs français et comme tout le monde le sait, nos journées ne font que 24 heures, j’ai décidé d’inaugurer ici, une nouvelle rubrique compilant plusieurs reviews. Ce coin des mangavores vous permettra d’avoir une vue d’ensemble sur les dernières sorties parues et de ne rien louper de vos titres préférés. C’est parti, suivez le guide !

 

Versus Earth (T.9)

Ça y est, Versus Earth tire sa révérence après neuf tomes prenants et assez réussis. Le seinen SF édité par Kurokawa et mettant en scène des piliers sortant de terre, prêts à pulvériser tout ce qui bouge, aura réussi à nous surprendre. Avec son idée un peu what the fuck?!, le titre ne partait pas franchement gagnant. Mais le duo Kazutomo Ichitomo/Yoshihiko Watanabe a su insuffler au récit un supplément d’âme à travers ses personnages. Au fil des tomes, nous avons suivi l’évolution de Haruto, devenu une sorte de super-soldat, véritable arme humaine, obligé de tout sacrifier pour sauver son prochain. Neuf tomes de lutte acharnée contre un ennemi déterminé et protéiforme qui auront fait couler le sang et les larmes. Oui mais voilà, la conclusion de cet affrontement pour la survie de l’humanité nous déçoit, pire, elle nous frustre… ! Ce dernier tome nous laisse complètement en plan, sur notre faim, n’apportant aucun réel dénouement au récit. Certes, Haruto est allé au bout de ses capacités, mais la guerre en cours n’est pas terminée. Les auteurs semblent avoir quelque peu bâclé le final, laissant bien trop de choses en suspens, sans que l’on comprenne bien pourquoi. C’est vraiment dommage lorsque l’on voit ce qu’ils étaient parvenus à faire de leur concept au fil des tomes. Reste donc un titre qui a su tirer partie de quelques bonnes idées mais qui se vautre sur la ligne d’arrivée comme si Ichitomo et Watanabe n’avaient pas su comment mettre un terme à leur histoire. Un beau gâchis !!!

Versus Earth (T. 9)
De Kazutomo Ichitomo & Yoshihiko Watanabe
Édité par Kurokawa

 

Nuisible (T.3)

Autre titre à se conclure, cette fois chez l’éditeur Kana, il s’agit de Nuisible. En seulement trois petits tomes, le titre de Masaya Hokazono et Yu Satomi a su distiller son poison dans un récit horrifique, sur fond d’expérimentation génétique. La glaçante Kikuko est bien décidée à s’accoupler pour assurer la survie de son espèce et elle a jeté son dévolue sur Ryôichi. Pour parvenir à ses fins, elle fait s’abattre sur la ville entière une nuée d’insectes qui s’attaquent à la population. Ce troisième et dernier tome nous en dit un peu plus sur les origines de Kikuko ainsi que son but, tout en prolongeant un univers qui rappelle le travail du réalisateur David Cronenberg. En effet, ici, on assiste à une lente mutation des corps, jusqu’au stade finale où l’humain a laissé la place à l’insecte. Les auteurs enchaînent les scènes pleines de terreur, sans pour autant que l’on puisse détourner notre regard. La tension qui s’en dégage nous retient captifs, tel des moucherons dans une toile d’araignée. La noirceur du propos est parfaitement soulignée par la noirceur du dessin de Yu Satomi. Le dessin fourmille littéralement de détails, offrant au récit un parfait écrin pour y développer un texte aussi dérangeant qu’insondable. Le final que nous offre les auteurs ne nous déçoit pas et clôture comme il se doit, cette courte mais intense histoire. Bref, une bonne lecture pour tous les amateurs de frissons et les entomophobes…

Nuisible (T. 3)
De Masaya Hokazono & Yu Satomi
Édité par Kana

 

Hinomaru Sumo (T. 6 & 7)

Le shōnen sportif de l’éditeur Glénat poursuit sa route, continuant de nous offrir de savoureux moments de bravoure et de dépassement de soi. Pendant qu’Inomaru profite de l’opportunité de s’entraîner avec des lutteurs professionnels, ses coéquipiers tentent également de progresser. En effet, les qualifications du grand tournoi national inter-lycées approchent à grand pas et chacun d’entre eux est bien décidé à ne pas être un boulet pour l’équipe. D’autant que fasse à eux, se dressent de grands noms, parmi lesquels se trouve un Trésor National. Bien que la pratique du sumo ne soit pas, à première vue, très glamour, ni même très excitante, l’auteur Kawada parvient à la rendre passionnante. En plus du souffle presque épique qu’il distille dans chacun des combats, on sent bien que l’auteur souhaite redorer le blason d’un sport ancestral un peu tombé en désuétude. Avec ce qu’il faut de pédagogie, il nous enseigne les bases de ce qu’il faut connaître sans jamais tomber dans la leçon trop didactique ou assommante. Comme dans tout bon shōnen sportif qui se respecte, le mangaka met en avant la persévérance, l’estime de soi et le respect de l’adversaire. Que ce soit les cinq membres de l’équipe du lycée Ōdachi ou leurs adversaires, chaque combattant est animé par de motivations qui lui sont propres, apportant au titre un supplément d’âme. Côté mise en page, Kawada nous gratifie d’un trait appliqué et maîtrisé. Les phases de combat sont pour lui l’occasion de faire preuve d’une grande puissance graphique, conférant à ses personnages une aura qu’on ne retrouverait pas forcément dans d’autres sports. Une fois au centre du dohyō (zone de combat), ces imposants combattants n’ont plus rien à envier aux autres sportifs et font honneur à leur discipline ancestrale. Le prochain tome va nous offrir, on l’espère, un combat d’envergure, qui pourrait bien propulser nos fiers combattants dans les hautes sphères de ce sport ô combien mésestimé. Bref, du shônen comme on l’aime.

Hinomaru Sumo (T. 6 & 7)
De Kawada
Édité par Glénat

 

Crueler than Dead (T.2)

Décidément, ce onzième numéro du Coin des Mangavores est celui des fins de séries, puisque avec son second tome, Crueler than Dead touche également à sa fin. Il aura tout de même fallu attendre plus de deux ans pour pouvoir se plonger dans la suite des aventures zombiesques de Maki. Alors que l’épidémie est devenue mondiale, la jeune femme qui porte en elle le vaccin pour endiguer ce nouveau mal, arrive enfin au Tokyo Dôme, dernier rempart contre les hordes de zombies. Une fois sur place, la voilà séparée de Shota, un garçon rescapé. Et, tandis qu’elle a le privilège de vivre dans le luxe, parmi les nantis, ce dernier, lui se retrouve avec le reste des survivants traités de manière déplorable et vivant dans des conditions épouvantables. Après un premier tome réussi, cette suite et fin n’est malheureusement pas complètement à la hauteur de ce que l’on aurait pu espérer. Peut-être cela est-ce dû à l’invraisemblable attente entre les deux tomes ou alors tout simplement au fait que là encore, la conclusion ne soit pas vraiment satisfaisante. Eh oui, encore… ! En soi, le tome, même s’il ne nous présente rien de bien novateur, fonctionne et n’est pas dénué d’intérêt. Toutefois, la conclusion semble trop rapidement expédiée, laissant en suspens une bonne partie de l’histoire. Étranges choix que ceux qui sont faits par le duo Tsukasa Saimura et Kozo Takahashi pour mettre un terme à leur histoire. Comme s’ils étaient pressés d’en finir afin de passer à autre chose. Enfin, autre chose, c’est vite dit puisque les deux compères se sont faits une spécialité des titres de zombies et à ce titre, quand on voit le peu d’intérêt que présente un manga comme Igai du même Saimura, on se dit qu’ils auraient peut-être mieux fait de se concentrer sur Crueler than Dead et d’y apporter une fin plus satisfaisante. Cependant, si vous n’en avez pas encore marre des zombies, goules et autres morts-vivants, allez-y ! Les autres passeront leur chemin…

Crueler than Dead (T. 2)
De Tsukasa Saimura & Kozo Takahashi
Édité par Glénat

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