#12 – Le coin des mangavores !

#12 – Le coin des mangavores !

Comme il me faudrait des journées de 45 heures pour pouvoir lire et critiquer toutes les sorties manga que nous proposent les différents éditeurs français et comme tout le monde le sait, nos journées ne font que 24 heures, j’ai décidé d’inaugurer ici, une nouvelle rubrique compilant plusieurs reviews. Ce coin des mangavores vous permettra d’avoir une vue d’ensemble sur les dernières sorties parues et de ne rien louper de vos titres préférés. C’est parti, suivez le guide !

 

One-Punch Man (T.08)

Le best-seller de l’éditeur Kurokawa poursuit tranquillement sa route avec un huitième tome toujours aussi plaisant. Après avoir explosé Boros, chef des Dark Matters, Saitama retourne à sa petite vie pépère, rythmée par les soldes des magasins. Mais ce n’est pas sur lui que se focalise ce tome, mais sur King, septième de la classe S des super-héros et accessoirement homme le plus fort du monde. On découvre enfin ce personnage qu’on nous a un peu « teasé » lors des précédents tomes. Une nouvelle fois, le duo ONE/Yusuke Murata s’amusent des codes du shōnen, prenant continuellement le contre-pied de ce à quoi on s’attend. L’humour omniprésent et la nonchalance du titre et notamment du personnage de Saitama distillent un doux parfum de coolitude. Mine de rien, en huit tomes, One-Punch Man a développé et étendu son univers. S’appuyant sur des bases classiques, les deux auteurs ont tranquillement détourné les éléments et contourné les obstacles inhérents au genre. Ce tome offre également à Genos, l’élève autoproclamé de Saitama, l’occasion de briller dans une scène de baston plutôt épique contre un robot. Comme depuis le début, Murata nous balance une approche graphique en constante mutation selon les scènes et met tout le monde K.O. En une case, il est capable de passer d’un minimalisme assez naïf à une forme d’opulence visuelle prenant des proportions incroyables. Cette capacité à changer aisément de style, la puissance de son trait ainsi que la démesure et la générosité de son dessin le hisse directement au sommet avec les maîtres du genre. La fin du tome et le recrutement de super-vilains, façon Suicide Squad a de quoi susciter l’intérêt et risque de foutre un joyeux bordel dans les tomes à venir. La suite, s’il vous plaît !!!

One-Punch Man (T.08)
De ONE & Yusuke Murata
Édité par Kurokawa

 

No Guns Life (T.04)

En seulement quatre tomes, le seinen de l’éditeur Kana s’est confortablement imposé comme une valeur sûre. Du polar mâtiné de science-fiction, de l’action bien énervée et une palanquée de personnages franchement badass, No Guns Life a de sacrés atouts à faire valoir et sait quoi en faire. Dans ce quatrième tome, on fait la connaissance de Pepper, une étrange jeune femme accompagnée de Seven, son Gun Slave Unit, copie conforme de Jūzō. Ce dernier comprend d’ailleurs assez vite que les deux compères sont à la solde de la multinationale Berühren. La rencontre entre les deux Gun Slave Unit est pour le moins musclée et Tasuku Karamusa n’en loupe pas une miette. Son sens du découpage et son trait nerveux font des merveilles et s’impriment durablement dans la rétine. Dans la seconde partie du tome, le mangaka lance Jūzō et la jeune Mary, ingénieure spécialisée dans les extensions, sur la piste d’un soi-disant fantôme qui sévirait dans la demeure d’une héritière fortunée. Karamusa ne cesse de prendre des chemins de traverses, brouillant les trajectoires scénaristiques. Alors qu’à la lecture du premier tome, on aurait pu croire que tout tournerai autour du personnage de Tetsurō et son pouvoir Harmonie, il est finalement presque devenu un second rôle, gravitant autour du Jūzō, véritable personnage principal. À travers chacune de ses missions, l’auteur explore une autre facette de son antihéros mi-homme/mi-arme, plus complexe qu’il n’y paraît. Avec No Guns Life, l’éditeur Kana tient un titre solide et ajoute à son catalogue, un seinen de choix. Bref, du très, très bon.

No Guns Life (T.04)
De Tasuku Karamusa
Édité par Kana

 

Winged Mermaids (T.01)

Voici donc le retour d’Etorouji Shiono, après Übel Blatt et Zelphy. Après la dark fantasy et la science-fiction, l’auteur nous offre un récit de guerre, genre pas si répandu que ça dans le manga. Son nouveau seinen prend place dans un monde, presque entièrement recouvert par les eaux, dans lequel des pays s’opposent et se font la guerre grâce à des hydravions d’un nouveau genre. Ishito Suzuki, est un jeune homme qui pilote pour l’aéropostal. Alors que les tensions s’accroissent entre les royaumes d’Aizen et d’Yggländ, il se voit contraint de jouer la doublure du prince Asagito, menacé par une nation rivale et de prendre le pouvoir à sa place. Avec cette courte série en trois tomes seulement, Shiono explore donc à nouveau des relations géopolitiques tendues entre pays voisins. Bien que le contexte ne soit clairement pas le même que dans Übel Blatt, on retrouve ce même intérêt pour les conflits à grande échelle, les trahisons et les prises de pouvoir musclées. Dans Winged Mermaids, les avions ont autant d’importance que les personnages et sont au cœur de l’action. La manière dont ils sont décrits et mis en scène rappelle forcément le magnifique Porco Rosso de Miyazaki ou l’anime Last Exile produit par le studio Gonzo. On y retrouve ce même goût pour la mécanique de ces incroyables engins volants. Dans l’ensemble, ce premier tome de Winged Mermaids est solide, introduisant correctement l’univers ainsi que les nombreux personnages. Etorouji Shiono revient assez en forme.

Winged Mermaids (T.01)
D’Etorouji Shiono
Édité par Doki Doki

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