On a vu… le pilote de 1600 Penn

On a vu… le pilote de 1600 Penn

Note de l'auteur

La principale image promo de la série. Celle qui dit : « Non mais franchement, qu’est-ce que vous voulez faire ? » Photo 20th Century Fox

Jeudi 10, une nouvelle comédie s’installe dans la grille de NBC. Mais si les premiers épisodes sont du niveau du pilote, elle ne devrait pas faire long feu.

Voilà, la nouvelle année est lancée. Peut-être avez-vous formulé tout un tas de voeux et/ou de résolutions pour les semaines à venir ; peut-être vous prenez vous à rêver. Pendant que les uns vont reprendre le sport en espérant croiser le sosie de Stephen Amell près d’une échelle ou celui de Benedict Cumberbatch au sauna, d’autres caressent secrètement l’espoir de voir la recherche scientifique faire un  bond décisif, laissant le champ libre aux hypothèses les plus folles (une hormone de la cohérence existe-t-elle ? Peut-on encore l’injecter dans l’hypophyse de Kurt Sutter ?).

D’autres, encore plus naïfs, se prennent à rêver de lendemains comiques qui chantent pour NBC après l’ultime épisode de 30 Rock.

Bande de foufous.

Le problème, c’est que le 10 janvier, le réveil va sonner. Douloureusement. 1600 Penn débarque sur le network et ses prémices ne font vraiment, vraiment pas rêver.

1600 Penn, c’est la version abrégée de 1600 Pennsylvania Avenue, l’adresse de la Maison Blanche. Un lieu mythique occupé par la famille de Dale Gilchrist. Père de quatre enfants et remarié, ce dernier -interprété par un Bill Pullman qu’on a connu en bien meilleure forme- doit assumer son rôle de leader du monde libre alors que son fils aîné, Skip, enchaine les catastrophes.

Pauvre, pauvre Jenna Elfman… Photo 20th Century Fox

Exfiltré rapidement de l’université dans laquelle il n’est plus très loin du master de branleur fini, Skip, interprété par Josh Gad, est placé directement sous la surveillance paternelle. Ce qui ne l’empêche pas de multiplier les bourdes alors que sa belle-mère Emily (Jenna Elfman, LA Jenna Elfman de Dharma & Greg) essaie désespérement de prendre soin des trois autres enfants du président : Becca, Marigold et Xander.

La bonne nouvelle pour les amateurs de science salués plus haut, c’est que NBC participe activement à la recherche scientifique. Après la série avec un singe (Animal Practice), voici la série écrite pour une bande de singes. Ca fera peut-être plaisir aux fans hardcore du film Gorille dans la brume, mais beaucoup moins aux amateurs de comédie.

Si certains pourront trouver Josh Gad particulièrement horripilant, si d’autres vont amèrement regretter que la série loupe son évocation du monde politique (Julia-Louis Dreyfus peut dormir tranquille: personne ne vient braconner sur ses terres), le problème majeur est ailleurs.

Bill Pullman, président avec accidents. Photo 20th Century Fox

Le gros, l’énorme souci de 1600 Penn, c’est qu’elle est en effet incapable de développer des interactions efficaces entre ses personnages. Des interactions originales, émouvantes. Justes. Au lieu de ça, la série joue les machines à gags stériles, le tout piloté par un héros qui arrive à avoir tout à la fois la subtilité d’une moissonneuse-batteuse et le charisme d’un couteau à huitres.

Dommage au vu des deux premières scènes. Oui, je l’avoue : l’ouverture sur le campus et la conférence de presse, avec le personnage de Jenna Elfman, m’ont fait rire. Mais tout ça, c’était avant le drame : une longue, lente et désagréable succession de scènes vides, parfois agencées de manière maladroite (Skip parlant de sa mère, le « petit plus » de Marigold à la fin) et parfois carrément horripilantes (la scène du vote, qui prend le téléspectateur pour un capucin sous crystal meth).

Le début d’année fait parfois espérer le meilleur, mais rarement croire aux miracles. On verra si 1600 Penn peut inverser la donne. Mais c’est (très) peu probable, quand bien même Mike Royce, son showrunner, a bossé sur Men of a Certain Age, Everybody Loves Raymond et Spin City. 

Et bonne année, hein.

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