1994, une année de séries cultes : Sister Sister

1994, une année de séries cultes : Sister Sister

D’aucuns diront que certaines séries ne sont « que » des séries pour enfants/adolescents. Pourtant même les séries pour ados peuvent devenir cultes dans le coeur de ceux qui les regardent.

Sister, Sister apparut sur les écrans à la mi-saison aux Etats Unis en avril 1994. La série reprend un synopsis simple mais efficace : deux soeurs jumelles séparées à la naissance se retrouvent et se découvrent au fil des épisodes. Bien que très semblables en apparence, ces deux filles sont en réalité très différentes. Pour comprendre les autres petites subtilités, je préfère d’abord vous laisser regarder le générique de la série, qui résume à lui seul ce qu’étaient les années 90.

La série diffusée sur ABC était destinée à un public familial. Après 2 saisons, la chaîne décida de l’annuler devant les faibles audiences. La jeune chaîne WB, née en janvier 1995, décida de la sauver pour la diffuser sur sa grille à l’époque composée de séries ciblant le marché des familles afro-américaines.

sister-sister-posterLa gémellité est une thématique, qui a souvent fasciné la télévision américaine. Mais c’est avec la popularité des soeurs Olsen (qui ont leur propre série depuis 1992) et du film The Parent Trap avec la toute jeune Lindsay Lohan que la télévision se jette sur le filon. Ce qui fascine chez les jumeaux de télévision : la possibilité d’avoir deux corps qui se ressemblent mais des personnalités radicalement différentes. Dans Sister Sister, les producteurs pousseront même le vice dans les premières saisons à ajouter un faux grain de beauté à Tia pour qu’elle ressemble en tout point à Tamera.

Cette fascination a permis de créer le concept de l’ « evil twin », un jumeau représentant du mal, qui s’oppose au personnage qu’on connaît. C’est Vampire Willow dans Buffy contre les vampires, Spock avec un bouc dans Star trek, Derek dans Sunset Beach… Ces jumeaux diaboliques servent souvent aux scénaristes à explorer la part de trouble d’un personnage ou au contraire de créer l’antogoniste absolu du personnage initial.

Dans Sister, Sister, nous sommes loin de l’evil twin, mais les histoires s’appuient surtout sur les différences entre les deux soeurs. Elles ont beaux avoir une forte ressemblance, elles ont des personnalités très différentes et les ressorts comiques de la plupart des scènes reposent sur cette opposition. Un des créateurs de la série Kim Bass reconnaît d’ailleurs dans une interview au site Pop goes the week s’être inspiré de ses soeurs pour créer la série.

tumblr_mz0r9h5P4I1svt5w5o1_400L’opposition entre les deux soeurs ne se situe pas seulement sur le caractère. Les scénaristes ont chercher à créer une opposition presque totale. Les jumelles viennent de milieux sociaux très différents et ont été élevé par des parents de sexe opposé. Ces deux parents que tout oppose sont la toile de fonds des histoires secondaires de chaque épisode.

Tout en évoluant sur un schéma très classique pour une série familiale avec deux adolescentes (le lycée, les garçons, la popularité, les notes, l’avenir…), Sister, Sister fait preuve d’une certaine modernité, puisque la série met en scène deux familles mono-parentales qui se réunissent sous un même toit. Pourtant, la famille ne se fond pas dans le schéma Père/mère/enfants immédiatement. La série choisit au contraire de garder la cohabitation de cette double famille. Tia a sa mère, Lisa une femme téméraire et prête à tout et Tamera, son père, Ray, un homme raisonné, inquiet voire peureux parfois.

Sister, sister n’a rien de révolutionnaire. Elle vous arrachait quelques sourires ici ou là et un spectateur averti pouvait deviner le déroulement de tout l’épisode dès la 4ème minute, mais sous des scénarios plus que classiques et de nombreux clichés, elle offrait une réflexion inattendue sur la famille et ce qu’elle signifie, c’est déjà beaucoup plus que ce qu’on pouvait en attendre.

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