2011 : Tops/Flops de l’infâme Docteur No

2011 : Tops/Flops de l’infâme Docteur No

C’est un fait que même les plus grands neurologues et spécialistes en dégénérescence du cerveau du MONDENTIER ne contestent plus : il est désormais absolument certain que le Dr No a été bercé beaucoup trop près du mur clouté dans son enfance et qu’il en a gardé d’irréversibles séquelles. Une authentique et radicale passion pour le 7e art l’habite, mais aussi une curieuse tendance à porter aux nues d’infâmes purgeasses dégueulasses ou napalmer sans pitié de purs bijoux pour d’obscures raisons connues seules de son cervelas malade. L’avantage avec le post ci-après qui sent déjà la poudre, c’est que vous allez pouvoir lui répondre, à ce fieffé Dirty Harry de la critique, et mitrailler à la Kalash’ ses tops/flops, frappés du sceau de la démence. En vrai j’abuse un peu : j’en partage certains et son classement a, en plus, l’avantage indéniable de l’originalité. Salopard et snob, c’est la recette gagnante de mon ancien complice de feu le podcast Tonight On Mars. Allez No, lâche moi les mollets, j’te passe le micro. Aie ! Mais… pas bouger, No, j’ai dit ! Voilà… toi parler maintenant…

À la demande de ce tocard primé de John Plissken (maintenant on l’appelle supertocard !), j’ai décidé de sortir de ma torpeur et de mon projet fou de domination mondiale du monde (je vous avais dit que c’était grave hein – NDJP) pour vous offrir mes tops et mes flops 2011 alors même que vous n’aviez rien demandé… Vous en avez de la chance ! Parce qu’il n’y en a  plus que pour cet immonde Plissken depuis qu’il a reçu son espèce de sextoy d’or du meilleur blogciné… Et que c’est inacceptable ! Et que je vais tout lui ruiner son blog maintenant qu’il s’est mis à la danse classique ( ?!?? – NDJP) ! Sinon, pour résumer 2011 a été une année faste… En très bon et en trèèèèèèèèèèès mauvais films. Signé : Docteur No.

Top 10 : Le meilleur de 2011

01.KILL LIST, de Ben Wheatley (NDJP : attention, ce film daté de 2011 est annoncé en France pour une sortie salles en juillet 2012. OUAIS je sais, c’est une entorse à la règle mais bon allez c’est le Dr No, on lui pardonne exceptionnellement à cet anarchiste).
J’ai passé la moitié de ce KILL LIST tétanisé, recroquevillé en position fœtale sur mon siège en poussant des pitits cris d’oisillon apeuré. KILL LIST est un film incroyable, au scénario particulièrement malin… Je n’ai (presque) jamais eu aussi peur de ma putain de vie ! Le film commence comme un drame familial sur un ex-soldat qui n’arrive pas à se réintégrer pour plonger dans le film noir puis pour basculer soudainement dans un truc de dingue qui ne vous laissera aucun répit et que je ne spoilerai pas parce que je suis un mec cool en fait (je sais, on dirait pas) ! Jusqu’au final hallucinant… Mais hallucinant ! Mais hallucinant bordel ! Je suis toujours sous le choc…

02.WINTER’S BONE, de Debra Granik
Anti-conte de fée moderne, WINTER’S BONE raconte l’odyssée bien glauque d’une ado américaine partie à la recherche du cadavre de son père dans l’Amérique de l’ultra-pauvreté… Une Amérique rurale, bestiale et terrifiante. Froide comme la mort. Défoncée au cristal meth… Et seule son invraisemblable volonté sauvera cette gamine de l’enfer, pour un instant seulement… Le grand film indé US de l’année !

03.IL ETAIT UNE FOIS UN MEURTRE, de Baran bo Odar
Film allemand (oui oui) sorti en catimini et en salles cet été, IL ÉTAIT UNE FOIS UN MEURTRE est le polar de l’année ! Son scénario magnifique qui tourne autour de meurtres d’enfants situés à plusieurs décennies d’intervalle, et son atmosphère à la fois mélancolique et angoissante (tout tourne autour d’un couple de pédophiles, fallait oser !) rappelle le génial MEMORY OF MURDER… C’est bouleversant d’humanité…

04.CARRE BLANC, de Jean-Baptiste Léonetti
Ce film est un ovni… Un film d’anticipation froid et tétanisant… CARRÉ BLANC décrit une société morte, déshumanisée ou un couple improbable essaie tant bien que mal de résister. Ça commence comme une suite de SOLEIL VERT pour plonger dans un univers orwellien néo-rétro mais horriblement réaliste. On pense un pense aussi à Bienvenue à Gattaca… Glaçant… Et c’est made in France !

05.BLACK SWAN, de Darren Aronofsky
Darren Aronofsky est un cinéaste aussi fin qu’une division de Panzers déferlant dans la steppe ukrainienne mais c’est pour ça qu’on l’aime (ou pas) ! BLACK SWAN est un mauvais trip, une descente aux enfers qui culmine dans un dernier acte insoutenable. On a l’impression de sortir d’une moissonneuse-batteuse ! Natalie Portman est inoubliable en ballerine en plein cauchemar… Sinon Darren, faut pas plagier plan par plan un génie comme Satoshi Kon, c’est pas bien…

06.BELLFLOWER, de Evan Glodell (inédit)
Un film qui commence avec une citation de Lord Hummungus, ça intrigue… Deux postados désœuvrés, obnubilés par la fin du monde et la saga postapo de George Miller, se préparent à affronter l’apocalypse au volant d’une muscle car baptisée Medusa ! Seulement une fille va se mettre en travers de leur route… Les filles, je vous jure… BELLFLOWER est un film très étonnant, un mix improbable entre VIRGIN SUICIDES, BULLY, et ALL THE BOYS LOVE MANDY LANE… Il décrit une jeunesse complètement désemparée et livrée à elle-même…

07.SOMEWHERE, de Sofia Coppola
Stephen Dorff, star perdue, récupère malgré lui sa fille le temps de quelques jours et retrouve goût à la vie… Scénario ténu (euphémisme !), atmosphère ultrabranchée (sans déconner !), casting parfait (fantastique Elle Fanning) il n’y a rien de nouveau dans l’univers de Sofia… La demoiselle enquille les clichés indé US avec entrain (la voiture de sport comme symbole de l’ego surdimensionné du héros) et pourtant c’est magnifique, bouleversant, inoubliable… Elle est très forte cette Sofia ! Elle vole des instants d’intimité comme personne !

08.TREE OF LIFE, de Terrence Malick
Terrence Malick signe un film monde taré, grotesque par moments (la création de l’univers tout ça, des dinosaures magnanimes, oulala…) et fait s’entrechoquer la (très) grande histoire, celle du Monde et la (très) petite, une cellule familiale lambda… C’est cette partie, au cœur du propos de Malick qui emmène ce film vers des sommets d’humanité comme j’en ai rarement vu ! Brad Pitt est phénoménal en père fermé et violent qui va s’ouvrir petit à petit à sa famille et retrouver son humanité… Malgré un déferlement nanardeux d’images bank débiles, Malick conclue par une scène kubrickienne, magnifique et malheureusement mal interprétée (cette plage n’est pas une vision newageuse du paradis, c’est la matérialisation de la mémoire du personnage principal, rien de plus, enfin c’est comme ça que je l’ai vu…). Un grand trip… Une ode folle à l’esprit humain ! (également  vendu dans toutes les bonnes pharmacies au rayon « somnifère puissant » – NDJP)

09.LE STRATEGE, de Bennett Miller
Brad Pitt irradie ce film improbable (l’histoire vraie d’un mec qui a révolutionné le baseball grâce aux statistiques!!!) scénarisé par Aaron Sorkin (THE SOCIAL NETWORK). LE STRATEGE ne montre quasiment aucune image de baseball, tout se passe dans les coulisses où l’on découvre l’ampleur de la « guerre » que se livrent les patrons de club. C’est fantastique, passionnant, bouleversant… Et Brad Pitt est plus magnétique et touchant que jamais… Quelle carrière!

10. RED HILL, de Patrick Hughes  (inédit)
Un western moderne venu d’Australie ! RED HILL est un thriller époustouflant ! Une pitite ville est attaquée par un aborigène évadé de prison et assoiffé de vengeance ! La mise en scène est le grand point fort de ce film eastwoodien et carpenterien par moments! Mélange de film noir, de western et de slasher (le tueur est inoubliable) RED HILL pêche cependant dans son final un peu tendre !

 

Flop 10 : le pire de 2011

01.TAKE SHELTER, de Jeff Nichols
Les films indés US qui se prennent au sérieux en voulant dénoncer la perte de repères de notre société déshumanisée qui court à sa perte genre tu vois quoi, ça donne régulièrement des purgeasses invraisemblables comme BUG de Friedkin… Et bien TAKE SHELTER, c’est un peu le cousin du machin, avec le même acteur principal (Michael Shannon) qui joue un peu le même personnage de mec qui pête les plombs et plonge son entourage dans un grand tourment à cause du dedans de son cerveau qui a vu la fin du monde. En fait il creuse un trou au fond du jardin… Le grand flippe quoi ! Et ça lui prend beucouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuup de temps… C’est insupportable de prétention, interminable, grotesque et le final défonce tout ! C’est un supplice, même pas drôle…

02.CONAN, de Marcus Nispel
CONAN ou la scène d’ouverture la plus nanarde de l’année !
Au cœur d’une bataille barbare sans pitié, une guerrière barbare enceinte est blessée… Son barbare de mari (Ron Perlman, ça commence mal) vient à son secours et pratique une césarienne bien barbare aussi… Il sort un splendide bébé barbare en plastique (ça se voit trop les mecs…) maculé d’encre rouge pour faire comme du sang quoi… Il demande à sa femme barbare un peu en train de mourir quand même : « comment tu veux qu’on l’appelle ma bibiche? » Elle dans un râle barbare : « Je sais pas je pensais à Jean-Pierre ou bien à Conannnnnnnnnnnnnnnnnnn… (Râle d’agonie) »
Voilà. Le reste n’est malheureusement pas du même niveau barbare. L’acteur a un magnifique regard de vache dépressive barbare… C’est tout et c’est déjà pas mal !

03.GREEN LANTERN, de Martin Campbell
Quand on réalise un film de super héros, faut quand même faire attention jusqu’à quel niveau d’invraisemblance et de n’importenawak on peut s’aventurer. Là, Martin Campbell, il a fait très fort… GREEN LANTERN c’est du brutal, du golmon, du qui pique les yeux et fait fondre les neurones des spectateurs les plus indulgents… Ce film est une immense purge clinquante! Bon, déjà ce Green Lantern, c’est un peu un super héros débilo avec sa lanterne magique qui le fait voyager dans l’espaaaace et sa bague qui fait apparaître des trucs de son cerveau… Et quand c’est joué par Ryan Reynold, c’est plus trop crédible! Le final dans le cosmos est un monument d’humour involontaire… Un beau nanar !

04.DRIVE, de Nicolas Winding Refn
Je vais encore me faire des amis là…
Auréolé d’une réputation de taré, DRIVE sera ma grande, mon immense déception de l’année… Nicolas Winding Refn nous jette à la gueule, dans ce remake mou du splendide DRIVER de Walter Hill, toutes les références ciné qui vont bien… Sam Peckinpah, Michael Mann, Jean-Pierre Melville, John Boorman, le ciné coréen contemporain, Max Pécas (ha nan, pas Max Pécas) le tout violement plongé dans une esthétique 80’s complètement toc et attrape-branchouille ! Malgré une fantastique scène d’ouverture, le film se perd dans l’auto contemplation et l’auto-satisfaction de son réal… Pinaise, quelle vacuité ! (t’en foutrai de la vacuité, ignare ! NDJP)

05.IMMORTALS, de Tarsem Singh
Dans mes délires cinéphiliques déviants, je n’avais jamais imaginé voir un film encore plus débile et laid que 300! Et ben c’est possible (tout est possible au cinéma). Voici donc IMMORTALS de Tarsem Singh… Ce film repousse méticuleusement les limites du bon goût et des facilités scénaristiques… Les Dieux ressemblent à des enjoliveurs de Mercedes tunées, les Titans sortent d’un zomblard italien de troisième zone, c’est joué avec les pieds et c’est plus prétentieux et plus encore plus golmon que le pathétique CLASH OF THE TITANS ! Impressionnant!

06.RED STATE, de Kevin Smith
Kevin Smith se met au thriller… Et il ne peut pas s’empêcher de mettre beaucoup de religion dedans… Et c’est précisément là qu’est le problème ! Dans cette description très brutale de l’assaut d’une secte de tarés de Jesus sainguinaires (les tarés, pas Jesus) par des agents fédéraux, Kevin Smith renvoie dos-à-dos les belligérants (faut le faire !) et va même jusqu’à faire de ces malades psychopathes les authentiques victimes… Bref, je trouve ce film dégueulasse… Kevin Smith a fait CLERKS (un chef d’œuvre). Mais depuis c’est le plongeon dans les tréfonds de la médiocrité…

07.LA PROIE, de Eric Valette
Albert Dupontel court. Albert court beaucoup. Albert court tout le temps. Albert court même avec 25 balles dans le corps. Albert court après le vilain psychopathe (aussi terrifiant qu’une amibe) qui a tué sa femme et volé son enfant. Alice Taglioni la fliquette court après Albert qui court après l’autre taré qui court après le magot d’Albert qui court après… Bref ! La comédie française de l’année, la voilà… C’est presque aussi drôle que LE VILAIN, sauf que c’est pas fait exprès… C’est con. (abruti ! – NDJP)

08.SUCKER PUNCH, de Zack Snyder
Zack Snyder s’amuse beaucoup avec son joujou à plusieurs zillions de dollars… On est content pour lui… Dans ce trip débile où des ados de 30 ans en uniforme d’écolières se frittent avec tout plein de monstres issus de l’imagerie geek contemporaine, on s’ennuie et on s’énerve quand même beaucoup. SUCKER PUNCH est une belle arnaque, une gigantesque coquille vide, un piège à geeks… Il ne reste absolument rien de ce déferlement de violence et de laideur…

09.THE WARD, de John Carpenter
Big John Carpenter est de retour… Et ça fait mal… Quelle tristesse de voir un tel géant signé un film aussi insipide, aussi éloigné de son univers… THE WARD est un rip off éhonté d’un film que je ne nommerai pas pour pas spoiler… Et ça c’est indigne d’un tel visionnaire… THE WARD est une histoire éculée de fantôme vindicatif qui tue des fifilles aussi mignonnes qu’inexpressives dans un asile de fous… La flamme a disparu bordel… RIP… (c’est moi qui vais te flammer, espèce d’apostat ! NDJP)

10.SUPER 8, de JJ Abrams
Le grand escroc du cinéma populaire US contemporain a encore frappé ! JJ Abrams se prend pour le Steven Spielberg du début des 80’s dans ce SUPER 8 dégoulinant de fausse nostalgie et de vrai cynisme… Si la chronique adolescente de la première partie est réussie, le film bascule dans la surenchère minable avec un accident de train interminable qui va libérer une bébête de l’espace super vénère… La suite est un catalogue de scènes pompées (très mal, mais alors très mal) sur Spielberg et sur Joe Dante qui n’avait rien demandé. Et le final dégoulinant de mièvrerie et de bêtise plonge SUPER 8 dans le nanar de compétition…

 

Voilà, je lui remets sa muselière et maintenant on remercie le Docteur pour avoir patiemment (et gracieusement) déversé sa bile : à vous de le congratuler ou de le concasser, yo les gars (j’ai voulu faire jeune, je ne sais pas ce qui m’a pris avec ce « yo », pardon…).

 

End of transmission…
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