24, le retour (critique des épisodes 9×01-9×02)

24, le retour (critique des épisodes 9×01-9×02)

Note de l'auteur

24 est une série impossible à écrire. Ou presque. Une des premières séries à high-concept. 24 n’est pas juste censée être un thriller haletant, elle doit aussi être feuilletonnante, durer 24 épisodes et se dérouler en temps réél. Une fois cela compris, ça aide à relativiser beaucoup de choses vues dans cette série. Sans considérer pour autant que les auteurs de 24 sont les meilleurs du monde (c’est loin d’être le cas), ce ne sont pas les pires non plus.

D’excellentes plumes sont passées par la CTU (Fury, Gordon), sans révolutionner pour autant la série. De la même façon que Jack Bauer est prisonnier de son statut de tortionnaire/martyr, 24 est prisonnière d’un format à la fois hyper excitant et trop réducteur. Vous l’entendrez souvent chez les dramaturges : pour booster la tension d’une scène, collez un compte-à-rebours. 24 c’est ça, tout le temps.

Kiefer-Sutherland-24-Live-Another-Day-Still

24 est un objet à la fois fascinant et débile, brillant et grotesque, emballant et stupide. Tout ça, ensemble, et porté par un acteur au-delà de tout reproches : Kiefer Sutherland. Dans les pires moments de sa série, il s’est toujours tenu droit comme un I, intense et investi. Jack Bauer, il ne l’a jamais vendu au rabais, s’est toujours comporté comme un pro. Un exemple quand certains (coucou Michael C. Hall) affichaient leur lassitude les années passant.

Jack est de retour, donc. Et si ce come-back est opportuniste sur bien des points, il n’est pas à proprement parler raté. Sur l’échelle de 24, il est même plutôt réussi.

Jack est donc à Londres, et se fait, dans les premières minutes de la série, choper par la CIA. Le temps d’une référence à peine déguisée à l’arrestation de Ben Laden (avec un très appuyé « We got him »), et on retrouve un Jack qui a vieilli, le corps recouvert de rides, mais toujours aussi intense et terrifiant. Jack est à Londres pour un chose : sauver le président des Etats-Unis, une vieille connaissance, James Heller. Souvenez-vous, c’est le papa d’Audrey, qui avait interdit à Jack de la revoir en fin de saison 6.

The Girl With The Skull Tattoo

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Et pour se faire il doit retrouver une vieille connaissance : Lisbeth Salander. Euh, pardon, non, désolé… Chloé O’Brian. Les cheveux noirs, fringues en cuir et eye-liner (tellement d’eye-liner), Chloé s’est transformée en Hack-tiviste. Clin d’œil à la populaire Millénium. Non. Non, vraiment pas. Ou si, mais juste un peu. Juste en surface.

Si on met de côté cette grossière tentative de surfer sur le succès des autres, le double-épisode qui ouvre cette neuvième saison spéciale est très bien fichu. Nerveux, sur la brèche. Un peu vieillot, un peu désuet, mais super-efficace. Un peu à l’image du personnage de Bauer. D’après Sutherland, c’est un one-shot. A la base, tout ce bazar devait être pour le grand écran. C’était le plan, continuer l’histoire sur la toile. Mais 24 avait certainement vieilli trop vite, perdu de son intérêt (et de sa crédibilité sur un format plus court avec Redemption).

Aujourd’hui, ce retour tronqué, un peu étrange, hors du territoire américain, ne manque pas de charme et d’intérêt. Sans la pression de fournir 24 épisodes et donc beaucoup de remplissage ou de retournements de situations stupides, peut-être que cette formule fonctionnera. 24 réduit à sa plus simple expression : du thriller, des fusillade, et un Jack sans pitié.

Ou alors dans trois épisodes on apprend qu’il y a un indic à la CIA et qu’il bosse avec le chief of staff d’Heller (joué par le lisse comme un cul Tate Donovan). C’est le risque. C’est le jeu. Mais après deux épisodes, Jack donne envie de tenter notre chance. C’est déjà beau.

24 : LIVE ANOTHER DAY, Episodes 1 et 2

Ecrits par Evan Katz & Manny Coto (épisode 1) et Robert Cochran & David Fury (épisode 2)

Réalisés par Jon Cassar

Avec : Kiefer Sutherland (Jack Bauer), Yvonne Strahovski (Kate Morgan), Tate Donovan (Mark Boudreau), Mary Lynn Rajskub (Chloe O’Brian), William Devane (President James Heller)

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