#25 – Le coin des mangavores !

#25 – Le coin des mangavores !

Comme nos journées ne font que 24 heures et qu’il m’en faudrait 45 pour pouvoir lire et critiquer toutes les sorties manga que nous proposent les différents éditeurs français, ce coin des mangavores vous permettra d’avoir une vue d’ensemble sur les dernières sorties parues et de ne rien louper de vos titres préférés. C’est parti, suivez le guide !

 

Ayanashi (T.1)

Le monde est envahi de monstres belliqueux, les Oni. Par conséquent, la population a été contrainte de se réfugier sous terre pour y vivre. Un beau jour, Shella et Torin, deux adolescents font la rencontre de Holo, un Ayanashi chargé de se battre contre les monstres de la surface. Voici donc le postulat de base du nouveau shōnen de l’éditeur Glénat. Aux commandes, Yukihiro Kajimoto, venu du jeu vidéo, mène bien sa barque avec un premier tome intéressant à défaut d’être très original. Il élabore un univers sombre peuplé d’humains en sursis vivant reclus dans de gigantesques cités souterraines. Le personnage de Holo est là aussi sans grande originalité mais parvient à gagner la sympathie du lecteur grâce à un véritable charisme. Sa quête pour retrouver l’assassin de son frère sent quant à elle également le réchauffé mais étonnamment, l’ensemble fonctionne assez bien. Là où Ayanashi réussit à sortir son épingle du jeu, c’est dans ses phases de combat puisque les Oni dégagent une obscurité qui enlève toute vitalité à quiconque la touche, rendant les scènes de baston d’autant plus complexes. Au final, ce premier tome parvient à déployer un récit tragique, plein de violence et de mystères, mettant en lumière la solitude de son héros animé par un sentiment de vengeance. Sans être vraiment convaincu, on reste tout de même curieux de voir ce que nous apportera la suite. Laissons-lui une chance… !

Ayanashi (T.1)
De Yukihiro Kajimoto
Édité par Glénat

 

Ken’en (T.1)

Le nouveau seinen de l’éditeur Doki-Doki nous plonge dans le Japon ancestral et millénaire, parmi les esprits et les moines bouddhistes. Le jeune Mashira est un kakuen, une créature légendaire mi-humaine, mi-singe voué à capturer de jeunes femmes humaines dans le but de perpétuer sa lignée. Pour se défendre, les villageois font appel à Hayate, un chasseur de démons qui, à la surprise générale s’avère être un beau chien blanc. Ne sachant pas qu’il est envoyé pour l’éliminer lui et les siens, Mashira adopte Hayate. Non seulement il va vite le découvrir mais qui plus est, le chien peut se transformer à loisir en humain. Bien que conflictuelle, leur relation va finalement évoluer pas à pas. Le duo d’auteurs Fuetsudo et Ichimura Hitoshi donne vie au dicton s’entendre « comme chien et singe », l’équivalent de « comme chien et chat » chez nous et jouent sur l’habituelle dynamique du binôme dysfonctionnel. Leur titre prend la forme d’une fable se déroulant dans l’univers de mononoke, ces créatures et autres fantômes du folklore japonais. Il se dégage de Ken’en, un esprit bon enfant et l’humour très présent n’y est pas étranger. Le dessin de Ichimura Hitoshi, déjà à l’œuvre sur les adaptations en manga de Tales of Symphonia et Breath of Fire IV, s’accorde à merveille avec l’univers fantastique et mystique de Ken’en. Cette première incursion est une réussite et donne vraiment envie de découvrir la suite.

Ken’en (T.1)
De Fuetsudo & Ichimura Hitoshi
Édité par Doki-Doki

 

Gunnm (T.9)

La saga cyberpunk fondatrice de Yukito Kishiro prend fin avec ce neuvième tome. L’affrontement entre Gally et Desty Nova se conclut de manière violente et prend une tournure aux accents métaphysiques, voire existentiels. La jeune héroïne découvre le secret des Zalemiens qui en a rendu fou plus d’un mais elle doit également se confronter aux immondes expériences du docteur Nova. Cela va être l’occasion pour elle d’exorciser ses démons et de faire face à d’anciennes connaissances. Cette conclusion est pour le moins barrée, n’hésitant pas à prendre son sujet à bras le corps dans un délire métaphysico-cybernétique rappelant les passages les plus barrés et cryptiques du Ghost in the Shell de Shirow. Gally parvient à s’émanciper de Zalem et fait enfin face à son destin dans un final qui en laissera plus d’un sur le carreau. Même si Kishiro revient sur le passé de son héroïne, il laisse quelques part d’ombres et des questions en suspens qu’il exploitera par la suite le décevant Last Order et l’étrange Mars Chronicle. À vrai dire, ce neuvième et dernier tome n’est clairement pas le meilleur de la série et ne parvient pas à clôturer parfaitement cette œuvre aussi culte qu’indispensable. Reste que Gunnm est et restera une référence ultime en la matière, non seulement au niveau de son récit et des questionnements qu’il apporte mais également d’un point de vue graphique. On ne peut que remercier l’éditeur Glénat pour cette excellente réédition qui nous aura permis de (re)découvrir ce chef-d’œuvre intemporel de la science-fiction, véritable modèle du genre. Encore une fois, merci !

Gunnm (T.9)
De Yukito Kishiro
Édité par Glénat

 

Le Couvent des damnées (T.5)

La jeune Ella et ses amies d’infortune n’ont pas fini d’être maltraitées par le monastère du Claustrum. Alors que leur première année dans cet enfer touche à sa fin, elles voient débarquer de nouvelles résidentes, mais elles n’en oublient pas pour autant leur objectif commun : s’évader à tout prix. Alors même qu’elles semblent avoir réussi à trouver un semblant de sérénité, voilà qu’Ella est nommée exécutrice des hautes œuvres du couvent. Un rôle abominable qu’elle accepte d’endosser afin de mettre à exécution leur plan d’évasion. Mais tout ne se déroule pas comme prévu et les pensionnaires vont devoir encore endurer mille souffrances, à commencer par la perte de l’une d’entre elles. Minoru Takeyoshi poursuit donc l’exploration de son récit aussi sombre que cruel, mettant en lumière les exactions de l’église catholique au XVIème siècle. La violence de son propos fait froid dans le dos et montre une facette très peu reluisante de la religion et de ce que l’être humain est prêt à faire au nom de Dieu. Dans ce cinquième tome, il passe la vitesse supérieure, apportant un certain nombre de réponses quant aux enjeux du récit ainsi que les objectifs du couvent. La dernière partie du tome est à ce titre très intéressante et lève le voile sur tout un pan de l’histoire. Les événements se précipitent et donnent furieusement envie de découvrir la suite. Avec Le Couvent des damnées, Glénat détient certainement l’un des titres les plus passionnants de son catalogue. Il est difficile à ce stade d’envisager quelle sera la conclusion du récit mais une chose paraît sure, cela se terminera dans les larmes et dans le sang. Bref, tout un programme. Vivement…

Le Couvent des damnées (T.5)
De Minoru Takeyoshi
Édité par Glénat

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