Trois choses à sauver dans… Star Wars – La Menace Fantôme

Trois choses à sauver dans… Star Wars – La Menace Fantôme

Trois choses à sauver dans… Star Wars – La Menace Fantôme !? Je vous entends déjà houspiller cette association. Je vous concède que le film introduit les personnages et le contexte politico-historico-mongolo-spirituel (pardon Dr No pour l’emprunt) ; qu’il met en place les relations entre les protagonistes et plante les graines pour la référente trilogie classique. Vous avez raison et j’en suis convaincu. Moi qui récitais par cœur les dialogues de la bande-annonce. Mais je dois avouer que La Menace Fantôme, en tant qu’œuvre cinématographique, est loin d’être l’immense film que j’attendais. Il fut une déception – mitigée – mais une déception tout de même. Le fan boy et le cinéphile cohabitant dans la même entité corporelle -la mienne- n’était pas en osmose complète (on s’engueulait, c’était chiant).

Alors oui, le fan boy et le cinéphile ont réussi à s’accorder sur trois choses à sauver dans Star Wars – Episode I – La Menace Fantôme. Trois choses qui m’auraient emmené dans un service psychiatrique, si elles n’avaient pas existé (on se serait engueulé pendant des années sur le sujet et ça aurait été super chiant).

 

La course de Podracers

George Lucas est un fan de courses automobiles et de vitesse. Il l’a prouvé dès son premier court-métrage de fin d’études 1:42.08 (1966) et dans THX 1138 (1971). Dans l’Episode I, il nous gratifie d’une séquence associant les deux, en poussant le vice jusqu’à augmenter la vitesse des véhicules à 950 km/h (l’avantage de faire un film de science-fiction). George s’amuse avec ses camarades d’Industrial Light and Magic et avec la participation indispensable de Ben Burtt, Sound Designer (et co-monteur par la même occasion). La course est captivante. Elle nous place d’emblée au cœur des évènements et de ses déchaînements métalliques. Grâce à des plans subjectifs ponctuels qui nous placent aux manettes de ces monstres tractés par deux réacteurs, nous filons entre les rocs de Tatooine, dans un tonnerre de bruits de moteurs, tous distinctement reconnaissables (le bruit du podracer de Sebulba étant mon préféré). Si nous ajoutons à ce cocktail la musique de John Williams, la course de modules restera une séquence-phare de La Menace Fantôme. Un moment d’action, de tension et de suspense.

 

Duel Of The Fates

Les duels aux sabres-laser (lightsaber) étaient sûrement la chose la plus attendue de cette nouvelle trilogie. Les Jedis étaient évidemment plus jeunes, plus expérimentés et plus agiles. Depuis le dernier combat entre Luke Skywalker et Darth Vader (attention Spoiler ! C’est son père) en fin du Retour du Jedi (1983), les fans du monde entier s’amusaient à croiser du néon vert, bleu ou rouge avec plus de vivacité que dans la trilogie classique. Autant dire qu’ils avaient intérêt à tout péter dans la nouvelle trilogie. Et on n’a pas été déçu.

Si le combat à trois reste dynamique, le duel Qui gon-jinn (Liam Neeson) contre Darth Maul (Ray Park) n’atteint pas nos rêves de confrontation. Jusqu’au final entre Obiwan Kenobi (Ewan McGregor) et Darth Maul. Là, les deux duellistes se donnent à fond et cognent avec une fluidité incroyable. Ils croisent les lames avec une évidence et une maîtrise qui nous prouvent enfin la grandeur de la chevalerie Jedi et la fourberie Sith. Et quelle excellente idée que cette double lame constituant le sabre de Darth Maul ! Elle permet toutes les audaces chorégraphiques au coordinateur des cascades, Nick Gillard, qui n’a pas boudé son plaisir, semble-t-il.

Je finirai sur le point fort de cette séquence. Qualité que nous ne retrouverons plus par la suite dans la prélogie. Un point capital qui nous permet d’apprécier la maîtrise, l’entraînement et la chorégraphie de ce combat : tout le duel a été filmé en plan large ou presque. Exceptionnel en ces temps de Shaky Cam et de plans Cut tous les quarts de seconde.

 

La bande originale de John Williams

Voilà bien le seul élément qui ne s’est pas éventé dans la saga Star Wars : sa musique. John Williams est fidèle à lui-même et nous livre une composition digne de ses plus grandes créations. Il offre à nos oreilles la même qualité qu’il a apportée à la première trilogie. Une constance jouissive. Les différents thèmes sont distincts et impeccables. John Williams se permet même de nous gratifier d’un thème dédié au film (Duel Of The Fates), qui aidera à sa promotion comme un single (avec son clip officiel) sorti de son album. Excepté que le reste de l’album est d’une qualité similaire. Grandiose. Sheppard nous en avait déjà entretenus dans sa série les meilleures BO des pires films – Star Wars : la menace fantôme de John Williams et je m’arrêterais donc là pour ne pas réécrire son article.

 

Alors oui, il y a certainement d’autres choses à sauver. Je pense au travail de Doug Chiang, qui a conçu le Naboo Fighter N-1, de toute beauté (excepté qu’il n’est qu’un X-Wing inversé). Je pense également et surtout au logo de la 20th Century Fox avec sa fanfare, juste avant le logo Lucasfilm Ltd., puis le texte bleu « Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine… » et enfin les cuivres perçants du thème de Star Wars. Sûrement mes plus grands frissons pour un film avant qu’il commence. Malheureusement, il faudra s’y faire. Maintenant que Lucasfilm Ltd. appartient à Disney, nous n’aurons plus cette suite de logo et les frissons qui vont avec.

C’était à sauver… c’est perdu.

Partager