Top : 40 ans de Residents

Top : 40 ans de Residents

Un des articles du père Sheppard pour lequel j’ai une affection particulière. Car même si je ne le connaissais pas personnellement, le fait de savoir qu’il aimait comme moi une bizarrerie telle que les Residents me laisse entendre qu’on aurait pu s’entendre.
Douglas MacDouglas

307632Il y a 40 ans, les maîtres du nawak musical, les ayatollahs du klonk, The Residents sortaient leur premier album Meet The Residents. Pastichant sans vergogne la couverture du premier Beatles sorti aux USA, Meet The Beatles!, le groupe et leur label légendaire Ralph Records, s’attirent les foudres d’EMI et de Capitol Records. 40 pauvres pékins l’achètent cette année là, pensant sans doute qu’ils s’agissaient des vrais Beatles, et le rendent presque immédiatement. Un album, 40 ventes, 40 retours, deux majors énervées, le mythe des Residents était en marche et n’a eu de cesse pendant ces 40 années de constamment rester à l’écart du show business pour pouvoir mieux y jeter un regard féroce et malin, et ainsi s’attirer d’une part les foudres de plus en plus de personnes mais aussi constituer un parterre de fans de plus en plus nombreux et fidèles.

Mais les Residents auraient sans doute disparu dans les limbes de la production discographique s’ils s’étaient contentés de n’être que des provocateurs. Même si leur musique peut en laisser plus d’un sur le carreau, il faut bien admettre que ces types sont aussi des génies de la communication. Clips vidéos incroyablement visionnaires, albums concepts, opéras rock, théâtre musicale, projets multimédia, les Residents ont été de toutes les innovations visuelles et musicales, et ce sans jamais se trahir une seule fois. Et puis il y évidemment le fameux globe oculaire. Idée visuelle aussi simple que géniale qui permit aux membres du groupe non seulement de rester anonyme, mais aussi d’asseoir l’identité du groupe de manière si définitive que se simple présence (voulue ou non) suffit à évoquer les noms des Residents.

Avant-gardistes dans l’âme, les Residents ont été à la musique moderne ce que Dali a été à l’art pictural : une référence que tout le monde connaît (même sans le savoir), dont tout le monde se réclame (à tort ou à raison), mais qui reste absolument unique dans l’histoire de la musique. Dans quelque temps, le groupe devrait enfin sortir Theory of Obscurity, un film sensé revenir sur leur 40 ans de carrière. En attendant, il fallait que le Daily Mars leur rende un modeste hommage en vous présentant un top 5 de leurs meilleurs albums, afin que vous puissiez découvrir (ou re-découvrir) ce groupe aussi essentiel que monstrueux.

 

the-residents-animal-lovers5 – Animal Lover (2005)

Premier album du groupe sorti sur le prestigieux label Mute, Animal Lover est un portrait de la condition humaine vue par les animaux. Si Animal Lover est un album inhabituel chez les Residents, c’est sans doute parce qu’il contient parmi les morceaux les plus tristes que le groupe ait composé, et parmi elle What Have My Chickens Done Now, est sans doute la plus poignante. Elle raconte l’histoire d’une vieille dame martyrisée par d’odieuses petites filles.

 

 

 

 

 

The Tune of the Two Cities4 – The Tune of the Two Cities (1982)

Sorti en en 1982, The Tune of the Two Cities est la seconde partie de la Mole Trilogy commencée un an plutôt avec Mark of the Mole. Mais plutôt que de raconter la suite de la bataille entre les Mole et les Chubs, les Residents choisissent de s’attarder sur les différences musicales entre les deux peuples. Ainsi, si la musique Chubs est principalement définie par son ambiance jazzy, celle des Mole est nettement plus industrielle. Le morceau Smack Your Lips (Clap Your Teeth) est peut-être le morceau le plus représentatif du disque (avec un autre, mais je le garde pour la fin). A noter que The Tune of the Two Cities est l’un des premiers albums à avoir été réalisé avec le fameux sampleur Emulator, qui deviendra quelques années plus tard le sampleur de référence de l’ensemble de la scène musicale.

 

 

 

 

Whatever Happened to Vileness Fats3 – Whatever Happened to Vileness Fats (1972 – 1984)

Dès 1972, les Residents se lancent dans la confection d’un film musical, véritable manifeste visuel de leur identité culturelle, qu’ils mettront 4 ans à terminer. Whatever Happened to the Vileness Fats ne fut jamais terminé et une version de 30 minutes fut éditée en 1984 avec l’album du même nom. Je ne résiste pas à la tentation de vous montrer cette vidéo. Même si sa qualité est un peu médiocre, elle permet néanmoins de se rendre compte de l’incroyable force visionnaire du groupe.

 

 

 

 

the-residents-commercial-album2 – The Commercial Album (1980)

Probablement l’album au concept le plus chtarbé de l’histoire de la musique, amis qui en dit aussi long sur la vision que portait les Residents sur le musique populaire. The Commercial Album part du principe que tous les tubes que l’on entend à la radio durent environs 3 minutes (nous sommes en 1980) et sont en fait structurés d’une seule et même partie d’1 minute, répétée 3 fois. Avouez que même encore aujourd’hui, on n’est parfois pas loin de la vérité. Afin de faire gagner du temps à leurs auditeurs, les Residents proposent donc 40 titres d’une minute et le truc complètement dingue, c’est que tous les titres sont des perles. The Commercial Album reste à ce jour et assez ironiquement, l’un des album le plus connu des Residents et l’un de ceux qui a le mieux marché. Pour illustrés cet album, Les Residents confectionnèrent 4 vidéos rassemblées sous le titre One-Minute Movies, faisant preuve une fois de plus d’un incroyable génie visuel qui allait influencer la plupart des créateurs et designers de la décennie.

 

 

 

the residents pal TV LP1 – Pal TV LP (1985)

Officiellement, ce n’est pas vraiment un album mais plutôt une sorte de drôle de compil éditée afin de promouvoir la sortie en vidéo du Mole Show d’une part, avec des extraits du Live In Holland de 1983 sur la Face A; et de Whatever Happened to the Vileness Fats de l’autre, avec des extraits de l’album en Face B. Aussi bizarre que cela puisse paraître, c’est par ce vinyle que votre serviteur découvrit l’incroyable univers musical des Residents. Si je fus au début quelque peu désarçonné par la joyeuse dissonance et l’aspect foutraque de certains morceaux, il en est un qui m’a immédiatement collé une baffe et qui à ce jour reste mon morceau favori du groupe. Happy Home est devenu pour moi l’hymne coldwave absolu, à la fois sombre et totalement déglingué ce morceau résume parfaitement ce que fut pour moi les années 80.

 

 

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