5 séries qu’on ne finira jamais

5 séries qu’on ne finira jamais

On était à fond, on voulait les regarder. Et puis l’intérêt s’est évanoui, la lassitude s’est installée. Les critiques nous ont parfois conforté, moins souvent elles nous ont donné envie de remettre le couvert. Non, ces séries-là, avec la meilleure des volontés, on ne les finira jamais. Parce qu’il y a suffisamment de bonnes choses à la télé pour ne pas s’infliger un truc qu’on ne supporte plus. Témoignages.

 

Heroes

4 saisons (2006-2010)

Par Dominique Montay

"We could be heroes... just for one season"

« We could be heroes… just for one season »

Précédemment, dans Heroes… je ne me souviens même plus. C’était aux alentours de la saison 2, il me semble. Avec badass Pannetiere. La rupture s’était matérialisée en fin de saison 1 quand Tim Kring, en plus d’avoir prouvé qu’il n’y connaissait rien en comic books, avoua à la face du monde qu’il ne s’y connaissait pas plus en climax épique.

Pfuitttt : ce n’était pas juste le bruit d’un pet d’écureuil au milieu de la forêt, c’était aussi le son produit par le finale de la saison 1 d’Heroes. On avait beau m’avoir agité les drapeaux à ce moment-là, j’ai quand même continué avec la dramatique saison 2, qui reproduisait la prémisse de la une : “Il faut éviter l’Apocalypse” ! Encore !

C’était long, lourd et chiant. Et assez grotesque. L’imminence d’une saison de plus se faisait moins séduisante. Alors j’ai attendu pour la saison 3. Tim Kring avait annoncé lui-même reconnaître ses erreurs sur la saison 2, était désireux de se rattraper… Les critiques, loin d’être positives ont fini de me convaincre de repousser son visionnage, et ne parlons pas de la saison 4…

Du coup, Heroes reste à ce jour une de ces séries dont je ne verrai certainement jamais la fin. Et Tim Kring reste un auteur que je fuis dorénavant comme la peste. Et ce n’est pas la perspective d’un limited-series revival reboot machin-chose qui va réveiller mon intérêt dans les mésaventures d’une bande de péquenauds avec des pouvoirs aussi fabuleux que celui de Nikki (ne pas savoir jouer deux rôles différents), de Hiro (la constipation et l’accumulation de clichés sur les Japonais), de Mohinder (celui d’endormir avec sa voix-off alors qu’il tente lamentablement d’avoir l’aplomb de Morgan Freeman), ou de Peter Petrelli (Le Bob l’Eponge humain).

 

Les séries de Showtime (oui oui : toutes)

Dexter, Nurse Jackie, Weeds…

Par Nicolas Robert

The Showtime must go on... sans Nicolas Robert

The Showtime must go on… sans Nicolas Robert

J’ai longtemps réfléchi avant d’apporter ma contribution à ce top. D’abord parce que le cas évident (Heroes) était déjà pris. Ensuite parce que je suis sempiternellement en retard sur plein de séries et que j’ai beaucoup de mal à me dire “Non, mais là, c’est bon : je lâche l’affaire définitivement”. Même quand je me dis que je ne regarderai pas la suite de certaines séries (The Newsroom, en l’occurence), je ne peux pas affirmer que je ne changerai pas d’avis après la diffusion (ben oui : Aaron Sorkin, tout de même).

Et c’est là que je l’ai vu. Pas la lumière au bout du tunnel, ça, non. Plutôt l’inverse. Je me suis aperçu que je n’ai JAMAIS fini une série diffusée sur Showtime. Ce n’est pas le cas de Dexter, pas plus que ce n’est celui de Weeds ou de Nurse Jackie (même si ce n’est pas encore fini). Ce ne sera certainement pas celui de Ray Donovan ou Homeland. C’est troublant, tout de même, cette capacité à produire des séries originales qui débutent pied au plancher avant de caler comme une Fiat Panda en rase campagne… C’est surtout très fréquent. Beaucoup trop fréquent. Et assez symptomatique d’une ligne éditoriale qui me parle peu (je préfère largement FX, même si ce sont des chaînes qui évoluent dans des contextes très différents).

Ce n’est pas faute d’avoir beaucoup aimé certaines d’entre elles au début (Dexter). Ce n’est pas faute non plus de se dire qu’un jour, j’y reviendrai. Mais à tout prendre, je préfère me concentrer sur deux séries qui pourraient briser le signe Indien. D’un côté, Masters of Sex (qui ne fait que débuter cependant, méfiance), de l’autre Shameless, avec William H. Macy, la merveilleuse Emmy Rossum et John Wells à la production. Là, on tient peut-être quelque chose.

Nip/Tuck

6 saisons (2003-2010)

Par Dominique Montay

"Tell me what you don't like about yourself. J'ai la rate qui s'dilate. J'ai le foie qu'est pas droit. J'ai le ventre qui se rentre. J'ai l'pylore qui s'colore. J'ai l'gésier anémié. L'estomac bien trop bas. Et les côtes bien trop hautes. J'ai les hanches qui s'démanchent. L'épigastre qui s'encastre. L'abdomen qui s'démène. J'ai l'thorax qui s'désaxe. La poitrine qui s'débine. Les épaules qui se frôlent. J'ai les reins bien trop fins. Les boyaux bien trop gros. J'ai l'sternum qui s'dégomme. Et l'sacrum c'est tout comme. J'ai l'nombril tout en vrille. Et l'coccyx qui s'dévisse. "

« Tell me what you don’t like about yourself.
– J’ai la rate qui s’dilate. J’ai le foie qu’est pas droit. J’ai le ventre qui se rentre. J’ai l’pylore qui s’colore. J’ai l’gésier anémié. L’estomac bien trop bas. Et les côtes bien trop hautes. J’ai les hanches qui s’démanchent. L’épigastre qui s’encastre. L’abdomen qui s’démène. J’ai l’thorax qui s’désaxe. La poitrine qui s’débine. Les épaules qui se frôlent. J’ai les reins bien trop fins. Les boyaux bien trop gros. J’ai l’sternum qui s’dégomme. Et l’sacrum c’est tout comme. J’ai l’nombril tout en vrille. Et l’coccyx qui s’dévisse. »

Quand je pense que fut un temps, Nip/Tuck était mon plaisir de fin de semaine. Cette série qu’on garde de côté pour clore le temps du travail et entrer dans le temps du repos. La série-friandise, pas assez mauvaise pour devenir un guilty pleasure, pas assez brillante pour se sentir largué (c’est vendredi soir, on est fatigués).

La saison 1 était assez bien fichue. Elle posait bien les personnages, possédait un bon lot de scènes mémorables… la 2, avec la magnétique Famke Janssen semblait élever le niveau d’une série manquant totalement (il faut le reconnaître) de finesse (Ryan Murphy, cet éléphant dans un magasin de porcelaine…). Et donc, il y eut ce moment où tout a basculé.

Rappel des faits, il y avait un tueur, le Carver. C’était le méchant de la saison 2, qui faisait rien qu’à défigurer les gens qui allaient chez McNamara et Troy (le méchant !) et tuer des gens. “Beauty is a curse on the world”, qu’y disait. Le Carver, en fin de saison 2, il vient chez Christian Troy, il brandit son scalpel. Et là on crie : “Ohlala, il va tuer, ou pire, abîmer son beau visage de playboy !”. Et là, pouf, il le [CENSURE]. Début de saison 3, McNamara parle à l’enterrement de Troy, mais c’était un cauchemar… puis il y eut les coucheries de plus en plus improbables, un troisième partenaire pas du tout suspicieux, un homme sans stouquette, JR qui change de couilles, et…

Et la fatigue, l’épuisement. En une saison, la série était passée du plaisir simple au plaisir coupable pour finir en corvée. Il me reste 2 saisons et demi de Nip-Tuck à voir. On en restera là.

 

Lost

6 saisons (2004-2010)

par Julia Lagrée

Sur la plage abandonnée... par Julia Lagrée

Sur la plage abandonnée… par Julia Lagrée

Maintenant, Lost est une série encensée, décortiquée, adulée des fans jusqu’au bout de ses chiffres. Mais souvenez-vous de la saison 2, ces horribles intrigues qui tournaient en rond, cette île avec des ours polaires et Michelle Rodriguez sans voiture tunée… Et cet horrible début de saison 3 avec la captivité de Kate, Jack et Sawyer chez les autres… bonjour le triangle amoureux de l’ennui !

Dans ce contexte, le décrochage était facile. Et oui, bien sûr, la décision de donner une date de fin à la série a, paraît-il, sauvé la narration, mais manque de pot, c’était déjà trop tard pour moi. Je n’ai pas réussi à rattraper le train en marche, malgré tous les flashforwards du monde.

Et le fait que je me sois fait spoiler la fin de la série de 75 manières différentes, n’aide pas à avoir envie de recommencer. Si la perspective la plus réjouissante de ce visionnage et de pouvoir participer à un débat aussi passionnant que “Elle a du sens, cette fin ou pas”, je passe mon tour et vais directement au purgatoire des séries.

 

How I Met Your Mother

9 saisons (2005-2014)

Par Dominique Montay

Et pourtant... que Cobie Smulders est belle...

T’es cool, t’es bathroom, t’es out.

Dans la série » plus j’en entends, moins je risque d’y revenir… » il n’y a pas que celle-là (Awkward et sa baisse de qualité, suivie de l’éviction du showrunner, Battlestar Galactica et son “They have a plan but Ron doesn’t know what it is either”… et tant d’autres) mais le bruit qui entoure une série est parfois assourdissant.

How I Met Your Mother, après avoir été une sitcom bousculant le train-train d’un format ultra-balisé serait donc, à écouter la majorité des suiveurs de la série, au mieux pas drôle, au pire révoltante. HIMYM (1), sur ses deux premières saisons, empruntait le chemin de Coupling (la version UK), jouant avec la temporalité, les ellipses, les retours arrière, le tout dans un seul but : faire rire.

Mais voilà, arrivé un jour, au bout du 6e ou 7e épisode regardé qui ne m’a arraché aucun début de rictus, j’ai dit : “Stop ! la vie est trop courte ! Je devrais sortir, voir des gens, aller au parc, faire du sport, mais pas regarder ça (2)”. Parfois quand on quitte une série, quelqu’un vous chope par le col en vous disant : “Mais la saison 5 est super, vas-y, reprends ! (3)”

Sauf que là, non. Les réactions envers la série me semblent de plus en plus négatives et violentes. Pire que tout : je ne me souviens absolument plus à quelle saison j’en suis. Impossible de me souvenir de quelle storylines il s’agissait… rien. Vide sidéral. Je ne rencontrerai jamais la mère. Et si Greta Gerwig n’avait pas été castée dedans (je suis faible), je n’aurais certainement jamais été tenté de regarder How I Met Your Dad.

(1) : Un acronyme qui me fait invariablement penser à une MST, allez savoir pourquoi.

(2) : Au final, je pense que je me suis contenté de regarder un DVD de Seinfeld.

(3) : Avec une mauvaise haleine, en postillonnant, du coup on se sent obligé de dire « OK, d’accord » juste pour stopper la conversation.

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