54e Festival de Monte-Carlo : Bruckheimer, « CSI : Langue de bois »

54e Festival de Monte-Carlo : Bruckheimer, « CSI : Langue de bois »

Au centre d’une conférence de presse lundi, le producteur vedette de cinéma et de télévision a montré que s’il fait partie de ceux qui façonnent une large part de l’imaginaire moderne, il est aussi un redoutable communiquant. Et quand il a décidé de ne pas trop en dire, c’est dur de le faire changer d’avis.

A Monte-Carlo, on aura finalement eu deux Jerry Bruckheimer pour le prix d’un. Le premier, lauréat d’une nymphe d’honneur lors de la cérémonie d’ouverture, était plutôt touchant. Livrant en peu de mots une certaine conception du métier de producteur, il a expliqué que son travail s’inscrit dans une logique collective mais s’appuie aussi et surtout sur une indéfectible détermination.

Le second Jerry faisait face à la presse ce lundi matin. Un homme qui préfère là encore les réponses courtes… mais ne laisse pas vraiment entrevoir ce qui a fait de lui un acteur incontournable du show business. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir eu des questions de l’assistance.

Jerry Bruckheimer, un lundi au soleil : c'est quelque chose que l'on à Monte-Carlo. (Photo Isabelle Ratane)

Jerry Bruckheimer, un lundi au soleil : c’est quelque chose que l’on a à Monte-Carlo. (Photo Isabelle Ratane)

Soyons clairs : il ne s’agit pas de reprocher au monsieur d’avoir recours à une technique vieille comme le monde (la langue de bois) comme s’il était le seul à le faire. Ca a toujours existé et ça existera toujours. Mais bon… on aurait espéré (et on aurait aimé) retrouver le Jerry Bruckheimer de samedi dernier à cette rencontre. Pour qu’il aille plus loin, et que l’on comprenne (un peu) mieux un homme qui produit des centaines et des centaines d’heures de divertissement chaque année.

Pour ça, pas besoin de dire très, très précisément ce que l’on fait (chiffres et études à l’appui). Il suffit juste de dire qui l’on est. Qui l’on est vraiment. Mais non : ce ne sera pas ce coup-ci.

On regrettera donc que lorsqu’on l’interroge sur les clefs de son succès, il réponde « Je n’ai pas de recette particulière : j’essaie juste de faire des choses que j’aimerais voir ». Sans aller plus avant. Un paradoxe quand on explique, un peu plus tard, qu’en matière de films et de cinéma, « tout a changé depuis le début des années 80, tout est plus cher et la compétition est désormais plus dur ».

On déplorera aussi que quand on l’interroge sur la saison 15 de CSI : Las Vegas, plus exactement quand on lui demande s’il y aura des nouveautés ou si le show continuera d’explorer les recettes qui ont fait son succès, il répond « ce sera un peu des deux, en fait ». Sans aller franchement plus loin. Pareil pour celles et ceux qui ont voulu en savoir plus sur sa perception de l’univers cinématographique.

Peut-être que l’exercice de la conférence de presse, collectif par essence, ne se prêtait pas à ce genre d’approfondissement. Il n’empêche : c’était frustrant de parler avec ce Jerry du lundi. Surtout, encore une fois, quand on pense à celui de l’avant-veille.

Si, d’un point de vue tendances, Jerry Bruckheimer dit qu’il ne sait pas « ce qui marchera demain », il estime cependant que le développement des réseaux sociaux ou l’émergence de nouveaux dispositifs de diffusion de type Netflix « marquent le début d’une nouvelle ère en terme de créativité et dans la façon de raconter des histoires ».

Dieu merci, la discussion autour de CSI : Cyber fut un poil plus riche. Expliquant que  « le monde a énormément changé », il a précisé qu’il y a aujourd’hui « de nouvelles façons de commettre des crimes ». Cela se voit notamment dans la façon dont « ils commencent et comment ils se terminent. Le DarkNet, c’est quelque chose qu’on suivait depuis un moment, et il y a beaucoup de choses à dire : on est content de pouvoir s’essayer à ce nouveau genre de crimes. Chaque fois qu’on ouvre un journal, on voit un crime qui a démarré sur le net ».

Oui : il y aura beaucoup à dire. Mais une autre fois, sans doute. On ne vous le cache pas : on trouve ça un peu dommage.

Partager