A Vue de PIFFF #2

A Vue de PIFFF #2

Luttant contre l’irrépressible envie de partager un verre ou deux de Beaujolais avec nos hôtesses, la toujours très sympathique équipe de l’agence MIAM, au Madeleine Bastille Café, votre serviteur, un poil échaudé par la projection de la veille, décide de braver l’insoutenable chaleur de la salle 2 du grand Rex pour donner sa chance au deuxième film français de la compétition : Evolution. « Une fable science-fictionnelle – s’il fallait lui coller une étiquette – inquiétante et tripale, qui bivouaque de l’organique au poétique avec un souci toujours absolu de l’immersion » selon les organisateurs. Traduction : vous n’allez pas tout comprendre mais c’est beau.

En effet, c’est beau. Lucile Hadzihalilovic, la réalisatrice, maîtrise son sujet, et son directeur photo, Manuel Dacosse, aussi aux manettes des films d’Hélène Cattet et Bruno Forzani (Amer, L’Étrange Couleur des larmes de ton corps) est très doué. Mais au-delà de cette maîtrise technique et visuelle, le film laisse froid. Son premier quart d’heure fait craindre les pires heures du cinéma auteurisant à la française, contemplatif avec trois lignes de dialogue (cf https://youtu.be/5Iba0az8Btc ), puis semble enfin rentrer dans le vif du sujet mais de manière lente et clinique, imposant une distance inadaptée à l’immersion du spectateur… L’aspect fantastique (le genre) est très largement sous-exploité, donnant une impression amère d’alibi au tournage de ce film. Impression confirmée lors de la séance de Question/Réponse avec la réalisatrice. Entre Blind Sun et Evolution, la sélection française du PIFFF, cette année, prend un virage « arty » assez loin du fantastique et surtout loin de ce qu’est (était ?) le PIFFF jusqu’ici.

virgins

Fort heureusement, il y eut la séance de 22 heures pour retourner aux basiques : la désormais traditionnelle séance japonaise spéciale petite culotte. Et c’est Sono Sion qui s’y colle cette année, avec The Virgin Psychics, une adaptation du manga All Esper Dayo! de Kiminori Wakasugi. Humour sous la ceinture, lycéens obsédés et jeunes femmes provocatrices en sous-vêtements sont au programme de ce film un poil longuet et complètement barré. À prendre avec plaisir au 28ème degré.

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