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Aden Young (Rectify) : « Je ne sais pas si je serais capable de jouer Daniel très longtemps »

Aden Young (Rectify) : « Je ne sais pas si je serais capable de jouer Daniel très longtemps »

Scroll down for the english version of the transcript.

En cette troisième journée du Festival de télévision de Monte-Carlo, nous avons la chance monumentale de voir, pas une fois, mais deux, l’acteur principal de la série Rectify, dont vous pouvez lire la critique dans ces pages. Une fois en table-ronde, une fois en tête à tête avec notre reporter Julia Lagrée. Du coup, voici la double-interview in-extenso d’un bon acteur qui a clairement beaucoup de choses à dire sur son rôle.

Quand vous avez lu le scénario, vous vous êtes senti obligé de jouer Daniel?

Pas quand je l’ai lu pour la première fois. C’était une œuvre de grande qualité, mais j’avais des projets en développement. Et je me disais que je n’avais pas envie de me lancer dans une série qui allait durer 7 ans. Une amie à moi, directrice de casting, en Australie, qui m’a dit qu’il fallait que je le fasse. Elle m’a envoyé l’épisode 2, je l’ai lu et je suis devenu obsédé par cette histoire. Il fallait que je joue ce personnage. Parfois, vous lisez un scénario, vous voyez un potentiel. Avec Rectify, le potentiel était déjà réalisé. Et on ne devait plus apporter grand chose. Cette histoire est comme une maladie, on ne peut se protéger du virus.

Vous ne trouvez pas bizarre que la plupart des gens se focalisent sur la peine de mort alors que la série ne débat pas sur la question ?

Je pense que le thème de la série, c’est la seconde chance. Il y a quelques années, j’ai écrit une histoire sur un homme prostitué? Je voulais interpréter ce personnage parce que j’étais intrigué par le fait qu’on puisse être maltraité toute sa vie. Quand l’amour vous est autant étranger que de la poussière d’étoile. Ensuite, il devait être forcé de changer d’identité, à cause d’un programme de protection des témoins et mettre de côté son ancienne vie. J’étais intéressé par cette histoire car une nuit, j’ai été réveillé par deux drogués qui se battaient devant chez moi. J’allais leur crier dessus de la fermer, mais l’un d’entre eux a dit « notre mère, si elle était là… » et j’ai réalisé qu’ils étaient frère et sœur. Et j’ai pensé à leur chemin. Toujours proches l’un de l’autre malgré les abus de la société, malgré l’héroïne. Et j’ai réalisé que je n’arrivais pas à percevoir leur humanité. Je les avais jugés. Et j’avais besoin d’adresser ça en créant ce personnage, plus bas que tout, qui se vendait pour de la drogue et un peu d’argent. Mais quand on lui donne la possibilité de changer, il la saisit. Et pour la première fois, il peut toucher cette « poussière d’étoile », sous forme d’amour, de compassion. Comme quand on se coupe la circulation dans une jambe. Quand elle revient, on sent des picotements, et on ne veut pas bouger de peur que ça soit plus douloureux. Quand Daniel est arrivé, ça m’a coupé de cette histoire, parce que c’était si similaire.

Etiez-vous inspiré par le jeu de Ray McKinnon ? Ou est-ce que c’est juste le fait qu’il ait écrit le personnage ?

Etant auteur moi-même, on écrit sur ce qu’on comprend, ce que vos expériences vous ont apportées. Même si vous cherchez à échapper à ça dans les personnages que vous créez, vous laissez toujours des traces et des fragments de vous-même. Parce que c’est le seul moyen de comprendre la part de vérité d’une fiction. Il y a du Ray dans Daniel. Au début il voulait qu’un ami à lui, Walton Goggins, joue le rôle. Mais le temps que la série soit lancée, Walton était sur un autre projet. Ray est parti à la recherche d’un nouveau Daniel. C’est comme ça qu’il m’a trouvé. Je ne sais pas si c’était à la dernière minute. Ray m’a dit qu’il devait lancer le tournage sinon… quelque soit la raison, j’ai été casté. Peut-être parce qu’il voyait en moi une part de lui. Et j’ai vu la ressemblance entre Daniel et Ray immédiatement, du coup je ne pouvais pas ne pas laisser des parts de Ray dans ce personnage.

Ray McKinnon

Y’avait-il de vous aussi dans Daniel ?

C’est un effort collaboratif. Je serai toujours reconnaissant envers Ray d’avoir permi que sa scène soit un lui de construction et d’évolution. Parfois, quand certains se retrouvent réalisateur ou bien showrunner, ils s’agrippent à la fonction, ne laissent pas de place à l’évolution, et nient la nature organique du processus créatif. Tout ça parce qu’ils ont peur que ça leur échappe alors qu’ils se sont battus pour ça. Ray s’est rendu compte que s’il voulait que je me sente proche de Daniel, il fallait qu’il me laisse créer un peu. Peut-être qu’il est juste généreux, peut-être que j’avais des bonnes idées ! C’était une collaboration comme je n’en avais jamais connue auparavant. C’est très rare. Parfois il me disait « si tu penses qu’il faut le faire comme ça, restructurons ! ». Vous avez juste envie d’apporter de la vérité. Parfois, on tournait en deux prises, parfois je disais « faisons-en une autre, pour moi, parce que je pense qu’il y a quelque chose de plus à fouiller ». Parfois vous vous plantez, parce que vous êtes mu par votre enthousiasme, mais vous vous heurtez à vos limites. Ray nous a offert une zone de jeu basée sur la confiance. Ça se devait d’être réciproque.
En tant qu’acteur, vous espérez que vous êtes capable de partager le fait qu’il s’agit d’un effort collaboratif. Si vous ne parlez que de vous, vous êtes un idiot. Parce qu’il y a quelqu’un qui fait la lumière, il y a un réalisateur, il y a des gens qui s’occupent du marketing…

Vous aviez assez de budget pour faire plusieurs prises, sur Sundance ?

(rires) On ne quittait le plateau que quand on estimait qu’on avait la prise juste. Je ne me suis jamais demandé si on avait trouvé le ton ou pas dans une scène. A chaque fois on se disait que c’était bon. Dans l’épisode 5, il y a une scène éprouvante où je viens juste d’être baptisé, et je dis à Tawny que je veux l’embrasser. J’y suis allé avec des tics d’acteur, et j’ai mis 45 minutes à m’en débarrasser. J’y suis allé à l’égo au lieu de chercher la vérité de la scène. C’était dur. Mais ils m’ont dit qu’on ne quitterait pas le plateau tant que la scène soit bonne. C’est ce que je voulais, bien sûr. Parce qu’à la première prise, c’était bon à jeter.

Ce que votre personnage fait, en sortant de prison, est très différent de ce qu’on voit d’habitude.

D’habitude il sort, va boire une bière, se tape une prostituée, et casse la figure d’un type qui l’a envoyé en prison. Invariablement. Mais pour moi ça n’est pas crédible. Dans Rectify, Ray était intéressé par le fait de parler d’un enfant qui rentre dans le système pénal (Daniel entre en prison à 17 ans – NDLR). Et vous prenez une nuit d’horreur, vous lui faite la contempler pendant 20 ans, 24 heures par jour pendant lesquelles vous revivez chaque détail de cette relation, qui a mené à cette nuit. Que Daniel soit coupable ou pas, il porte avec lui une culpabilité, celle de l’avoir invitée ce soir-là au bord de la rivière. Il se sent responsable de sa destruction.

Comment vous êtes-vous préparé pour le rôle ?

Le temps de préparation a été très court. Je n’ai pas pu m’immerger, rencontrer des personnes qui sont restés en prison aussi longtemps. Du coup, je me suis raccroché à ce que je connaissais. La notion de perte, de peur. Des sensations qu’on connaît tous et que j’ai essayé de sculpter pour coller à ce que vit le personnage. Ray nous disait que la série parlait de reconnecter à sa propre humanité, à sa famille après qu’on l’ait coupée de nous. Le seul lien qu’il avait pendant son incarcération, c’est son ami prisonnier. Mais c’était une relation dont il connaissait la fin pour les deux : la tombe. Il ne voulait pas que sa famille souffre et subisse de poids de son départ. Le plus dur à jouer, c’est que la douleur de Daniel n’était pas propre au personnage, elle était partagée. Imaginez sa mère, qui se fait à l’idée de la mort de son fils. Comment gérer le fait qu’il revienne ? Ou quand on est un homme qui a reprit une affaire, et qu’on voit revenir un jeune garçon qui pourrait tout foutre en l’air ? Quand vous rentrez dans cette maison, au sein de cette famille, vous voyez de la douleur partout. C’était dur. On a envie d’arrêter de pleurer et que tout le monde s’entende.

Pourquoi Daniel ne cherche pas à se venger ?

Daniel est impuissant, quelque part. Il ne comprend pas les signaux en face de lui. Quand j’étais jeune, j’avais emmené un Iranien de l’aéroport et il a fondu en larmes. Il a dit « vous avez des paneaux de signalisation qui vous avertisse que vous risquez de croiser un troupeau. Je n’arrive pas à croire que votre gouvernement prenne autant soin de vous. » Il était comme Daniel qui, à son retour, est incapable de classifier les émotions des autres. Daniel est devenu paralisé par son incapacité à communiquer. On s’en rend compte lors de son face-à-face avec Ted. Il lui dit « j’ai entendu dire que dans le couloir de la mort vous avez des visites conjugales ». Et Daniel se dit qu’il va le faire taire pour toujours. A mesure qu’il lui fait mal avec sa réponse, essayant de canaliser sa rage, ça fait remonter des souvenirs enfouis. Et ça grossit, et il se rend compte du monstre que la prison a fait de lui, ou qu’Hanna a vu le soir de sa mort.

Vous pensez qu’il faut qu’on sache vite si Daniel est coupable, ou au contraire le plus tard possible.

Je ne sais pas si ce problème est le choeur de la série. C’est plus une série sur l’apprentissage d’une nouvelle vie. Sur le pardon, l’absence de pardon, l’affirmation de ses croyances, l’ignorance des émotions. Je ne sais pas comment la série va évoluer. Je pense qu’on va reparler de la question de la libération de Daniel. Peut-être qu’on saura la vérité dans le premier épisode de la saison 2, peut-être dans le dernier, peut-être jamais. Les séries à grands mystères sont souvent artificiels, et je n’aimerais pas que Rectify crée ce genre de frustration chez les téléspectateurs.

Pourriez vous jouer Daniel pendant une longue durée ?

Je sais que Ray a écrit beaucoup de choses pour Daniel, les habitants de la ville… ce qui sera intéressant à suivre. Mais je ne sais pas si je serais capable de jouer Daniel très longtemps. J’aimerais le croire, mais c’est terrifiant. Retourner là-bas… parce que Daniel porte le poids du rejet de la société. Certaines personnes se sentent proches de ça, en décalage avec cette grande machinerie. D’autres détestent la série, la trouve trop lente, voudraient la passer en avance rapide. Ce n’est pas une série pour tout le monde. J’espère que Rectify aidera à faire comprendre que les histoires personnelles, intimes, sont plus touchantes et proches de nous que ce que la télévision nous offre habituellement.

Que pensez-vous de la télé australienne ? Des séries comme Redfern Now, Please Like Me…?

On a été catégorisés comme le pays des séries sur la plage et les libéraux dans les banlieues. On a une culture assez jeune. Ce qui est génial avec la télévision australienne, à l’inverse des films, c’est qu’il y a des gens qui s’y intéressent aux histoires. Au cinéma, tout le monde veut des comédies, rien de sérieux. On pourrait faire revenir Hugh Jackman et Toni Colette dans un drame, personne n’irait le voir. Une fois je suis allé dans un vidéo-club, et j’étais dévasté d’entendre le vendeur dire « c’est un film australien, repose-le ». J’espère que ça changera.

Propos recueillis par Julia Lagrée au Festival de la Télévision de Monte-Carlo

Transcript et traduction : Dominique Montay

 

When you read the script, did you feel it like a necessity to play Daniel ?

Originally when I read the script I didn’t. It was of great quality, but there was some project that I had in mind, that I was developping. And I thought ‘I don’t wanna be involved in a 7-years series’. There was a casting director, a friend of mine, in Australia, that said to me ‘you have to do this’. And then she send me episode 2, I read it and became obsessed by it. I felt the character so strongly that I had to play him. Sometimes it happens : you read a script you see a potential, but with Rectify, the potential was realised already. And there was very little you had to bring.This story is like a dicease, once it gets into you, you can’t get away from the virus.

Don’t you find it strange that many people think that the show is about the death penalty, when in the end, it doesn’t participate to the debate ?

I think the subject of the series is second chance. Years ago I wrote a story about a rent boy, a mal prostitute. I wanted to play this character because I was intrigued by the idea of what would happen if you’d been neglected your whole life. When love is as alien to you as moon dust. And all of a sudden, he’s separated from his identity in the idea of a witness protection program, and put away his old life. I was intrigued by that idea because one night, there were two heroïn addicts fighting in front of my house in the middle of the night. I went outside on my balcony and was about to scream « SHUT UP! ». Then one of them said to the other « our mother, if she was here… » and I realised they were brother and sister, and I thought about their journeys. Still being so close to each other even broken by the heroïn and the abuse of society. And I recognised myself this inability to percieve humanity in them. I had a judgement of them. And I needed to question that by creating this character that was the lowest of the low, who would satisfy the need in others for a fix and a dollar. But when given the opportunity of having a new life, understand the possibility in front of him. And for the first time in his life, has ‘moon dust’ made avalaible to him, in form of love, compassion. Like when you cut the circulation from your leg, and then it comes back, you feel pins and needles and this horrifying feeling that you don’t want to move, because it’ll hurt more. When Daniel come along, it stole me from my story, because to a degree, it was so similar.

Were you inspired by Ray McKinnon’s acting ? Or was it just that he put so much of himself in the character ?

I think that as an author myself, you write toward what you can understand, what your experiences have left you with. No matter how much you try to escape that in the characters you’re conceiving., you’ll always leave clues and fragments of yourself within. Because that is the only way to understand the part of the truth in fiction. And no doubt Ray left that trail in Daniel. At the begining he wanted a friend of his, Walton Goggins, to play Daniel, and by the time the show was taken up by sundance, Walton was busy elsewhere. And so, Ray began another search for Daniel and scour the world and that’s how they found me. I don’t know if it was last minute. Ray told me he had to make this show orelse… for whatever reason I was cast. Maybe because he saw a part of himself in me. And I recognised the ressemblance between Daniel and Ray immediately and thought to myself I can’t not let a part of him in Daniel.

Was there some of you in Daniel, also ?

It’s a collaborative effort. I was so incredibly grateful to Ray to allow his stage to be a stage of construction and evolution. Sometimes when people get the title of director or showrunner, they hold on to it with such tight hands, they can’t allow the organic nature of evolution to accure because they think it would strip them fom what they fought so hard for. Ray realised that in order to me to get as close as possible to Daniel, he had to allow me to create within it. Maybe he’s just a man of great generosity, perhas they were goos ideas ! It certainly felt like it was a collaboration of sort I never experienced before. It’s very rare in this business. Sometimes he said « If that’s how you feel about it, let’s restructure ! ». You just hope to bring something real. Most days I would take 2 takes, and sometimes I would say « please, let’s go again, for me, because I think there is something special ». Sometime you can fail, trying to follow your enthusiasm, because ou have an inability to get there. Ray offered such a landscape of trust, you have to reciprocate.

As an actor, you hope you carry in you a longing to communicate the collaborative effort. If you only speak about yourself, then you’re a fool. Because there’s somedy doing the lighting, somedy directing, there’s somebody marketing it.

You had enough budget to do retakes, giving the fact that you’re on Sundance ?

(laughs) We only left when we thought it was right. There was never a moment where I questionned wheter we found the right emphasis to the work. I felt that constantly we were going « yeah, we go it ». In episode 5, there was an horrendous scene where I just have been baptised and talking to Tawny and I said « I wanna kiss you ». I came out with all my bags of tricks. It took 45 minutes to throw them in a bin. I came out with ego instead of truth. I couln’t strip, I found it very difficult. But they said « we’re not leaving until you get this ». And that’s what wanted, of course. Because at the first take, I was feeling it was utter garbage.

What your character does, coming out of prison, is very different of what we usually see in TV or movies.

Usually he goes and has a beer, then he gets a hooker, and then he beats somebody up who put him in prison. And they always follow that line. And you think ‘I can’t believe this’. In Rectify, Ray was interested by the fact it was a child who was put in that system. And you take a night of extreme horror, and then he has examine that horror for 20 years, 24 hours a day you get an opportunity to go through every single second of that relationship that lead to that night, to lead to that girl presence that evening. Whether Daniel is guilty or innocent he still carries such a burden guilt, that he invited her to the river that night, that he is the one responsible for her destruction.

How did you prepare for the role ?

There was a particular emphasis because of the brief time that I had. I couldn’t immerge myself, meet this people who suffered incarceration for a long period of time. So I focused myself on something I found in my life, a sense of loss, of terror, of fear and you just try to manufacture them in a particular sculpture to say : « this is a human condition, we all feel a certain way ». Ray said Rectify speaks about trying to reconnect to our humanity, to our family that we retreated from out of love. The only connection they had through that period of incarceration was with his beautiful dear friend that he loves so much. That was a relationship he knew was going to grave. He wouldn’t allow his family to conitnue to love because they would have to carry that burden. The most difficult thing to play was that Daniel’s pain wasn’t isolated to himself. Imagine the mother, knowing that her son is dead. How do you cope when he’s suddenly in front of you ? How do you cope when you’re a man taking over a business, and suddently a young boy comes back ad he might destroy the business ? When you walk into this room, you can see the pain in every different person. It was horrifying ‘can we all stop crying and get along ?

Why does Daniel don’t try and get revenge ?

There’s an impotence, in Daniel. There’s a certain inability to comprehend the signals in front of him. When I was young I was driving and Iranian character back from the aiport and he suddenly burst into tears. He sais « you have road signs warning you that there’s a band coming. Can’t believe you have a goverment that care that much for you ». He was like Daniel coming back and couldn’t register people’s emotions. Daniel became constricted, paralyzed by the inability to communicate. That comes out when you see him with Ted. Ted tells him « I hear you have conjugal visits in death row ». And Daniel thinks « I’m going to silence you for ever ». And as he begans to hurt him trying to seek a certain anger coming from indignity, it opens a door into that memory, and it grows, and he begins he see the monster death row made, or that Hanna saw.

Do you think we need to know if Daniel is guilty fast, or on the contrary, very late ?

I don’t know if that’s the emphasis of the idea of Rectify. Perhaps it’s more a show about learning to live again, to forgive, to not forgive, to stand up for what you believe in, to ignore your emotions. I don’t know how the show is going to evolve. The questioon of Daniel’s technical guilt or innoncence is going to be something that will hover along. Maybe the answer will be in the first episode of season 2, maybe the last. Maybe we’ll never know. The shows out there that use the mystique of the question as a trick, and I don’t want to see Rectify create that frustration in viewers.

Could you play Daniel on a long period of time ?

I know Ray wrote the most detailed journey of the town, of Daniel… so it will be intriguing for viewers. I don’t know if I can play Daniel for a long period of time. I would like to believe I could, but it’s petrifying. To have to go back in that landscape… because Daniel feels the burden of the society that misunderstood him. People reacts to the show saying « I feel like that too, I feel misplaced in this big machine ». Some people hate the show, they think it’s too slow, they watch it on fast froward ! It’s not something everyone can love. I hope Rectify can help make realise that personnal stories, intimate stories are perhaps more touching and more connecting than what television has to offer at the moment.

What do you think about Australian TV ? Like Redfern Now, Please Like Me…

We sort of got labelled as the country in which we make shows about the beach or the subburban reality of being liberal. We’re still going through our youth as a culture. And I think what is great about australian TV as opposed to the australian films is that there seem to have an audience for it. People are interested in it, to its storytelling. In movies, they always want to ‘make it funny, don’t tell me something serious’. You could bring back Hugh Jackman and Toni Colette, put them in a drama and noone will see it. I once went to a videostore and it broke my heart to hear the clerk said « that’s an australian film… put it back! ». Hopefuly that will change.

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