Adieu, don’t trust the B— in Apt 23 (Bilan de la saison 2)

Adieu, don’t trust the B— in Apt 23 (Bilan de la saison 2)

Note de l'auteur

Pour le coup, cette série-là, elle est finie pour de bon. La seconde et dernière saison de Don’t Trust the Bitch in Apartment 23 s’est achevée dans un anonymat quasi-total. Après sa déprogrammation en début d’année, il a fallu attendre le mois de mai pour découvrir les derniers épisodes, disponibles sur la plateforme de streaming HULU.

Don’t Trust the Bitch in Apartment 23 racontait les aventures de June, jeune provinciale débarquée à New York pour faire carrière et de Chloé, sa colocatrice pour le moins particulière (voir invivable). Ah, et le meilleur ami de Chloé n’est autre que l’acteur James Van der Beek.

Créée et showrunnée par Nahnatschka Khan, la série n’est pas exempte de défauts, mais possède une qualité qui n’a pas de prix dans une comédie : elle est drôle. Evidemment, la série fait penser à la dynamique du film multi-pompé The Odd Couple avec Tony Randall et Jack Klugman. June est proprette, organisée, très axée sur l’amitié et les rapports humains. Chloé veut juste boire du campagne, vivre à 100 à l’heure et faire la fête avec des célébrités.

La série joue sur ces caractérisations grossières pour mettre en place une structure comique très équilibrée. Si la série est menée par ses dialogues, elle n’oublie pas non plus l’humour visuel, omniprésent dans les deux saisons (on se souviendra avec nostalgie des cadres paniqués qui quittent une entreprise en banqueroute en tenant des dossiers enflammés, ou du photo-montage de Van der Beek incrusté sur l’affiche du Roi Lion, ou de June qui se rappelle les évènements d’un black-out, entre autre du fait d’avoir dévalé une pente en roulant sur elle-même et criant « Weeeeeeeeee… »).

La série aura eu aussi l’intelligence de savoir se débarrasser de ses points faibles, et s’appuyer sur ses points forts. En première saison, le personnage de la voisine obsédée par Chloé tournait en rond, n’apportait rien à la série, et surtout, n’était pas drôle. Exit en saison 2. Pour le vis-à-vis qui passait son temps à se masturber à sa fenêtre, un léger changement de personnalité du personnage l’a rendu moins prévisible, plus agréable.

Si vous ne devez regarder la série que pour une raison, c’est James Van der Beek. Il y joue une version de lui-même absolument hilarante. Bloqué dans sa gloire passée, mégalo et égocentrique, ce James Van der Bis est à mourir de rire. Outrancier au possible, on apprécie sa capacité à se moquer, si ce n’est de lui-même (le pastiche est tellement outrancier qu’il distance tout de suite le personnage de la célébrité, qui n’est donc pas écornée), mais du microcosme Hollywoodien (ici transposé à New York).

Les différents caméos de la série seront toujours réussi, de Frankie Muniz à Dean Cain en passant par, attention… Richard Dean Anderson.

Évidemment, il y a un petit côté répétitif des résolutions d’intrigues dans la série. Chloé se pointe avec une outrance, June est choquée, et lui dit comment bien agir. Chloé se braque, lui montre que non, on n’est pas obligé de réagir ainsi. Chacune fait son cheminement personnel: June se rend compte qu’elle a besoin d’être un peu plus libre, quand Chloé réalise qu’elle a besoin de plus penser aux autres.

Mais l’outrance de Chloé étant tellement réjouissante, repoussant tellement les limites du bon goût et de la bienséance qu’on oublierait presque ce côté un peu trop moralisateur et attendu.

ABC a, elle, fait preuve d’un mauvais goût affiché, non pas en déprogrammant la série (ça arrive, c’est la vie), mais en ventilant complètement la diffusion, trahissant l’ordre de production (1), changeant de case horaire, diffusant plusieurs épisodes de suite… Sur ce coup-là, la chaîne est assez impardonnable, donnant l’impression de ne pas avoir donné toutes ses chances au programme.

Si on respecte cet ordre de diffusion chaotique, cette saison 2 aura offert des épisodes de haut niveau :

 

2.01 A Reunion

Pour la énième fois, James Van der Beek reçoit une lettre des autres ex-membres du casting de Dawson Creek pour faire un épisode de « Reunion ». Comme d’habitude, James va refuser, mais June lui fait changer d’avis grâce à un power-point inspiré.

Episode très drôle mettant en scène l’égo de Van der Beek à son maximum, une Chloé manipulatrice pour le bien de son ami, et donc, un power-point avec la tête de Beek sur Simba dans le Roi Lion.

 

2.03 Sexy People

C’est bientôt l’élection de l’homme le plus sexy de l’année par le magazine People. June dit à James qu’il n’est pas assez sexy pour être élu. Chloé prétend que June régurgite juste ce que People lui dit depuis des années et décide de lui donner tort.

A voir pour Chloé qui devient chef de rédaction à People, juste grâce à sa grande gueule. A mourir de rire.

 

2.06 Bar Lies

James s’apprête à passer sur Dancing With the Stars et suit les conseils de la maman de June pour se préparer à l’évènement.

Toute la séquence de la danse est excellente, avec un Van der Beek sous influence qui ne contrôle plus ses actes.

 

2.08 Paris

June commence son nouveau boulot mais se trouve face à Fox Paris, une manipulatrice du niveau de Chloé qui devient le pire cauchemar de June.

Un épisode bien construit, qui met en opposition deux « B », avec Chloé d’un côté, et Paris de l’autre.

 

2.13 Monday June

June est tellement stressée par son boulot que Chloé lui donne un relaxant aux herbes si puissant qu’elle en oublie toute la journée de lundi.

Schéma classique du blackout, mais qui fonctionne presque par miracle, entre les souvenirs des actions de June, mais aussi ce début blague graveleuse : « A Mexican… walks into… a penis… » dont on ne connaîtra hélas jamais la fin.

 

2.14 Teddy Trouble

Un ancien camarade de camp pour enfants inadaptés sociaux, Teddy, vient rendre visite à Chloé.

Une Chloé qui est quasiment obligée de devenir sincère avec son intérêt amoureux du moment, un ancien ami sociopathe, des jeans, une vente privée… drôlissime.

 

2.17 Using People

June se rend compte que Chloé prend part à des réunions des alcooliques anonymes pour récupérer des bouteilles d’alcool des pénitents. James essaie d’avoir un rôle dans le prochain Woody Allen.

Toute l’intrigue autour du film d’Allen est très réussie. Même le titre trouvé est excellent « Monte Carlo, Monte Carla ».

 

2.19 Original Bitch

Chloé est décidée à se venger de son ancienne co-locatrice, Trish, qui lui a empêché d’assouvir son rêve d’être une danseuse dans un show de danse.

Grand n’importe quoi, le dernier épisode de la série a le mérite d’enchaîner des moments très drôles. Avec cette ligne de dialogue surréaliste :

« Chloé, à une caissière de salle gym : And the cancer ?
La caissière : It made her look thin.
Chloé, jalouse: Dammit ! »

 

Don’t Trust the Bitch in Apartment 23, avec ses fulgurances surréalistes, ses dialogues outranciers, son point de vue féminin sur l’humour et ses variations nous manquera fortement. Comme d’habitude depuis trois ans quand une série aimée s’en va, on invoque les dieux païens : Netflix, Amazon… mais on n’y croît pas. Tout le monde va suivre son bonhomme de chemin, Ritter, Khan, Walker, Van der Beek. Et on ne saura jamais si Richard Dean Anderson et James Van der Beek… réussiront à désamorcer une bombe ensemble.

DONT TRUST THE B—- IN APARTMENT 23, Saison 2, ABC

Créée et Showrunnée par Nahnatchka Khan

Avec Krysten Ritter (Chloe McGruff), Dreama Walker (June Colburn), James Van Der Beek (lui-même), Michael Blaiklock (Eli), Ray Ford (Luther)

(1) : Du coup, merci à eux, ça donne une justification pour revoir la série, cette fois-ci dans l’ordre.

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