Agricola, 10 ans et il a tout d’un grand !

Agricola, 10 ans et il a tout d’un grand !

Note de l'auteur

Agricola fête ses 10 ans, et pour l’occasion, FunForge propose une édition anniversaire de ce jeu mythique d’Uwe Rosenberg. Vendue comme retravaillée et améliorée par rapport aux précédentes éditions, que vaut vraiment cette édition anniversaire ? Nous avons enfilé nos bottes et chapeaux de paille pour le savoir !

 

Présentation du jeu

Bon, commençons par replacer le jeu ! Agricola est, n’ayons pas peur des mots, un jeu mythique. Sans avoir la notoriété d’un Monopoly (notoriété imméritée sur laquelle j’ai déjà suffisamment craché ici et qui n’est due qu’à une diffusion aussi massive qu’éhontée), il est connu de tout amateur de jeux de plateau digne de ce nom (oui oui, c’est un test !). Pourtant, le jeu propose un contexte qui ne déchaîne pas forcément l’enthousiasme : cher ami, voilà un jeu dans lequel tu vas développer ta ferme en faisant pousser des légumes et en élevant du bétail au XVIIe siècle ! A priori, ça ne vend pas du rêve ; à part bien sûr en Allemagne, son pays d’origine, dont la population compte également le plus grand nombre d’amateurs fervents de Farming Simulator. Les Allemands doivent être, encore aujourd’hui, des agriculteurs dans l’âme…

On peut dès lors en déduire qu’Agricola doit avoir établi son nom et sa réputation davantage sur sa mécanique, et effectivement, quand on essaye le jeu, on comprend que c’est loin d’être usurpé !

agricola-ensembleAgricola est ce qu’on appelle un  « jeu de placement d’ouvriers », c’est-à-dire un jeu où vous placez vos pions pour accomplir des actions et obtenir des ressources. Dans Agricolaces pions sont – en toute logique – des fermiers. Vous commencez le jeu avec deux fermiers qui peuvent être placés sur une action disponible du plateau de jeu pour l’accomplir. Au fur et à mesure des tours, de nouvelles actions apparaissent, permettant ainsi une plus grande diversité d’actions (en plus de la culture de céréales, vous pouvez cultiver des légumes, puis élever des moutons, puis des sangliers, puis des bœufs, ou encore rénover votre maison d’argile en bois, puis en pierre, etc.). Il est bien sûr possible d’acquérir de nouveaux ouvriers et donc d’accomplir ainsi davantage d’actions (grâce à l’action : désir d’enfant), mais attention, il faudra veiller à pouvoir les héberger et surtout les nourrir !

Car une des grandes difficultés du jeu est que celui-ci est découpé en six périodes à la fin desquelles ont lieu les récoltes, moment où il convient également de nourrir ses troupes. Et là, attention parce que les fermiers, ça bouffe ! Une mauvaise anticipation de cette phase de nourriture pourra fortement grever les ressources (céréales, légumes ou animaux) dont vous disposerez pour les périodes suivantes, voire vous contraindre à mendier de la nourriture, ce qui vous vaudra des malus importants en fin de partie. Et évidemment, histoire de corser encore un peu les choses, les périodes sont de plus en plus courtes (de 4 tours au début, à un unique tour pour la sixième et dernière période !).

 

Voyons maintenant comment se présente le jeu !

agricola-plateauLe jeu s’articule autour d’un plateau de jeu central où se trouvent donc les actions, qui sont soit toujours présentes, soit sur des cartes révélées à chaque tour et dont l’ordre varie d’une partie à l’autre.

 

agricola-fermeChaque joueur dispose également d’un petit plateau représentant sa ferme, sur laquelle deux cases sont occupées en début de partie par une petite ferme aux murs d’argile. Et c’est sur ce plateau que le joueur va placer au fur et à mesure du jeu ses cultures, ses étables, les clôtures délimitant ses pâturages et les extensions de sa ferme s’il décide de l’agrandir pour accueillir de nouveaux fermiers. Un placement auquel il conviendra de bien réfléchir, car tout élément placé est définitif !

Il convient de noter que le matériel de l’édition anniversaire est super sympathique : solide, lisible, bien illustré, et surtout animaux, fermiers, céréales, légumes sont ici des éléments en bois sculptés bien plus sympas que les simples pions proposés dans la plupart des anciennes éditions.

agricola-competencesEnfin, en plus de sa ferme, le joueur reçoit également en début de jeu des cartes qui sont autant de compétences et d’aménagements qu’il pourra tenter d’acquérir pendant la partie (oui, tenter parce qu’il faut pour cela accomplir des actions et souvent y investir une quantité conséquente de ressources).

Pour espérer remporter une partie d’Agricola, vous allez devoir essayer d’inclure au mieux ces savoir-faire et aménagements dans une stratégie globale (allez-vous plutôt faire pousser des céréales et faire du pain ? Élever des animaux ? Faire ou non de l’artisanat ?) que vous tenterez d’implémenter au mieux en fonction des actions disponibles. Eh oui, car hélas, chaque action n’est disponible qu’une fois par tour, et si un joueur pose son fermier sur une action avant vous, vous n’avez plus qu’à trouver une solution de repli et espérer pouvoir l’accomplir au tour prochain (peut-être en essayant de devenir le premier joueur !) et tant pis si vous deviez absolument labourer un nouveau champ à ce tour ! Un challenge qui devient d’autant plus difficile qu’on est nombreux à la table !

L’objectif final d’Agricola est de réussir à faire prospérer au mieux sa ferme, prospérité qui est mesurée en fin de partie à l’aide de points de victoire attribués sur une multitude de facteurs (taille et matériaux de la ferme, nombre de cases occupées, nombre de fermiers, nombre de légumes, céréales, animaux, points de victoires sur les aménagements, etc.). Absolument tout est pris en compte et du coup, le jeu permet de mettre en place un grand nombre de stratégies.

 

Au final, ça vaut quoi Agricola ?

agricola-pionsCe qui surprend le plus avec Agricola, c’est qu’on est en présence d’un jeu qui, à la lecture de ses règles ou de son contexte, peut à première vue paraître un peu aride ou pas bien passionnant. Et qu’en fait, c’est tout le contraire, car celui-ci se révèle assez trépidant à jouer. Une des principales raisons est l’arrivée toujours trop rapide de ces satanées phases de récoltes où vous devez nourrir vos ouvriers, une échéance qui génère un stress proche de celui provoqué par votre tiers d’imposition. Le jeu vous force sans cesse à essayer de planifier tout à la fois à court, moyen et long terme, tant en vous obligeant à toujours vous adapter en fonction des seules actions à votre disposition. Les parties sont donc passionnantes, et de plus assez rapides (l’éditeur annonce 30 minutes par joueur, et on les approche en effet après seulement quelques parties).

agricola-maison

Un petits Easter Egg : on peut voir les jeux de l’auteur dans les maisons (Photo de Gus & Co)

Du coup, il faut aussi avouer qu’une partie d’Agricola, c’est aussi l’échauffement cérébral garanti, et on termine la partie en prenant une grande bouffée d’air ! Le jeu ne conviendra sans doute pas à tous les publics et n’est en particulier pas à conseiller aux fans d’American trash (oui, on vous connaît !).

Mais si vous aimez le jeu de réflexion, et mieux encore le placement d’ouvrier, Agricola est simplement ce qui se fait de mieux dans le genre. Et comme il est en plus proposé avec cette nouvelle édition dans un écrin vraiment sympathique avec des pions super sympas et à un prix fort raisonnable, c’est une excellente occasion de l’acquérir si vous ne l’avez pas encore dans votre ludothèque !

 

agricola-boite-2Agricola édition 10e anniversaire, un jeu d’Uwe Rosenberg

Édité par FunForge, en collaboration avec Lookout Games et Mayfair

De 2 à 4 joueurs (pas de 5e joueur pour l’instant, mais il y des rumeurs sur une extension)

Prix conseillé : 40 à 45 €

 

Partager