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Alcatraz, le pilote de la nouvelle série produite par JJ Abrams : verdict

Alcatraz, le pilote de la nouvelle série produite par JJ Abrams : verdict

Jeudi soir dernier, l’antenne et le service VOD de TF1 (MYTF1VOD) se sont associé pour organiser une projection en avant première du très attendu premier épisode d’Alcatraz, la nouvelle production de JJ Abrams. Premières impressions.

Attention, je vais jouer les vieux cons le temps d’un petit aparté. Il fut un temps que les jeunes blogueurs ne peuvent pas connaître, bien avant le web 2.0, où les chaînes organisaient des projections de presse de leurs séries étrangères événementielles. On se déplaçait nombreux pour aller découvrir le pilote d’Alias à Teva, le season premiere de Lost saison 2 à TF1 ou encore les quatre premières heures de la vie télé de Jack Bauer dans 24h chrono à Canal +. On en ressortait souvent bluffé, ne regrettant pas le déplacement et partageant le sentiment d’assister en direct à un vrai boom créatif dans l’Histoire des séries. Avec l’explosion du web 2.0 et l’accès aux séries US quasi instantané pour tous via le très haut débit, les chaînes ont perdu leur monopole de l’avant première et les journalistes (du moins les plus connectés d’entre eux) n’ont bientôt plus vraiment vu d’intérêt à se pointer à ces petits raouts d’initiés, rapidement disparus. Bye-bye les projections de presse de série télé et bonjour la banalisation de l’objet : depuis leur appropriation par absolument tout le monde via le téléchargement, chaque épisode se voyant disséqué de A à Z sur des centaines de sites/blogs dés le lendemain de sa diffusion, les séries ont perdu de leur rareté. Blogueurs amateurs ou journalistes pros (ou l’inverse, tiens), les bouffeurs de torrent ont donc, depuis environ cinq ans, trois longueurs d’avance sur ces mêmes services de presse qui jusque-là restaient seuls en possession du précieux sésame et nous le délivraient au compte-goutte.

 

Bref ! Tout cela pour préciser qu’avec la projection du pilote d’Alcatraz jeudi soir, quatre jours avant sa diffusion sur Fox, TF1, avec l’aimable concours du studio Warner, a un tout petit peu « repris la main » en se fendant d’une initiative plutôt sympa et conviviale. Un « retour aux sources » permettant aux spécialistes passionnés, journalistes ou blogueurs, de découvrir une série événementielle ensemble, chez le diffuseur, plutôt que chacun dans son coin sur son ordinateur. D’autant que le pilote d’Alcatraz est resté, à ma connaissance, absolument invisible sur le web jusqu’ici. L’opération ne s’est pas montée uniquement pour faire plaisir aux invités : il s’agit aussi pour TF1 de faire la promotion de sa plateforme VOD, MYTF1VOD, qui proposera via son offre « En direct des USA », environ 24h après, les deux premiers épisodes d’Alcatraz diffusés lundi sur la Fox (nous n’avons vu jeudi soir que le premier),en VOST et au tarif habituel de 1,99 euros l’unité. Un service dont Tristan Du Laz, directeur général adjoint de TF1 Video, vante les performances depuis sa création (voir interview dans post suivant), malgré de gros efforts à accomplir encore côté tarifs pour espérer vraiment concurrencer l’attrait du téléchargement illégal.

ALCATRAZ : BONNE PREMIERE IMPRESSION (tous petits spoilers de rien du tout)

Ni aussi jouissif ou trépidant qu’Alias, ni choc à la Lost, ce pilote bouclé de 45 minutes m’a davantage évoqué la satisfaction mesurée ressentie devant celui de Fringe. Un premier plan séquence nocturne et pluvieux ouvre sur l’île d’Alcatraz, tandis que la voix sentencieuse de Sam Neil, façon conte de la crypte (bouhouuu…), pose les bases du pitch : l’Histoire a retenu qu’un jour de 1963, la prison d’Alcatraz a dû fermer et tous ses prisonniers furent transférés. « Sauf que ce n’est pas du tout ce qui s’est passé… pas du tout… »…Brrrr. Cette première scène se déroule en 1963 et nous découvrons alors, avec deux gardiens stupéfaits tout juste débarqués sur l’île, que la prison est totalement vide. Cette nuit-là, plus de 300 détenus et leurs geôliers se sont volatilisé sans la moindre explication. Un secret bien gardé depuis 50 ans… Retour dans le présent, où l’un des prisonniers de 1963, Jack Sylvane, matricule 2024, se réveille dans sa cellule au milieu des touristes. Il n’a pas vieilli d’un pouce. Après avoir rejoint la terre ferme, à San Francisco, il retrouve l’ancien directeur de la prison, le tue et prend la fuite. La détective Rebecca Madsen (Sarah Jones) enquête, retrouve son identité via ses empreintes et, pour l’aider à résoudre l’accumulation de questions sans réponse, sollicite l’aide de Diego Soto (Jorge Garcia), grand spécialiste de l’histoire d’Alcatraz. Alors que Sylvane fait d’autres victimes, Madsen et Soto sont appréhendés par l’agent fédéral Emerson Hauser (Sam Neil), qui en sait manifestement beaucoup plus qu’eux sur l’énigme entourant la réapparition de Sylvane. Il leur apprend les vraies raisons de la fermeture d’Alcatraz cinquante ans plus tôt et le sort mystérieux des « 63 ». Que sont-ils devenus ? Pourquoi Sylvane est-il réapparu sans avoir pris une ride ? Pourquoi ces meurtres ? Qui a fait disparaître les pensionnaires d’Alcatraz en 1963, comment et dans quel but ? Que sait exactement cet Emerson Hauser ? Non seulement la fin de l’épisode n’apportera aucune réponse à Rebecca Madsen, mais notre fliquette de choc va faire une bouleversante découverte la touchant directement. Un ultime twist qui, sans pour autant nous laisser sur nos séants, reste suffisamment bien dosé pour nous donner envie d’en savoir plus.

 

Même si JJ Abrams, pour autant que je sache, ne s’est que très peu impliqué dans l’écriture d’Alcatraz (Elizabeth Sarnoff, Bryan Wynbrandt et Steven Lilien sont officiellement crédités à sa création), les ombres mêlées de Lost et Fringe planent ostensiblement sur le projet. Une île, une narration alternant présent et flashes back, un élément de SF mêlé à de l’action pure, une héroïne burnée Anna Torv-like, notre ami Jorge Garcia dans un jeu et un rôle voisins de son Hurley lostien… Pour autant, ces 45 premières minutes font plutôt bonne impression, rondement menées et posant habilement les bases d’une formule qui satisfera à la fois la ménagère (épisodes bouclés avec le « prisonnier disparu de la semaine ») et les fans de mythologie (mais cékoidon que ce mystère lô ?). Ambiance résolument thriller, plutôt violent d’ailleurs, esthétique sombre et marquée fin seventies, Giacchino a planqué ses violons mièvres… Pas de claque donc, mais un début agréable et une abondance d’informations formant un début de puzzle qui, bien géré, peut créer l’addiction.

La messe n’est certes pas dite et un petit détail nous enquiquine : en novembre dernier, Alcatraz a déjà connu ses premiers couacs avec l’éviction d’Elizabeth Sarnoff du poste de showrunner. Suite aux classiques « différends artistiques » avec la production, Sarnoff a dû céder la place à Jennifer Johnson (ex- prod. Exec. sur Lost et créatrice de Chase…) et au vétéran Daniel Pyne, un scénariste dont le CV chargé en thrillers inclut Matt Houston, Deux Flics à Miami et, au cinéma, La Manière Forte, Doc Hollywood et La Somme de toutes les peurs. Mouais… La révolution de palais a entraîné, à l’automne dernier, une interruption temporaire du tournage d’Alcatraz et des « reshoots » concernant les sept premiers épisodes déjà mis en boîte. Le pilote que nous avons vu jeudi soir à TF1 aurait lui-même subi des changements. La semaine dernière, devant les journalistes de la session hivernale de la TCA (Television Critics Association), JJ Abrams a promis que ces altérations allaient dans le bon sens. Mais les réécritures intempestives de dernière minute, ça n’est jamais très bon signe.

Alcatraz saura-t-elle passer la seconde et dérouler une mythologie passionnante et pérenne tout en sachant retenir prisonnière l’attention du grand public ? Réponse ces prochaines semaines.

Alcatraz : diffusion à partir du lundi 16 janvier sur Fox. Disponible à partir du 17 janvier sur MYTF1VOD.fr

A SUIVRE : interview de Tristan Du Laz, directeur général adjoint de TF1 Video.

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