Alex Pettyfer : Dans les coulisses de « The Strange Ones »

Alex Pettyfer : Dans les coulisses de « The Strange Ones »

Drame familial aussi mystérieux que dérangeant, The Strange Ones a soufflé un vent froid salvateur sur notre été brûlant. Rencontre avec son acteur principal, le britannique Alex Pettyfer.

Daily Mars : Comment vous êtes-vous retrouvé impliqué dans ce quasi premier long métrage ?

Alex Pettyfer : On m’a tout simplement envoyé le script. Je l’ai lu et j’ai adoré. J’ai ensuite regardé le court métrage réalisé par Lauren [Wolkstein] et Chris [Radcliff], puis je les ai rencontrés. Ils avaient une idée précise de la direction qu’ils voulaient donner à leur film, ce qui était très inspirant. J’aime prendre des risques et ils m’ont tellement impressionné que je les ai suivis dans ce voyage.

 

Vous n’avez pas hésité un seul instant ?

A. P. : En tant qu’acteur, vous ne pouvez pas vous empêcher d’avoir des doutes, mais ils concernaient davantage ma performance et mes capacités à faire justice au scénario de Lauren et Chris que leurs compétences de réalisateurs.

 

Ça ne doit pas être facile de trouver le ton juste dans un film comme The Strange Ones, qui navigue constamment entre réalité et fiction ?

A. P. : En effet, mais le scénario était écrit de manière très claire. L’ambiguïté du film n’est apparue qu’au montage. Lauren et Chris sont des réalisateurs si talentueux qu’ils ont pris un film qui se déroulait dans l’ordre chronologique et l’ont découpé pour en faire ce puzzle onirique. Malgré le fait que j’étais impliqué dans l’aventure Strange Ones depuis son commencement, mon premier visionnage m’a fait un choc. Dans le bon sens du terme, bien sûr ! Le risque qu’ils ont pris m’a laissé pantois. Grâce à ce montage, je crois qu’on a affaire à une œuvre d’art, dans le sens où chaque spectateur peut s’approprier le film et y trouver ce qu’il veut.

 

Le film aurait-il été différent si vous l’aviez tourné comme il a été monté ?

A. P. : Probablement. En lisant le scénario, puis en travaillant avec Lauren et Chris, j’avais une idée claire de qui était mon personnage, j’ai pu contribuer à le façonner… Mais une fois le film monté, on ne sait rien de lui, c’est juste un rouage de l’intrigue.

 

Comment avez-vous travaillé avec votre co-star [James Freedson-Jackson, ndlr] pour rendre votre relation crédible ?

A. P. : Il est très jeune, mais il a une vieille âme. On a passé pas mal de temps ensemble et j’ai pu en apprendre davantage sur sa vie. Il a très peu d’expérience, ce qui rend sa performance si crue… En ça, il me rappelle River Phoenix. Selon moi, peu importe la relation que vous entretenez avec votre partenaire de jeu. Ce qui compte c’est leur manière de vous renvoyer la balle lorsque la caméra tourne. La plupart des grandes histoires d’amour ont été interprétées par des acteurs qui ne se supportaient pas, mais l’alchimie – aussi négative soit-elle – est si palpable que ça crée quelque chose de magique. Peu importe vos affinités personnelles, le plus important c’est ce que vous devez faire passer à l’écran.

 

Avant d’être diffusé au cinéma, The Strange Ones est sorti en vidéo. Quel regard portez-vous sur cette industrie du film à deux vitesses ?

A. P. : Selon moi, le marché des films indépendants connaît des heures fastes grâce aux nouveaux moyens de diffusion des films. À une époque, on apposait le label films d’art et d’essai parce qu’ils n’étaient diffusés que dans certaines salles. Aujourd’hui, avec Netflix, Amazon, Apple TV et toutes ces plateformes, le public a l’opportunité de voir la majorité de ces films. Quand ils sortent enfin en salles, le bouche à oreille entre en jeu.

 

En partant de là, diriez-vous que le désaccord entre Cannes et Netflix n’a pas lieu d’être ?

A. P. : Je ne suis jamais allé à Cannes, je n’en connais pas tous les tenants et les aboutissants mais… mais je pense que Cannes a raison d’exiger un format précis. Reste que certaines productions Netflix sont sorties ou sortiront en salles, comme Beasts of No Nation ou The Irishmen. Il en va donc des choix commerciaux de Netflix.

 

Quelle place pensez-vous que The Strange Ones prend dans votre carrière ?

A. P. : Tourner dans ce film m’a permis de progresser en tant que personne et en tant qu’acteur. Travailler avec Lauren et Chris constituait une expérience unique. J’avais également toujours voulu tourner dans le nord de l’état de New York… Bien que ça ne soit pas au cœur de l’intrigue, mon personnage a un passé plus que trouble, et je crois que j’ai toujours été attiré par les rôles de jeunes à problèmes.

 

Vous venez de réaliser votre premier film, n’est-ce pas ?

A. P. : En effet, j’ai réalisé Back Roads après le tournage de The Strange Ones.

 

Votre expérience sur le tournage a dû vous influencer ?

A. P. : Totalement. J’ai appris beaucoup de Lauren et Chris, mais aussi de Steven Soderbergh et Lee Daniels. Tourner avec eux a été la meilleure des écoles.

Propos recueillis, traduits et adaptés par Jessica Saval

The Strange Ones
Réalisé par Lauren Wolkstein et Chris Radcliff
Avec Alex Pettyfer et James Freedson-Jackson
Sortie en salles le 11 juillet 2018

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