#Analyse Sherlock Holmes, Variations sur un Même Thème (5/5)

#Analyse Sherlock Holmes, Variations sur un Même Thème (5/5)

C’est le premier janvier que débutera la quatrième saison de Sherlock, la transposition moderne du célèbre détective par Steven Moffat et Mark Gatiss. Pour l’occasion, Amandine s’est lancée dans un comparatif des dernières adaptations du personnage de Sir Arthur Conan Doyle. Une analyse complète, complexe en cinq parties, parce que Holmes n’en méritait pas moins.

Pour conclure…

b3d6a3f883043b94b6ca491a17d4677dÀ partir de la même source, Sherlock, Elementary et House proposent des variations pourtant bien différentes du même personnage. Bien que les deux Sherlock jouent sur la même partition du trouble autistique, la série de Moffat a finalement davantage de points communs avec House.

Grâce à une certaine forme d’honnêteté dans l’écriture, Elementary évite le piège du Sherlock amoral et en fait un personnage certes désireux de surmonter ce que ses différences peuvent avoir parfois de handicapant mais respecté par les autres personnages. La série parvient à montrer que les difficultés d’interaction sociale ne sont pas synonymes d’un manque d’empathie. Le Sherlock incarné par Jonny Lee Miller cherche à atteindre les autres, non pas pour satisfaire son ego, mais pour être gentil avec la personne qu’il respecte, voire aime. Le Sherlock de Moffat est différent : ses rapports aux autres sont plus restreints et il cherche beaucoup moins à les entretenir. Il semble se satisfaire du fait que son entourage aménage un monde à sa mesure, ce qu’il fait d’ailleurs remarquer avec humour à la fin de The Sign of Three lorsqu’il se compare à un bébé dont John et Mary seraient les parents. Sa relation avec John Watson est sincère mais plutôt déséquilibrée. Enfin, House est lui aussi victime de sa très haute intelligence mais ne souffre clairement d’aucun trouble pathologique (pour ce qui est des névroses, c’est autre elementary-saison-5-episode-4chose…). S’il présente des difficultés à créer des relations avec autrui, c’est parce que son intelligence (et l’expérience de son handicap physique) l’a rendu pessimiste et a nourri sa misanthropie. Les capacités déductives de House s’appliquent essentiellement aux comportements humains : il est hyper intuitif concernant les motivations personnelles de chacun et il passe son temps à décoder les motifs cachés de chaque action ou parole. Ultra conscient des mécanismes à l’œuvre dans les relations sociales, il ne peut pas (et ne veut pas) y prendre part. Comme Cumberlock, il est le roi au centre de son petit monde.
Les deux Sherlock et House restent des créations fictionnelles, trois réécritures d’un même mythe, et il serait absurde de chercher lequel est le plus « vrai ». Chacun des trois répond aux exigences de la série qu’il modèle.
House était une réflexion sur le mensonge et les conventions sociales, il était donc logique que son protagoniste soit tout à la fois capable de comprendre ces conventions et de les subvertir.
tumblr_inline_n0cmgxz8ea1rvpdg2Sherlock est un beau bijou savamment ciselé et qui veut en mettre plein la vue, il était ainsi attendu que son détective se comporte en héros sur lequel toutes les attentions doivent se focaliser. C’est sans doute Watson qui résume le mieux le personnage.
Elementary est un procedural respectueux de ses personnages et de ses spectateurs, qui cherche à raconter avant tout (avec une qualité parfois fluctuante) une histoire de reconstruction. Il était donc normal que son Sherlock soit un personnage réaliste par bien des aspects (et notamment par la représentation des troubles autistiques si l’on en croit les autistes qui se sont exprimés sur le sujet) et attachant.

Amandine Srs
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