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On a lu… City Hall (Saison 1) de Remi Guerin et Guillaume Lapeyre

On a lu… City Hall (Saison 1) de Remi Guerin et Guillaume Lapeyre

Note de l'auteur

album-cover-large-21385Il y a peu de temps, je vous parlais de Radiant, un manga «Made in France» publié chez l’éditeur Ankama. Je reconnaissais alors ne m’être jamais vraiment intéressé aux mangas dits français, qui à mes yeux semblaient être presque une hérésie mais après les trois premiers tomes, j’ai changé mon fusil d’épaule. Aujourd’hui, je m’attaque à City Hall, un titre qui enfonce le clou et qui confirme la vitalité du genre dans nos contrées. Il n’y a que les idiots qui ne changent pas d’avis…

 

City Hall c’est un peu La Ligue des Gentlemen Extraordinaires à la sauce littéraire dans un univers steampunk. Un mélange aussi génial qu’improbable entre différentes figures de l’Histoire qui nous entraîne dans une intrigue à l’imagination sans limite. Les deux auteurs prennent un plaisir fou à mixer les références pour créer un univers dense et parfaitement articulé. Plongé en 1902, dans un Londres alternatif et rétro-futuriste, on découvre un monde essentiellement fait d’acier, au-dessus duquel flottent d’énormes zeppelins. Suite à un attentat au cœur de la capitale britannique, la police est en état d’urgence. Le maire Malcolm Little décide alors de faire appel aux auteurs Jules Verne et Arthur Conan Doyle pour mener l’enquête. Rapidement rejoint par la célèbre aviatrice Amélia Earhart, les trois enquêteurs se retrouvent alors au centre d’une affaire qui dépasse l’entendement et qui prend racine dans une époque lointaine.

 

9782359104615_pgTrois siècles auparavant, un étrange phénomène s’est produit: le fait d’écrire sur du papier permettait de matérialiser ses pensées et donna naissance à des être appelés Papercut. Pour écarter tous dangers, les autorités du monde entier ont alors pris une décision radicale: anéantir tout les Papercut existants, détruire le stock mondial de papier et cacher à tout prix ces événements aux générations futures. C’est sans compter sur Lord Black Fowl, un étrange et énigmatique personnage masqué, qui semble bien décidé à faire éclater la vérité au grand jour et qui possède une arme de destruction massive, à savoir, du papier. A partir de là, City Hall part à toute blinde et entraîne le lecteur dans une aventure «bigger than life», où il croisera en plus de ceux déjà cités, Mary Shelley, Harry Houdini, Howard Philippe Lovecraft, Joseph Bell, George Orwell ou encore Abraham Lincoln. Au-delà de leur concept de base visant à mêler tout un tas de personnages historiques, Guerin et Lapeyre parviennent à leur donner vie et les faire interagir entre eux de manière crédible. Les auteurs tentent de tirer parti des traits de caractère et de spécificités de leurs protagonistes à travers les relations qu’entretiennent toutes ces figures mythiques du XIXème et XXème siècles. A l’exception d’un ou deux dont Mary Shelley qui semble pour le moment trop extérieure au récit, les personnages sont habilement intégrés et on y croit. Ayant assez de liberté, ils sont acteurs des événements et ne se contentent pas juste d’être spectateurs et commentateurs de leurs aventures.

 

La saison 1 est composée des trois premiers tomes, tandis que la saison 2 en comprend quatre et autant dire qu’on se retrouve vite happé par un récit rondement mené. Tout est assez rapidement exposé ce qui permet de rentrer vite dans le vif du sujet. On ne s’ennuie pas car le rythme est là, grâce à des dialogues bien écrits et à un découpage fluide. Les pointes d’humour qui parsèment ces trois premiers tomes, touchent souvent juste et permettent plus de proximité avec ces individus hors-normes. De plus, le lecteur s’amuse à rechercher toutes les références à la pop/geek culture, qu’elles soient dans le décor ou au détour d’un dialogue. De Star Wars à Ghostbuster, de Rocketeer à Retour vers le futur, les auteurs multiplient les clins d’œil pour le plus grand plaisir des fanboys. Des références qui, même si elles sont discrètes, font écho aux inspirations majeurs du titre. City Hall puise sa source dans des œuvres majeures comme La Ligue des Gentlemen Extraordinaires de Moore et O’Neill, Death Note de Obata et Ohba ou encore Le Maître du Haut Château de K. Dick. Mais le plus surprenant c’est que malgré ce cocktail sur-référencé et la crainte d’overdose qui en découle, City Hall parvient à trouver la formule et ne pas saturer le lecteur.

City-Hall-image-4-Black-Fowl

Le dessin, de Guillaume Lapeyre est à mi-chemin entre le manga et la BD franco-belge. Les planches sont fournies en détails, le trait est vif et amène du mouvement et le chara-design ainsi que les incroyables décors contribuent à l’immersion. De son côté, Ankama fait un excellent boulot d’éditeur avec notamment un magnifique coffret regroupant les trois premiers tomes qui composent cette première saison. Chacun possède une couverture collector et limitée et le tout est accompagné d’un petit Note Book regroupant toutes les fiches personnages ainsi que les citations de grandes figures de l’Histoire. City Hall collectionne les qualités et nous surprend à chaque tome et les twists de la fin du troisième donnent envie d’enchaîner rapidement sur la seconde saison. Il est d’ailleurs à noter que le tome 7 sortira en même temps que le second coffret, en juin prochain. Vite!!!

 

City Hall (Saison 1) de Remi Guerin et Guillaume Lapeyre chez Ankama

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