Arrow se met au vert (Critique du 4.01 de Arrow)

Arrow se met au vert (Critique du 4.01 de Arrow)

Note de l'auteur

arrow-6Après une troisième saison catastrophique, on n’attendait plus rien des aventures d’Oliver Queen lors de cette reprise. Seulement, on a cogité un peu plus qu’à l’accoutumée dans la team Guggenheim/Berlanti pour relancer le justicier avec une base simple : le détendre. Et indéniablement, cela le rend plus sympathique, au point d’influencer naturellement le ton du show.

La volonté de changer de vie, le désir d’être plus heureux semble avoir du bon pour le personnage. Si la présence de Felicity change maintenant la donne pour lui, c’est parce qu’elle lui procure une attache, une compréhension dans son quotidien. Et même lorsqu’il repart au combat, le héros devient beaucoup plus conscient du danger qui l’attend, car il peut désormais se raccrocher sans sombrer. Résultat : il n’est plus seul. Il a quelqu’un de durable à ses côtés et donc, avec une certaine connivence, Oliver Queen en ressort plus apaisé et plus agréable à suivre. Ce qui n’était pas arrivé depuis bien trop longtemps.

arrow4011Le retour du héros dans sa propre ville, évidence obligatoire, n’a par contre rien de bien über original dans son traitement. Principe déjà exploité dans la saison 2 quand Oliver s’enfuyait de Starling city et vite récupéré par Diggle et Felicity, ce season premiere offre ici le même modus operandi sauf que l’on change l’équipe qui part récupérer son leader. Interviennent donc dans cette démarche similaire cette fois-ci, la pseudo-héroïne Laurel (ici, upgradée avec deux matraques, ça c’est du level up!) et une Théa devenue super badass en un temps record grâce au double effet Kiss Cool à retardement du puits de Lazare qui rend un poil dingo (chose dont personne ici d’ailleurs ne fait le rapprochement. Nous sommes dans Arrow, il leur faut du temps vous savez). Il aurait été plus pertinent de motiver le personnage pour une décision personnelle qui l’inciterait à revenir qu’en reprenant le même subterfuge dans lequel Oliver doit intervenir pour sauver à nouveau sa ville de la destruction.

Pour autant, un énième ennemi qui veut anéantir une fois de plus la cité de l’archer vert, le concept commence à accuser sérieusement le coup. Réside néanmoins un bon point avec l’intronisation directe et pêchue de son nouveau vilain, alias Damien Darhk (Neal McDonough) et son organisation secrète H.I.V.E. Pas de mystère sur son apparence ou sur sa venue prochaine. L’ennemi est ici dévoilé sans ambages : il est puissant et sa confrontation face à lui, violente et immédiate. Voulant éviter d’emblée le pétard mouillé qu’était Ra’s al Ghul la saison dernière, la série ici ne veut pas perdre de temps à dévoiler son bad guy de la saison et le prépare comme étant un ennemi particulièrement intrusif. Car non content de graviter en tout premier lieu dans Arrow, il sera aussi de la partie dans Flash ainsi que dans Legends of Tomorrow. Un sacré programme à venir pour l’univers partagé de la CW.

arrow-24C’est aussi pour cela qu’ici, la magie, composante essentielle de la saison, sert à opérer un camouflet certes un brin voyant sur les enjeux à venir mais créant une dynamique nouvelle. Une zone vierge pour créer un monde super-héroïque toujours plus en expansion. Et quand mysticisme, méta-humains et voyageurs spatio-temporels seront au rendez-vous au même moment, nul doute que ce travail de préparation prendra alors forme dans quelque chose de plus ambitieux. Arrow introduit donc une large composition d’événements suffisamment travaillés pour reconstruire un minimum d’engouement pour son univers. Osons le dire : ce n’est pas rien.

Néanmoins, ne nous enflammons pas non plus. Arrow reste Arrow. Hormis son flash-back prétexte et gentiment crétin pour ramener Oliver sur son île (Amanda Weller encore et toujours…), on s’attardera plus sur le cas d’école qu’est Diggle sur le sujet. Pimpé en Power Ranger vert qui gunfight à tout va, l’ancien garde du corps continue de manifester la même animosité envers son ancien ami depuis les derniers événements. Ces amitiés contrariées entre lui et Oliver n’apportent ici pas grand-chose, si ce n’est une tension sans trop d’intérêt réactivant des conflits d’antan et donc un manque de confiance à regagner sur le long terme. Dont acte. Diggle cachant donc à tout le monde que H.I.V.E. se trouve derrière le meurtre irrésolu de son frère, ce qui en soi demeure intéressant, sa volonté à faire de la rétention d’informations pour cause de rancune risque d’embourber l’intrigue pour pas grand-chose.

arrow-season-3-premiere-john-diggleAssez astucieusement, Arrow s’offre un cliffhanger en forme de flash-forward qui invite à un teasing des plus malins nous promettant un décès marquant. Si le public retient son souffle en pariant inconsciemment sur Felicity, voire Diggle, tous deux candidats potentiellement (trop) évidents, on préférera estimer la chose possible envers celui pour lequel il est grand temps d’en finir : Quentin Lance.

Indéniablement, ce dernier doit disparaître. Son choix de se tourner du côté obscur envers le vilain de la saison cristallise un problème : le personnage semble figé dans tout espoir de développement valable. Le vieux flic, à la morale de scout, semble ici avoir décidément perdu tout espoir pour se rallier à un criminel sans pitié. Qu’en ressortira-t-il ? Le point de non-retour ici paraît atteint pour lui. Mais le deus ex machina, on ne le dira jamais assez, étant un levier scénaristique souvent actionné dans Arrow, nul doute que les raisons de ce choix de s’allier (une nouvelle fois !) au bad guy de la saison, trouveront leurs réponses. Mais pas sûr qu’elles soient satisfaisantes…

arrow-9Arrow exerce une légère mutation pas forcément convaincante. Exécutant sommairement (et de manière assez ridicule) sa transformation en Green Arrow face à une ville au patronyme désormais changé (Star City), tout en étrennant sa nouvelle tenue customisée, on nous donne quand même l’impression qu’une belle couche de polish à base de petites nouveautés a été posée sur les fondations du show pour éviter que les écueils scénaristiques habituels ne se voient trop pour le moment. Il y a une tentative de camouflage assez éhontée sur cette reprise mais on ne peut lui reprocher son efficacité indéniable et loin d’être ennuyante tout du long.

À base d’ésotérisme assumé, d’un univers partagé plus opulent et d’un Arrow sous les couleurs de l’espoir, peut-on encore croire au renouveau de l’archer de la CW ? On lui laissera un très léger bénéfice du doute sans être foncièrement dupe des tics exaspérants qui ont trop souvent émaillé ses aventures. Mais cette entrée en matière assez efficace nous donne envie d’y croire encore un tout petit peu…

 

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