Attila Total War : Winter is coming

Attila Total War : Winter is coming

Note de l'auteur
"Arthur ! Kaamelott, c’est zéro ! Des cailloux, des cailloux, des cailloux, ça m'énerve! !"

« Arthur ! Kaamelott, c’est zéro ! Des cailloux, des cailloux, des cailloux, ça m’énerve ! »

 

Un an et demi après un Rome II Total War catastrophique à son lancement (réparé avec l’Emperor Edition), Creative Assembly nous présente son dernier petit bébé : Attila Total War. Avec ce nouvel opus, le studio anglais a la volonté de se réconcilier avec les fans de la première heure dont je fais partie. Mais plutôt que les mots, jugeons les actes et allons voir de plus près ce que Attila offre aux joueurs.

 

La Fin d’un Monde

« Vous, vous devriez arrêter de sourire. J’vous promets, ça devient vraiment malsain. »

Avec Attila Total War, vous êtes plongés dans une ère de ténèbres, de guerres incessantes, d’épidémies, de famine et d’hiver glacial. Le contexte historique, la fin de l’Antiquité, est très intéressant à jouer puisque il sonne le glas de l’Empire Romain comme nous le connaissions. Cette période de l’Histoire est assez méconnue est sombre, et nous avons la sensation d’assister à la fin du monde ou plutôt d’un monde, celui de Rome et sa Pax Romana. C’est également l’heure de gloire des hordes de Huns dévastant tout sur leur passage avec à leur tête Attila, la star de cet opus. En dehors de l’Empire Romain décadent et de la Horde d’Attila, nous retrouvons plusieurs factions typiques, elles-même composées de sous-factions. Nous avons par exemple, les Royaumes Barbares composés des Francs (rappelez-vous Clovis, Charlemagne et tout ça) et de nos petits cousins germains (petit jeu de mot d’historien) les saxons. Ensuite nous avons les peuples migrateurs avec, non pas les manchots, mais les Vandales, les Wisigoths, les Ostrogoths et les Alains. Les tribus nomades représentées par les sanguinaires Huns sont évidemment de la partie. Les Romains sont divisés entre l’Empire Romain d’Occident et l’Empire Romain d’Orient (futur Empire Byzantin). Plus loin à l’Ouest, dans l’Orient mystérieux, nous retrouvons l’Empire Sassanide (descendant de l’Empire Perse) et pour finir (avec le DLC de précommande…), les peuples nordiques autrement dit les vikings composés des Jutes, des Danois et des Geats. Tout ce petit monde sera réuni pour se mettre joyeusement sur la tronche.

 

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« Je te mettrai à genoux, Arthur de Bretagne ! »

 

« Jamais je ne trahirai. Ave César ! Ave César ! […] La seule chose que je voudrais savoir, c’est si dans deux jours, je change d’avis, est-ce que la proposition tient toujours ? »

Chaque peuple possède évidemment ses propres caractéristiques, avantages, contraintes et objectifs. Par exemple l’Empire Romain d’Occident, menacé de toute part, devra faire face aux invasions tout en gardant l’ordre dans ses terres, probablement l’une des campagnes les plus difficiles qu’il m’ait été donné de jouer dans un jeu vidéo. Les peuples migrateurs fuyant l’hiver glacial, la famine et l’arrivée des Huns vont essayer de trouver refuge dans les Royaumes Barbares mais surtout dans l’Empire Romain à coup d’épées et de haches. Cette sensation de nécessité immédiate, de danger, nous pousse à prendre des risques et à massacrer même des alliés avec le discours « soit eux soit nous », intéressant ! Les Royaumes Barbares vont eux aussi devoir faire face aux invasions tout en se partageant les parts du gâteau romain et consolider leur pouvoir. Les Huns, vous l’aurez compris, ont pour mission de tout raser mais cela ne se fera pas sans difficulté. L’Empire Sassanide, en guerre ouverte contre son voisin l’Empire Romain d’Orient, voudra à tout prix rétablir l’ancien Empire Perse et laver l’affront passé commis par les grecs. Pour finir, les peuples nordiques vont se jouer différemment, à coup de raids et autres pillages, si vous aimez la série Vikings (la critique de David ici) vous trouverez là votre bonheur. Creative Assembly a réussi à mettre en scène avec brio cette période extrêmement riche du point de vu des factions.

 

Nombreuses petites améliorations

« Mon père, il n’était pas ébouriffé, déjà, hein, il avait une coupe à la con mais c’était plutôt aplati et puis il était pas vaporeux, voilà ! Allez, au lit ! »

Commençons par les nombreuses petites améliorations sur la carte de campagne par rapport à son grand frère Rome II Total War. Tout d’abord l’interface a été grandement améliorée avec des panneaux d’informations plus grands et donc plus visibles. Les icônes ont été refaites, elles sont certes moins esthétiques que sur Rome II mais gagne beaucoup en clarté. La carte de campagne, élément important de la série Total War, est plus jolie, plus claire et avec des effets de toute beauté. Bref de ce côté-là, Attila est mieux, beaucoup mieux même. Le gameplay en lui-même du côté gestion a aussi bénéficié de progrès notables. Premièrement, nous avons le retour très attendu de l’arbre de Famille où vous pourrez gérer votre dynastie et les intrigues politiques de votre faction. Vous pourrez attribuer des fonctions (des sortes de ministères) aux différents membres de votre famille afin de garder un contrôle optimal sur « l’État » tout en maintenant un équilibre sous peine de guerre civile. La diplomatie, problème récurrent à la série, a été légèrement améliorée et est plus cohérente mais reste, encore et toujours, source de frustration.

"Bohort, je vous donne l'ordre de vous rendre immédiatement en Andalousie pour y rencontrer le chef wisigoth et lui transmettre le message de paix suivant :... « Coucou ».."

« Bohort, je vous donne l’ordre de vous rendre immédiatement en Andalousie pour y rencontrer le chef wisigoth et lui transmettre le message de paix suivant : « Coucou » »

La nourriture est plus que jamais au cœur du jeu (le gras et le jambon comme dirait Karadoc), puisque Attila Total War se déroule dans une époque de famine et de récoltes désastreuses. Méfiez-vous, si votre peuple a faim, il vous le fera comprendre et ce n’est pas Marie Antoinette avec ses brioches qui me contredira n’est-ce pas ? L’ordre public et la santé sont également des éléments importants du jeu. N’oubliez pas que des soldats avec une diarrhée de tous les diables sont pas très efficaces au combat. Après les améliorations, jetons un coup d’œil sur les vraies nouveautés. Chaque tour sera maintenant l’équivalent d’une saison (Printemps, Été, Automne et Hiver), avec des conséquences sur le gameplay, comme par exemple le déplacement des troupes. Mais la vraie grosse nouveauté d’Attila tourne autour des mécaniques de gameplay des peuples barbares.

La plupart des factions du jeu ont un système de Horde. Je m’explique : si vous ne vous plaisez pas là où vous êtes, vous remballez tout et vous partez surtout si vous voyez les Huns arriver. Cette possibilité de jouer un peuple en perpétuel mouvement est très intéressante. Cependant être nomade ne veut pas dire absence totale de ville ; quand serez en mode Horde vous pourrez installer un campement fortifié et même l’améliorer comme vous le feriez pour une ville classique. Le mode Horde se termine si vous prenez d’assaut une ville et décidez d’y rester plutôt que de la piller et repartir, choix difficile mais parfois nécessaire.

"Vil félon, où as-tu dissimulé le Graal Sacré ? Dans ton cul ! Tu paieras pour cet affront !"

« Vil félon, où as-tu dissimulé le Graal Sacré ? Dans ton cul ! Tu paieras pour cet affront ! »

Toujours dans ces nouvelles mécaniques, vous pourrez partir de la colonie où vous êtes et dévaster la région en faisant une politique de la terre brulée. Très pratique pour ralentir un ennemi ou bien affamer une faction, la terre brulée est plus que le bienvenue et rajoute du piment aux campagnes. Pour finir sur le côté gestion, tous les aspects des précédents Total War, comme le commerce, l’espionnage et l’assassinat, sont toujours là . Un petit mot sur l’IA de campagne : avec Attila elle connait un véritable bond en avant. L’IA sera imprévisible et impitoyable, attention à vos miches !

 

"Cassez-vous ! Cassez-vous ! Cassez-vous ! Décarrez d’chez moi, bande de clampins ! Taillez-vous vite fait ! Et j’vous conseille de vous mettre au turbin, vous m’entendez ? Et le prochain qui se pointe avec un prototype, un vase à fleurs ou le pot de chambre de sa mamie, j’l’envoie garder les moutons dans les Highlands, pigé ?! Et tenez, reprenez vos merdes ! J'suis pas vide-grenier !"

« Cassez-vous ! Cassez-vous ! Cassez-vous ! Décarrez d’chez moi, bande de clampins ! Taillez-vous vite fait ! Et j’vous conseille de vous mettre au turbin, vous m’entendez ? Et le prochain qui se pointe avec un prototype, un vase à fleurs ou le pot de chambre de sa mamie, j’l’envoie garder les moutons dans les Highlands, pigé ?! Et tenez, reprenez vos merdes ! J’suis pas vide-grenier ! »

 

 

 

Des batailles plus immersives que jamais

 

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« Décarre tes troupes de chez moi ou j’crame ton pays. C’est assez simple comme vocabulaire ? »

Les batailles en temps réelles ont aussi eu le droit à leur lot d’améliorations et autres nouveautés. L’IA est beaucoup moins bête, même si il y a toujours quelques incohérences. Mais il faut avouer que les soldats ont maintenant un comportement plus réaliste, notamment au niveau du moral. Les unités en difficulté ne vont pas hésiter à reculer pour mieux se reformer ou se rallier après un choc violent. Les sensations sont très bonnes et très proches des anciens opus Rome Total War et Medieval II Total War, voire même Shogun 2 Total War : plus tactique, plus dynamique et surtout moins brouillon que Rome II Total War. Évidemment chaque faction et peuple possède des unités et des stratégies qui lui sont propres. Cela ajoute encore plus de difficulté à la campagne de l’Empire Romain d’Occident vu que nous nous battons contre une multitude de peuples différents dès le début. Il faudra par conséquent adapter sa stratégie par rapport à son ennemi. : utiliser une cavalerie lourde contre un peuple usant principalement des fantassins peut être efficace, mais contre les Huns et leurs archers à cheval vous irez tout droit au désastre.

"Nouvelle technique : on passe pour des cons, les autres se marrent, et on frappe. C’est nouveau. […] Ah non, ça c’est que nous. Parce qu’il faut être capable de passer pour des cons en un temps record. Ah non, là-dessus on a une avance considérable."

« Nouvelle technique : on passe pour des cons, les autres se marrent, et on frappe. C’est nouveau. […] Ah non, ça c’est que nous. Parce qu’il faut être capable de passer pour des cons en un temps record. Ah non, là-dessus on a une avance considérable. »

La composition des armées est devenue beaucoup plus hétéroclite qu’avant, et selon certaines situations vous aurez besoin d’unités bien précises. Par exemple, les raideurs (ou éclaireurs) très mobiles pourront capturer des points stratégiques ou mettre le feu à certains bâtiments pour faire bouger l’armée adverse.

 

 

"Ah le printemps! La nature se réveille, les oiseaux reviennent, on crame des mecs."

« Ah le printemps ! La nature se réveille, les oiseaux reviennent, on crame des mecs. »

 

 

Le feu, la grosse nouveauté du jeu, devient ici un des éléments clés d’une bataille. Dans Attila, le feu a une physique très réaliste, se propageant d’un bâtiment à l’autre et pouvant causer des dégâts à l’ennemi physiquement ou moralement. Les cités en flammes renforcent vraiment le côté apocalyptique du jeu. Concernent les sièges, plus longtemps vous tiendrez un siège plus la cité deviendra délabrée et affichera les stigmates de la guerre.

 

"Messieurs dames, dans quelques instants le grand spectacle de la souffrance. Si vous pouvez tâcher moyen de vous éloigner de 25 pieds, bons pieds, hein parce que ça va gicler un peu. !"

« Messieurs dames, dans quelques instants le grand spectacle de la souffrance. Si vous pouvez tâcher moyen de vous éloigner de 25 pieds, bons pieds, hein parce que ça va gicler un peu ! »

Autre grosse nouveauté concernant les sièges, la possibilité de fortifier la ville avec des barricades, pieux et autres pièges qui vont renforcer le côté tactique du jeu. Les batailles navales ont été revues, devenant plus réalistes, alors faites attention lorsque vous transportez des troupes à bien les escorter, sous peine de voir couler vos navires avec toute votre armée (pas cool, pas cool du tout même…). Dernière petite nouveauté, l’apparition pour la première fois dans un Total War des civils fuyant le chaos des combats durant les batailles. Anecdotique mais sympa, cette option sera surement mieux exploitée dans des futurs mods.

 

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« Mais j’ai pas l’temps de faire de la broderie, maintenant ! J’vous dis qu’on est en train de se prendre une peignée ! »

 

Politique du DLC et Configuration requise
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« J’suis chef de guerre moi, j’suis pas là pour agiter des drapeaux et jouer d’la trompette… »

 

"Oui, je sais, j'ai arbitré un peu sec. Mais en même temps…"

« Oui, je sais, j’ai arbitré un peu sec. Mais en même temps… »

Le moteur graphique d’Attila est le même que Rome II Total War avec quelques améliorations, c’est donc super beau. Les filtres graphiques et les jeux de lumières, notamment avec le feu et la fumée, font vraiment d’Attila Total War un jeu sombre qui reflète parfaitement son époque. Le jeu est certes magnifique, mais à condition d’avoir une grosse bécane. Et c’est là que ça coince, les configurations demandées par Creative Assembly pour faire jouer Attila de façon optimale sont très élevées. La raison ? Attila Total War ne serait pas un jeu destiné à cette génération de hardware mais à la prochaine, curieux. La vraie raison ? Un manque total d’optimisation qui devrait, du moins je l’espère, être réglé avec de futures mises à jour. Côté bugs, nous sommes très loin de Rome II à sa sortie et le jeu est très bien peaufiné. Cela ne veut pas dire que nous avons une absence totale de bugs, chose difficile dans un jeu de cette ampleur, mais les mises à jour devraient petit à petit y remédier. Maintenant venons-en au sujet qui fâche, la politique des DLC.

Je n’ai absolument rien contre les DLC s’ils sont de qualité, proposés à un prix correct et pas disponibles immédiatement à la sortie du jeu. Sauf que là, nous avons dès la sortie, non pas un, mais carrément deux DLC (en bonus de précommande pour les peuples nordiques) disponibles à 8 euros environ. Je ne trouve pas ça très correct de la part de Sega, surtout quand on sait qu’Attila est censé être le jeu de la réconciliation. J’espère que nous n’aurons pas trop de ces petits DLC qui devraient être en toute logique inclus dans le jeu de base. Par contre, des gros DLC de qualités comme Fall of the Samurai pour Shogun 2, oui, avec plaisir ! Et je pense parler au nom des fans de la série.

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« Ah ! ben ça… i’faut se méfier, avec les mecs à cran ! »

Attila Total War est ce qu’aurait dû être Rome II à sa sortie. Si vous aviez peur que le jeu soit un simple reskin de Rome II, je vous rassure tout de suite Attila est un excellent Total War. Grâce à de nombreuses petites retouches, des nouveautés bien amenées et un gameplay qui se rapproche des anciens opus, notamment Shogun 2, Attila redonne ses lettres de noblesses à la série. Le contexte historique – la fin du monde Romain – est très bien retranscrit à l’écran. Avec ses airs d’Apocalypse, Attila Total War est à la fois sombre et épique. Entre les Huns à l’est guidés par le Fléau de Dieu, le froid glacial qui arrive du nord et la famine qui gronde, vous aurez de quoi faire durant de longues heures.

Attila Total War
Edité par Sega
Développé par Creative Assembly
Prix: 40 euros

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