Au secours (Scream Queens 2×01)

Au secours (Scream Queens 2×01)

Note de l'auteur

Que se passe-t-il quand les experts de l’anthologie (Brad Falchuk et Ryan Murphy) tentent de jouer la carte de la continuité pour la seconde saison de Scream Queens ? Ils se prennent une belle gamelle, si l’on en juge le premier épisode de la saison, diffusé la semaine dernière aux États-Unis. Bienvenu dans un univers où plus rien n’a de sens, et rien ne va.

Imaginez un peu. Vous avez préparé un bol de semoule hier et il vous en reste. Cela dit, vous n’en avez pas assez pour un repas complet. Du fait, vous décidez d’en refaire. Cependant, au lieu de verser votre semoule non cuite dans un nouveau bol, vous la mélangez avec votre semoule prête. Et pour enfoncer le clou, vous arrosez le tout d’eau bouillante. Vous imaginez ? Le résultat n’est pas fameux, n’est-ce pas ? Vous obtenez un mélange de semoule collante et sèche qui patauge dans l’eau. C’est immangeable et vous devez tout jeter. Le premier épisode de la saison 2 de Scream Queens, c’est à peu près pareil. Vous pensez que cette analogie est un peu trop capillotractée ? Ça tombe bien, cet épisode l’est aussi.

season2posterSi l’on ne sait absolument rien de la saison 2 de Scream Queens et que l’on aborde son premier épisode démuni de toute attente, on pourrait penser qu’il s’agit d’un nouveau départ, avec les mêmes acteurs dans la peau de nouveaux personnages, telle une anthologie à la American Horror Story. Après tout c’est à s’y méprendre : le décor se plante dans un hôpital, une séquence d’ouverture nous transporte en 1985 pour nous présenter un nouveau meurtre, et il y a de quoi penser que nous nous trouvons dans une nouvelle histoire. Sauf que non. Voilà que débarque Cathy Munsch (Jamie Lee Curtis) en directrice d’hôpital. La confusion se fait grande, peut-être que les personnages ont les mêmes noms mais sont des personnes différentes ? C’est la seule explication qui semble compréhensible, ou avec un semblant de crédibilité. Sauf que non : même personnage, deux ans après les événements de la saison 1, basculés dans un contexte totalement différent avec les explications les plus alambiquées possibles. Scream Queens pouvait se permettre de tirer sur la corde de l’absurdité en saison 1 et s’en sortir sans problème ; là, la pilule passe difficilement.

La carte de l’humour ne suffit pas à sauver la crétinerie scénaristique qui embrume ce premier épisode. Les personnages sont reliés les uns aux autres par des prétextes qui ne tiennent pas debout. Que Munsch recrute Zayday (Keke Palmer) pour étudier dans son hôpital passe encore, mais qu’elle fasse appelle aux Chanel (qu’elle a toujours détesté et qui n’ont pas du tout leur place dans un hôpital) n’a pas de sens. Mais l’idée de départ de mettre Munsch à la tête d’un hôpital dédié à la recherche de remèdes aux maladies incurables n’est pas bien crédible non plus, alors autant pousser le vice jusqu’au bout. Ajouter à cette mixture improbable John Stamos et Taylor Lautner, principalement là pour enlever leurs chemises ou lancer des sourires séducteurs, et vous obtenez un épisode qui tente désespérément de combler le vide laissé par certains éléments de la saison 1 et de continuer à faire avancer son navire.

screams0004Sauf que non, non, non, et non. Rien ne colle. La série joue toujours sur l’exagération et l’absurde mais vire au n’importe quoi total en essayant de faire coïncider sa narration avec les événements passés. Tout est tellement tiré par les cheveux que cela donne envie de s’arracher les siens. Pire, l’épisode s’ouvre sur 1985 et l’introduction d’un meurtre à l’époque, pour ensuite laisser cet arc narratif de côté jusqu’à la toute fin de l’épisode, dans le seul but de réintroduire en vrac les personnages de la saison précédente dans un mélange narratif qui n’a ni queue ni tête. Résultat, le tout patauge dans la semoule et ne forme qu’un tout repoussant. À ce rythme-là, la saison entière risque fortement de nous coller une indigestion. 

Certains argumenteront peut-être que Scream Queens ne s’est jamais prise aux sérieux. C’est bien vrai, mais le secret d’une série réussie qui ne se prend pas au sérieux, c’est de ne pas prendre son public pour des débiles. Hors, dans ce cas précis, Scream Queens est sur une pente très savonneuse et risque de perdre nombre de téléspectateurs en route si elle ne renverse pas rapidement la vapeur. Son retour est un désastre mais qui sait, il est peut-être encore temps de sauver la série.

Partager