Banshee remet le moteur en marche (critique du 2×01)

Banshee remet le moteur en marche (critique du 2×01)

Note de l'auteur

Pour Lucas Hood, c’est bientôt l’heure de distribuer à nouveau des gnons.

Le week-end dernier, Greg Yaitanes et ses petits copains ont rouvert les portes d’une des villes les plus hallucinantes des Etats-Unis. En montrant qu’ils avaient toutes et tous le sens de l’accueil. Nous voilà donc reparti pour un tour.

Lorsque l’on regarde Little Fish, le season premiere version 2014 de Banshee, on s’aperçoit vite que c’est un petit condensé de tout ce que l’on est en droit d’attendre d’un bon épisode d’ouverture.

Un bon épisode d’ouverture de saison, à mon sens, réunit trois qualités.

D’abord, il replace directement le téléspectateur dans le contexte  de la série, en s’appliquant à montrer ce qu’elle a de particulier (pour replonger directement dans l’intrigue). Ensuite, il montre que tout ce qui fait le succès  de l’histoire est là et bien là mais que tout est à nouveau en mouvement. Enfin, il esquisse des pistes sur ce qui  attend le téléspectateur dans un avenir très proche.

Le plongeon dans le contexte, d’abord. A titre personnel, je me suis rendu compte qu’au fil des mois, j’avais oublié Banshee. Oh, pas ses séances de baston dantesques, ou ses femmes qui viennent systématiquement à la rencontre du shérif Hood pour finir la séquence d’après dans son lit (si on a l’un, on a l’autre : n’est-ce pas, Nola Longshadow / Odette Annable ?). Je n’avais pas non plus oublié les gueules qui peuplent la ville et ses alentours. Non tout ça, ça va.

Quand je dis que j’ai oublié Banshee, je parle de cette atmosphère unique, poisseuse et prégnante, qui colle à chaque séquence, chaque image. Revenir à Banshee, c’est croiser des visages entre ombre et lumière, capables de faire tout et n’importe quoi. Dans une tension permanente, un peu malsaine et un peu délirante.

On va retourner chez les Amish.

A ce titre, le début de l’épisode fait un boulot assez remarquable. En une poignée de scènes (Hood qui se réveille avec Carrie près de lui ; Proctor qui accompagne Rebecca jusque devant son ancienne maison), on est de nouveau immergé dans cette ville qui a goût de soufre et de sang. Instantanément.

Le maire est mort, la fusillade avec Rabbit et ses hommes ont laissé des traces et l’heure est maintenant venue de faire les comptes. Pour ce faire, Jonathan Tropper et Greg Yaitanes introduisent un nouveau personnage, l’agent spécial Jeff Racine (Zeljko Ivanek).

Dans un rôle pas très éloigné de celui de Ray Fiske dans Damages – parfumé façon Banshee : cet homme est un désaxé comme les autres – Racine fait le lien entre tout ce qui s’est passé et tout ce qui se profile à l’horizon. Déterminé à faire la lumière sur ce qui est arrivé à Rabbit, il s’aliène rapidement plusieurs personnages de la ville. Il oriente aussi, du même coup, l’intrigue dans une nouvelle direction puisqu’il est lui-même à la recherche de quelque chose. Ou plutôt de quelqu’un pas vraiment mort et qui n’aime pas les écureuils.

L’épisode gratifie également le spectateur d’une excitante séquence avec un fourgon qui nous rappelle que la série ose à peu près tout. C’est bien, c’est très bien filmé. Par contre, pour le reste, on attendra encore un peu. Notamment pour savoir quels seront les grands axes de ces dix nouveaux épisodes. Ca sent la crise d’adolescence pour Deva, il va encore falloir compter avec les Longshadow et on ignore ce que va faire Gordon Hopewell… mais tout ça reste assez flou.

C’est peut-être sur ce point que l’on reste un peu sur notre faim. On a vu des séries esquisser les grandes lignes de sa saison plus directement (Justified saison 2, par exemple). Mais bon, on ne va pas trop faire la fine bouche : dès l’ouverture, Banshee nous remet la tête dans ses histoires délirantes et débridées. Et mine de rien, ça fait du bien.

BANSHEE, saison 2, épisode 1 (Cinemax)
Little Fish
Ecrit par Jonathan Tropper
Réalisé par Greg Yaitanes.

Avec Antony Starr (Lucas Hood), Ivana Milicevic (Carrie Hopewell), Ulrich Thomsen (Kai Proctor), Ben Cross (Rabbit), Zeljko Ivanek (Agent spécial du FBI Racine).

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