#Berlinale Critique de #Freakshow

#Berlinale Critique de #Freakshow

Note de l'auteur

freak-show copieAdapté du roman éponyme de James St. James, Freak Show est le premier long métrage de Trudie Styler. La réalisatrice signe ici un film à l’esthétique maîtrisée, au casting éblouissant ; et renouvelle le teen-movie de manière rafraîchissante.

Synopsis : Billy, 17 ans, jeune homme flamboyant, a été élevé dans le Connecticut par sa mère tout aussi allègre. Ce dernier se retrouve obligé d’aller vivre chez son père et découvre son nouveau lycée privé dans le sud profond de la Floride. L’adolescent décalé se retrouve rapidement harcelé par ses camarades de classe. Comment Billy va-t-il parvenir à survivre dans ce lycée ultra-conservateur ?

« If life kicks you, you just have to kick higher » / « Ce qui ne te tue pas te rend plus fort » tel est le mantra de Billy, notre héros. Il aime se maquiller, il a un style bien particulier, bref autant vous dire que cette arrivée dans un nouveau lycée ne s’annonce pas simple pour lui. Mais s’il y a bien une chose que Billy n’a pas envie de faire, c’est de s’effacer, de prétendre qu’il est quelqu’un d’autre en restreignant ses tenues au plus simple des bluejeans. Sa mère lui a bien dit, « Si on t’en fait baver, il faut résister ». Mais la pratique s’avère bien plus compliquée qu’un simple mantra d’éducation : Billy devient vite la tête de turc de la classe. Il commence par être la cible des moqueries, des boules de papier mâchées, pour finir coincé par quelques uns de ses camarades mal intentionnés. Parmi eux : Lynette, jouée par Abigail Breslin, mini Trumpette en campagne pour la « présidence » du lycée (devenir « homecoming queen »), bien décidée à « rendre toute sa splendeur à l’Amérique », elle le dit elle-même « Let’s make America great again ». Petite anecdote : le film a été tourné pendant la campagne électorale, et, ce qui était autrefois une blagounette de scénariste s’avère être aujourd’hui une des punchlines les plus effrayantes du film. Ce qui pourrait passer pour un dessin caricatural des lycées américains est le témoignage d’un réel antagonisme ultra prononcé aux États-Unis prouvé par ces derniers mois. Là où les précédents teenage movies donnaient aux protagonistes LGBT, Queer, les rôles secondaires, Freak Show leur fait la place belle : Billy est le personnage principal dont on suit le point de vue tout au long du film. Aussi, c’est avec une grande justesse que le long métrage parvient à rendre hommage au genre, avec de nombreuses références à ses pairs : Mean Girls (Lolita malgré moi), Easy A ; mais surtout qu’il réussit à le renouveler.

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L‘esthétisme du film est éblouissant. L’image de Dante Spinotti (directeur photo d’Heat et de L.A. Confidential entre autres) procure à Freak Show une apesanteur envoutante, les costumes de Colleen Atwood (collaboratrice de Tim Burton sur de nombreux films) ont des couleurs éclatantes et les maquillages sont juste complètement dingues.
La composition des plans est souvent référencée : tableaux, scènes de films, etc. ; mais toujours au service de l’histoire, du décalage et de la comédie. 
Le montage regorge de bonnes idées et vient de coller à la musique dans un rythme parfaitement maîtrisé (tant dans l’humour que dans l’émotion). La B.O. est composée de plusieurs titres populaires que l’on a plaisir à retrouver (Ça plane pour moi de Plastic Bertrand, mais aussi des petites pépites comme Electric Love interprétée par BØRNS, et bien d’autres surprises.

Daniel Wu as Sunny - Into the Badlands _ Season 2, Episode 3 - Photo Credit: Antony Platt/AMC

Reste un des points forts du film : ses acteurs. Après plusieurs centaines de casting, c’est en Angleterre que Trudie Styler a trouvé son Billy : Alex Lawther. Convaincant dans l‘épisode 3 de la dernière saison de Black Mirrors, ainsi que dans le rôle du jeune Alan Turing dans Imitation Game, le comédien signe ici une prestation intense et touchante. Le regard bouleversant, le visage fin, il se livre sans retenue et convainc par sa sincérité. Bette Midler, dans le rôle de la mère est en feu. La jeune distribution est remplie de fraîcheur, parmi eux : Ian Nelson (Teen Wolf), Abigail Breslin (Little Miss Sunshine), AnnaSophia Robb (Charlie et la chocolaterie, Le Secret de Terabithia).

Freak Show est un film anti-catégorisation, une bouffée d’air frais, un hymne à la tolérance drôle, malin et surtout nécessaire, qui, espérons-le, deviendra culte pour la nouvelle génération.

Freak Show
Réalisé par Trudie Styler
Avec Alex Lawther, Bette Midler, AnnaSophia Robb, Laverne Cox, Abigail Breslin…

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