Les séries trop courtes : Better Off Ted et la science du rire

Les séries trop courtes : Better Off Ted et la science du rire

Note de l'auteur

Le casting de Better Off Ted. Photo 20th Century Fox

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme », pour Pascal. Pour le producteur Victor Fresco, c’est surtout un bon prétexte pour produire une série à l’ironie mordante. Si vous n’avez jamais vu cette sitcom assez fine dans son analyse des rapports humains au travail, c’est le moment de vous y mettre.

Bienvenue chez Veridian Dynamics, société incontournable sur le marché de l’invention incongrue. Vous rêvez de posséder une chaise qui gratte ? C’est possible. Vous vous êtes déjà demandé ce que ça ferait d’avoir une dinde suicidaire ou des pâtes qui rendent aveugle ? Chez Veridian, on y a aussi songé. Et pire : on les a déjà testées.

Pendant longtemps, ça n’a posé aucun problème à Ted Crisp, à la tête du département recherche et développement de l’entreprise. Sauf que faire du profit tout le temps, par n’importe quel moyen et n’importe comment, ce n’est pas toujours évident. A plus forte raison quand vous élevez seul une fille de sept ans qui vous pose souvent des questions. Par exemple, pourquoi l’entreprise veut-elle cryogénier Phil, un de ses laborantins ? (C’est l’histoire du pilote).

Phil : il sert la science et ça fait sa joie (enfin presque). Photo 20th Century Fox

Victor Fresco est un homme qui a du talent. Et il est plutôt du genre têtu. Après Andy Richter Controls The Universe, le showrunner tentait ici une nouvelle incursion comique dans le monde du travail. C’était en 2009, c’était sur ABC. Ca n’a duré que deux saisons de treize épisodes… et à chaque fois que l’on parle de Suburgatory (le projet auquel le bonhomme s’est ensuite associé), ça fait un peu pleurer, tout de même.

La force de Better off Ted se résume en une équation pas trop complexe. Vous prenez des personnages bien dessinés, vous ajoutez des histoires dans lesquelles le progrès et l’innovation sont confrontées à l’éthique, vous multipliez tout ça par une donnée clef (la vie en entreprise) et vous obtiendrez une sitcom assez bluffante.

Les meilleurs épisodes de la série sont effectivement ceux qui combinent ces trois données. D’abord parce que, à tous les coups, Ted se retrouvera coincé bien comme il faut entre Veronica (sa boss, campée par une formidable Portia de Rossi) qui ne pense qu’aux chiffres et Linda, en charge de la partie « test » et qui se soucie d’abord de l’humain (Andrea Anders, à croquer).

Ensuite parce que les inventions les plus délirantes sont souvent liées à des questions qui égratignent le politiquement correct (Ah, le système d’éclairage automatique qui ne repère pas les Noirs…).

Enfin parce que la connaissance des us et coutumes aux pays des costumes (cravate) peut donner des scènes absolument géniales (Tous ceux qui connaissent le projet Jabberwocky le savent. Pas vous ? En fait, c’est normal… vous comprendrez dans l’épisode 12).

Dans la saison 2, par à-coups, les scénaristes perdent un peu de vue l’importance de la formule. De façon légère, puisque les épisodes fonctionnent mais ils oublient parfois le côté « Délire vraiment  bien maîtrisé » du show. Est-ce que ça justifiait une piteuse annulation au bout de 26 épisodes ? Certainement pas : le potentiel de Veronica était vraiment fort, le duo Ted/Linda avait un charme certain et la richesse du sujet est aussi énorme qu’une citrouille transformée en arme de guerre.

Voilà pourquoi vous devez voir la série, et profiter des incontournables pubs pour Veridian Dynamics.

 

 

Une série pleine de surprises (et parfois des épées). Photo 20th Century Fox

 

BETTER OFF TED

ABC / 2009-2010 (deux saisons de 26 épisodes)

Série créée et showrunnée par Victor Fresco

Avec Jay Harrington (Ted Crisp), Portia de Rossi (Veronica Palmer), Andrea Anders (Linda Swordling), Jonathan Slavin (Phil Mymen), Malcolm Barret (Lem Hewitt), Maz Jobrani (Dr Bhamba).

 

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