Bilan : Détectives (saison 2)  – Pour un nouveau départ ?

Bilan : Détectives (saison 2) – Pour un nouveau départ ?

Note de l'auteur

Détectives5Il amusant de noter que les dernières images de la saison se déroulent à l’exact endroit où est placé le commissariat (enfin, la DPJ) de Profilage. Il n’y aucune chance que les deux univers se croisent mais cette présence fantomatique dit combien les deux séries sont proches. Comme si l’on superposait deux réalités à la manière de Silent Hill. La conjonction est possible parce que les deux séries ont su intégré des codes d’écriture que l’on retrouve chez les homologues américains. Des codes de fabrication comme elles ont le mérite d’exister de façon propre, sans avoir à chercher une descendance trop marquée.

Une question de dynamisme, de gestion de différentes trames narratives, conjuguées de façon à obtenir un spectacle vif, énergique, cherchant à ne plus lâcher le spectateur une fois l’épisode commencé. Chose que nous avions apprécié dans la première saison et que nous avons retrouvé au cours de la seconde. Et peut-être un peu mieux maîtrisé dans la juxtaposition des deux enquêtes. Les premiers épisodes laissaient entrevoir cet aspect bancal, en traitant, à différente échelle, deux affaires dont le ton opposé nuisait à l’appréciation générale. Cela créait un décalage trop marqué. Par la suite, l’antinomie s’est effacée et la série a su trouver un nouveau souffle, tout en creusant ses thèmes familiaux.

Détectives a trouvé son style. Les épisodes s’enchaînent naturellement comme on peut en attendre d’un formula show policier (au niveau du mécanisme du récit). Cependant, elle souffre à un endroit précis : la gestion de son fil rouge, le traitement du feuilletonnant. Trop effacé en première saison, arythmique en seconde, sa gestion manque cruellement d’une personne à la barre, capable de diriger l’évolution du récit. L’ensemble trop chaotique respire l’approximation permanente et s’achève dans un dernier épisode trop précipité. Le problème vient peut-être de la volonté de lier l’univers de Nora et Philippe avec la femme de ce dernier. De faire de sa disparition un mystère où plane la DGSE quand il fallait peut-être scinder les deux parties et traiter d’un côté l’espionnage et de l’autre le drame familial. C’est d’autant plus dommage que le final a su se révéler roublard et malin dans son aptitude à promener le spectateur en lui faisant croire qu’il avait souvent un coup d’avance.

La série est encore une pierre un peu brute qui demande à être travaillée. Si les défauts apparaissent, ils sont une imperfection facile à corriger. Cette saison achève un cycle et laisse le champ libre aux auteurs pour capitaliser ce final. Ce sera peut-être salvateur, libéré du poids d’un arc dont l’évolution semblait être davantage un fardeau qu’une motivation. Dans un genre un peu différent, White Collar a su rebondir au fil de ses trames feuilletonnantes avec beaucoup d’intelligence et d’efficacité. Il faut souhaiter à Détectives un avenir similaire : un produit dont l’efficacité et le dynamisme conduit à la sympathie, avec ce petit soupçon d’ambition qui lui permettrait d’assurer son avenir. A l’heure où nous écrivons ces lignes, la troisième saison est en cours d’écriture mais attend le feu vert de France Télévisions. Espérons que l’annonce sera positive, la télévision française a aussi besoin de séries comme Détectives (ou Profilage, Falco) pour créer un vaste paysage sériephile.

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