Bilan : Major Crimes (saison 3 – 1ère partie)

Bilan : Major Crimes (saison 3 – 1ère partie)

© Warner Bros. Television

© Warner Bros. Television

Petite grande série. Avec humilité, Major Crimes poursuit sa route continuant là où The Closer s’était achevée. Troisième saison (dont la première partie s’est achevée il y a quelques jours) et la rigueur caractéristique affichée n’a pas faibli.

C’est soulagée du danger d’un fil rouge qu’elle débute une nouvelle année. Pas vraiment un nouveau départ, le terrain n’est pas vierge mais un démarrage sans munition, sinon les personnages. Si les deux premières saisons s’évertuaient à mêler ou opposer l’humain et l’objet, personnifiée par la nature particulière de Rusty (témoins principal dans l’affaire Stroh), la troisième s’affranchit du domaine policier pour une nature plus soapesque. Au coeur, la relation Sharon/Rusty, libérée des contingences bureaucratiques se place dans une vraie position mère/fils. Cette relation, c’est l’âme de la série. Ce qui la distingue de la production policière classique mais également de sa grande soeur The Closer.

La recette est simple et si compliquée à la fois. Justesse d’écriture, d’interprétation. Des principes élémentaires et pourtant difficiles à atteindre dans une harmonie aussi parfaite. Major Crimes est un formula show policier. Elle s’accroche à sa nature à deux mains, rejouant cette partition bien maîtrisée qu’elle connaît quasi par coeur. L’étincelle, le caractère imprévisible se joue en Rusty. Comme si deux astres devaient éclairer le monde de Major Crimes. L’enquête policière sur une face, la reconstruction de Rusty sur l’autre.

Et l’enquête policière possède une saveur singulière. Cette saison ne déroge pas à la règle. Chaque enquête questionne notre moralité dans ce qu’elle peut avoir de plus trouble et abjecte ; le système pénal américain, ses failles, sa lourdeur, ses limites ; le caractère besogneux du policier. Major Crimes ne se situe pas dans une recherche d’authenticité absolue comme a pu l’être The Wire mais rappelle les limites matérielles, humaines, financières d’une profession qui semble reposer uniquement sur le savoir-faire. L’intelligence est à l’honneur. Et cette intelligence peut parfois sembler cruelle, perfide et manipulatrice.

Au détour d’un épisode, cette première partie lance, sans mot dire, un backdoor pilot (dont on ne sait encore s’il donnera lieu à une série ou non). Un coup de projecteur est porté sur le S.O.B. (Special Operations Bureau) qui gère les interventions tactiques (SWAT, etc….). Cet épisode, s’il se porte davantage vers l’action, conserve cette rigueur personnelle qui résiste aux sirènes sensationnalistes. Seule la fin de l’épisode détonne dans le paysage par la froideur de l’exécution et son caractère extraordinaire. L’épisode est bon mais il est difficile d’entrevoir la réelle possibilité d’une série. Trop hyper-spécialisée, elle dresse ses propres obstacles pour une course que l’on imagine plus de vitesse que de fond.

 

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