Bis de Cannes (part 2)

Bis de Cannes (part 2)

Notre envoyé spécial à Cannes, Barry Convex, a écumé le marché du film à la recherche des pépites du cinéma bis, loin des paillettes et des cocktails, en bas des marches et du tapis rouge sang.

Si le marché du film est un réservoir inépuisable de productions de genre, la sélection officielle, qui n’hésite pas à s’encanailler depuis quelques années déjà, propose également son lot de films peu fréquentables.

The-SalvationLes séances de minuit sont un bon repaire pour les dénicher, même si, on le verra, la compétition propose aussi des ouvertures vers le genre. Première entrée des séances de minuit, The Salvation, de Kristian Levring, ne fait pas vraiment honneur au western européen. Le réalisateur danois place Mads Mikkelsen en immigrant danois dans un Ouest encore sauvage pour construire une histoire de vengeance des plus plates. Après une entrée en matière réaliste, le film se perd rapidement dans un scénario des plus simplistes et des personnages caricaturaux, la palme revenant à un Jeffrey Dean Morgan cabotin, ridicule en crapule nordiste brutale et avide de pouvoir.

the-roverThe Rover, de David Michod, autre film des séances de minuit, pourrait bien lui aussi être considéré comme un western. Mais un western post-apocalyptique façon Mad Max,Guy Pearce, mutique, cherche sans répit à retrouver sa voiture volée, abattant au passage tous ceux qui se placent en travers de son chemin. D’un nihilisme assez radical, le film pêche néanmoins par excès de longueurs. Le scope, les déserts australiens très picturaux et une brochette de marginaux ne suffisent pas à maintenir l’intérêt pendant toute la projection. Vivement Mad Max 4 en ouverture de Cannes l’année prochaine.
relatos salvajesOn le disait plus haut, la compétition sait se donner le frisson du bis à l’occasion. Cette année, il est censé être fourni par Relatos salvajes, de l’Argentin Damian Szifron. Vingt ans tout juste après Pulp Fiction, le cinéaste tente le film à sketches, où se croisent constamment comédie et thriller. C’est peu de dire que la sauce ne prend pas. Malgré son habillage soigné, le film ne fait pas illusion plus d’un segment. La faute à de fausses audaces scénaristiques et à un sens du timing assez désastreux. Les segments, aux histoires assez téléphonées, sont souvent trop longs, et leurs chutes tombent inévitablement à plat. Et le cynisme mou de l’entreprise donne surtout l’impression que le film (racheté par Warner pour plusieurs territoires, dont la France) sert de carte de visite à son réalisateur pour travailler sur le sol américain.

Dans peu de temps, heureusement, on revient sur quelques productions du marché un peu plus originales et stimulantes.

Barry Convex

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