Bizarro’s World (critique de Man of Steel de Zack Snyder)

Bizarro’s World (critique de Man of Steel de Zack Snyder)

Man of Steel, l’adaptation de S*******

Les aventures de S******* sont donc sorties sur nos écrans dans Man of Steel. Si le combo Zack Snyder/Christopher Nolan en fait fantasmer plus d’un,  il ne faut pas pour autant croire que tout le monde fut heureux lors de l’annonce du projet. Pour certains, cela représente une certaine idée de l’horreur indéfinissable et absolue. Malgré tout, les craintes qu’un amoureux du personnage et du cinéma pouvait légitimement entretenir face à un film d’un gus aussi subtil qu’un éléphant dans un magasin de porcelaine, pouvaient s’envoler à la vision du long-métrage. Comme quoi, on peut parfois être très optimiste.

Mettons de côté pour le moment tout ce qui touche à l’adaptation pour rester sur le seul point de vue de la mise en forme. Man of Steel n’a pas vraiment grand-chose pour lui à ce niveau. Il est vraiment temps de mettre un contrat sur la tête de Goyer et de lui interdire d’écrire tout scénario pour le cinéma. Le film est plombé par une écriture lourde, sans rythme, accumulant les poncifs (Jésus, reviens, Jésus, reviens, Jésus reviens parmi les tiens…) et empilant des idées de différents comics (S******* – Les origines, S******* Earth One par exemple) ou projets avortés sans jamais les digérer pour en faire un tout cohérent.

On pouvait espérer que Zack Snyder relève le niveau mais le réalisateur du très bon remake de Dawn of the Dead confirme ici son statut : il est un cinéaste bourrin et sans finesse. Ce n’est pas dommageable en soi mais le réalisateur n’est clairement pas apte à conduire des projets aussi subtils et difficiles que Watchmen ou une adaptation de S*******. Le véritable problème n’est pas que le blason du personnage se doive d’être redoré mais que la société a mal vieilli, non l’inverse. Difficile alors pour un réalisateur comme Snyder de trouver le ton juste pour adapter les aventures de S******* et faire admettre que la vérité, la justice et l’idéal n’ont rien de drôle.

« Tu vois sans le slip j’ai l’air moins con »
« ouais sur… »

Quoique sur ce dernier point, le film n’est en effet pas drôle. Jamais ! On peut y voir là encore la manifestation de la négation de la nature même de super-héros lumineux de S*******, tout comme le fait de ne jamais nommer Metropolis. Bien sûr, on pourrait rétorquer qu’il s’agit là d’un S******* Begins mais est-ce vraiment une approche pertinente compte tenu de l’importance du personnage dans la culture populaire ? Toutefois et malgré ce choix de facilité, il y a un point sur lequel le film pourrait être intéressant : la question de la réaction de notre monde face à l’arrivée d’aliens. Il est probable que limiter au maximum les références à l’univers du comic participe à cette idée (et facilite le succès du film auprès d’un public peu enclin à lire des BD avec des mecs en collants, la communication ridicule vis-à-vis de l’absence du « slip » est révélatrice à ce niveau). Toutefois, le potentiel n’est jamais bien exploité si ce n’est d’un point de vue religieux terriblement balourd.

Tout ces éléments sont combinés à une réalisation de parkinsonien avec comme nouveauté le zoom que Snyder utilise autant qu’il utilisait les ralentis, enlevant alors tout l’impact visuel de celui-ci de part sa régularité de métronome. Bref c’est 2h20 assez insupportable que ne viennent pas sauver les séquences d’actions du film qui, si elles peuvent faire illusion sur l’instant présent, vieillissent déjà très vite. Lire des critiques sur Superman Returns et son rapport à l’action et voir encenser ce truc dépasse complètement l’auteur de ces lignes. Suffit-il donc de voir deux bœufs se battre et détruire une ville sans se soucier des gens autour pour faire un bon film de S******* ?

« Moi Souperman ! »

Concernant l’adaptation et la fidélité à l’œuvre, si on veut rester poli, on dira qu’en partant du principe que Man of Steel est l’adaptation des aventures de Bizarro, le respect est alors total. Que ce soit clair, si Snyder, Goyer et Nolan n’avaient pas envie de faire un film sur S*******, personne ne leur en aurait voulu de faire un film sur un clone de celui-ci. Ce n’est pas ce qui manque et cela peut même être très pertinent (voir par exemple l’idée d’un simili Superman devenant l’ennemi de l’humanité dans Irrécupérable de Mark Waid). Enfin peut-on sincèrement parler de film de super-héros pour un film où le gus sauve juste deux pauvres militaires à partir du moment où il est S******* ?

Si on extirpe chaque élément, on trouve des trucs sympathiques mais la combinaison (du moins son absence) donne un aspect totalement ridicule à l’ensemble. Au même titre que les Batman de Nolan, Man of Steel est une espèce de gloubiboulga de trucs piochés à droite et à gauche sans aucune réflexion quant à la pertinence de les mettre dans l’univers de ce personnage. Le traitement de Jonathan Kent est à ce titre particulièrement pitoyable et révoltant.

Nous passerons poliment sur le fait que le film évite totalement de faire référence à son œuvre initiale au point de s’excuser de demander pardon d’appeler l’alien S*******. Au final Man of Steel est un très mauvais film formellement parlant, dont l’approche thématique voire idéologique inquiète assez quant à l’état de notre société actuelle. On conclura en citant la remarque d’un inconnu du web qui résume tout à fait le problème de ce film : « C’est le premier Superman où tu te dis que le monde se porterait mieux s’il était resté sur sa planète » (Si quelqu’un me retrouve l’auteur de ces mots, je lui en saurai gré)

 

Ok là je suis d’accord, ça me parait plus clair

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