Brooklyn Nine-Nine parle aussi de gastronomie. Et ça ne rigole pas !

Brooklyn Nine-Nine parle aussi de gastronomie. Et ça ne rigole pas !

A l’occasion de la diffusion de la série Chefs sur France 2, le Daily Mars revient cette semaine sur les rapports qui unissent la série et la cuisine. Aujourd’hui, Bruno explore l’intérêt de la sitcom pour la nourriture à travers le portrait de deux personnages. Une démarche qui démontre une autre approche que celle, tout aussi sérieuse, de la série Hannibal et son cannibale épicurien.

Brooklyn-Nine-Nine-affiche

Nous avons déjà évoqué à plusieurs reprises cette comédie sympathique et sans prétention qu’est Brooklyn Nine-Nine. Déborah en parlait ainsi récemment, s’intéressant à la diversité des personnages du 99th District de Brooklyn, qu’il s’agisse de la diversité de leurs origines ou de celle de leurs orientations sexuelles (c’est à lire ici).

Mais s’il y a un autre sujet sur lequel on aime s’attarder dans ce petit commissariat, c’est bien celui de la gastronomie ! Ce n’est donc pas un hasard si l’enquête de son pilote est centrée sur le vol d’un jambon ibérique estimé à 6.000 $.

Ce thème de la gastronomie est principalement abordé dans la série à travers deux personnages qui ont, vis à vis des plaisirs de la table, deux positions totalement opposées :

Boyle déguisé en Mario Batali

Boyle déguisé en Mario Batali

Charles Boyle est un fin gourmet, un foodie comme on dit là-bas. C’est un passionné doté d’une culture culinaire extraordinaire, et il est clair que la gastronomie est au cœur de son existence (le métier de policier étant à l’évidence pour la plupart des officiers du commissariat un simple gagne-pain, et leur temps de travail est largement consacré à de nombreuses activités annexes !). Boyle analyse la qualité d’un plat selon 12 critères d’évaluation, publie un blog culinaire et une newslettter classant les pizzerias de Brooklyn possédant un nombre conséquent d’abonnés (il analyse bien entendu les pizzas en les recrachant ! Pas comme les amateurs qui ne peuvent plus sentir le goût une fois repus de quelques parts !), son « happy place » consiste en la dégustation d’un linguini d’une longueur fabuleuse dont la sauce change tous les 2 mètres, et il va vivre une intense mais courte une histoire d’amour avec Vivian Ludley, une passionnée de gastronomie paléolithique ayant publié un livre contenant les meilleures recettes à base de mousse (celle qui pousse au pied des arbres).

Le souriant capitaine !

Le souriant capitaine Holt !

A l’inverse le Capitaine Raymon Jacob Holt a, lui, vis à vis de la nourriture une approche totalement opposée puisque comme Valère, il considère qu’il faut manger pour vivre et non vivre pour manger. Ainsi, comme il l’explique lui-même, il serait tout à fait heureux de (sur)vivre en se nourrissant exclusivement de smoothie beige et sans goût contenant tous les éléments nécessaires à l’entretien du corps humain.

La série va s’amuser à confronter ces deux points de vue dans l’épisode 9 de la saison 2 (The Road Trip) dans lequel le capitaine Holt décide de préparer un magnifique petit-déjeuner à son ami Kevin – lui aussi passionné de gastronomie – pour célébrer leur anniversaire. Il va alors faire appel à Boyle pour l’y aider, ce que ce dernier acceptera, flatté de cette confiance car « préparer un repas pour un être aimé est un geste des plus intimes ».

Cette « collaboration » va évidemment être source de profondes déceptions pour Boyle, qui va découvrir que non seulement Raymond n’a pas le moindre sens du goût, mais qu’il n’entretient pas non plus le moindre attachement émotionnel pour la cuisine (à l’inverse de Boyle qui relie à chaque plat une histoire, un souvenir). C’est ainsi en tentant de découvrir la madeleine de Proust de son capitaine qu’il va lui demander d’expliquer son goût (le seul qu’il ait jamais déclaré) pour les sandwichs à la jelly et au beurre de cacahouète. Mais hélas, ce dernier n’apprécie ce plat que pour la durée de conservation de ses aliments et la facilité de sa préparation, et absolument pas pour son goût, moins encore pour une quelconque réminiscence de ses souvenirs d’enfances.

Le Capitaine Holt aura finalement raison de la patience de Boyle en versant du sel directement dans la poêle où il fait cuire (brûler) ses oeufs, commettant ainsi aux yeux de Boyle l’équivalent culinaire du sexe non protégé (puisque le sel doit bien entendu toujours passer par la main, voyons !). Trop, c’est trop !

The hand is always the middle-man !!!

The hand is always the middle-man !!!

Finalement tout finira bien, puisque le capitaine comprendra à la lecture du blog de Boyle que la nourriture peut aussi raconter aussi une histoire. Il préparera donc à Kevin de simples mais délicieux croquemonsieurs, pour lui rappeler celui qu’ils avaient partagé sous la pluie à Paris lors de leur premier anniversaire. Un beau moment d’émotion pour Boyle, vite assombri lorsqu’il découvrira que son capitaine est naturellement doué, le faisant soudainement se sentir tel Salieri.

De toute évidence, les auteurs de Brooklyn Nine-Nine sont donc épris de gastronomie, et ils ne lassent pas d’en parler et de nous faire rire avec. La Sainte Pizza de Brooklyn est leur étendard et Boyle leur champion dans cette perpétuelle déclaration d’amour qu’est leur série à la bonne chère et aux plaisirs de la table.

Vous voulez une dernière preuve que Brooklyn Nine-Nine est une série qui fait une place à part à la gastronomie ? Et bien sachez qu’elle assure sa promotion avec un Food-truck qui offre le petit déjeuner (avec bien sûr du café et des donuts, série policière oblige), Food-truck dans lequel officie parfois Joe Lo Truglio, l’acteur incarnant Charles Boyle, évidemment !

B99-Emmy-Truck

 

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