Richesse et variété du câble américain : SyFy

Richesse et variété du câble américain : SyFy

Cet été, le Daily Mars explore avec vous l’univers du câble américain. Loin d’être un simple espace où tout serait « simplement » permis, les chaînes qui font partie du câble payant (comme HBO ou Showtime) ou du câble basique (AMC, FX, TNT, etc.) tirent leur épingle du jeu en proposant des séries qui participent à l’histoire de la télé américaine. Aujourd’hui, place à SyFy.

Placée sous le haut patronage symbolique de Gene Roddenberry (Star Trek) et Isaac Asimov (Fondation) lors de son lancement en 1992, la chaîne dédiée à la SF du groupe NBC Universal a commencé très fort, avant d’élargir le spectre de sa programmation de façon plus ou moins réussie. Sa particularité ? C’est un aimant à projets plus ou moins fous.

syfy_logo

Une cérémonie en grande pompe au Hayden Planetarium de New York, à Manhattan. Un maître de cérémonie nommé Leonard Nimoy (Spock), les veuves de Roddenberry et Asimov en invitées de marque, Star Wars : Un nouvel espoir en guise de tout premier programme diffusé… le 24 septembre 1992, date de naissance de SyFy, ses créateurs voient les choses en grand.

À l’époque, la chaîne s’appelle encore Sci-Fi Channel : imaginé par Mitchell Rubinstein et Laurie Silvers en 1989, le projet mettra trois années à sortir des cartons pour une question de fonds. La chaîne devient réalité lorsque Universal et Paramount acceptent de se lancer dans le projet.

Le casting de Sliders saison 4, une des premières séries reprises par la chaîne pour diffuser des épisodes inédits.

Le casting de Sliders saison 4, une des premières séries reprises par la chaîne pour diffuser des épisodes inédits.

Les deux studios voient dans ce concept un bon moyen d’offrir une nouvelle fenêtre de diffusion à de gros classiques. Star Trek et Night Gallery, la série de Rod Serling (La Quatrième Dimension), font partie des tout premiers shows diffusés sur le canal.

Dans la grille des programmes, on retrouve aussi Dark Shadows, Les Envahisseurs ou encore Perdus dans l’Espace alors que des grands classiques ciné d’Universal comme Dracula et Frankenstein sont aussi à l’honneur. La politique de lancement joue donc la carte du vintage, mais aussi celle des références et de l’héritage commun.

Côté création, la chaîne monte en gamme tout doucement, en lançant Sci-Fi Buzz, un programme qui met en lumière les coulisses de la SF au cinéma et à la télé et Inside Space, qui s’intéresse au voyage dans l’espace, qu’il soit réel ou fictif. Quelques téléfilms sont également produits mais il faut attendre l’été 1998 pour voir la chaîne faire véritablement du pied aux sériephiles, en proposant des épisodes de séries inédits.

En accueillant Quinn Mallory et l’équipe de Sliders, Sci-Fi devient la nouvelle maison des projets à connotation fantastique qui ont une fanbase active. Initialement annulée par la Fox, la série se voit offrir une saison 4 et une saison 5 supplémentaires sur le canal.

En 2002, la chaîne transforme l’essai en récupérant Stargate : SG1 dans sa grille, alors que les cinq premières saisons ont été diffusées sur Showtime. Cette fois-ci, l’audience est plus réactive : Prometheus, l’épisode 12 de la saison 6, est un carton d’audience. L’équipe dirigeante de Sci-Fi a alors la confirmation que l’équipe de Jack O’Neill (et accessoirement, celle de Brad Wright, le showrunner de la série) en a encore sous le pied.

L'arrivée de l'équipe de Stargate : SG1 marque une nouvelle étape dans l'histoire de SyFy.

L’arrivée de l’équipe de Stargate : SG1 marque une nouvelle étape dans l’histoire de SyFy.

Ce succès ouvre une période faste pour Sci-Fi. La plus faste de sa courte histoire, pour tout dire. Fin 2002, la chaîne propose la minisérie Taken, produite par Steven Spielberg. En 2004, sa direction lance coup sur coup la minisérie Battlestar Galactica (2003), dans laquelle Ronald D. Moore revisite l’œuvre de Glen A. Larson, Stargate: Atlantis, spin-off de SG1 (juillet 2004), puis la série Battlestar Galactica (octobre 2004).

La grande force de la chaîne, c’est qu’elle explore alors des univers qui ont déjà un public et confie leur développement à des auteurs qui s’inscrivent dans le droit fil des grands maîtres de la science-fiction télé. Si Taken n’est pas exempte de défauts, elle connaît un joli succès. Stargate : Atlantis reste, elle, bien dans l’esprit de SG: 1… et surtout Battlestar Galactica devient un vrai porte-drapeau pour la chaîne.

Le début d’une nouvelle vie pour Sci-Fi ? Oui et non. Propriété de NBC Universal, la chaîne câblée ouvre sa grille à des programmes qui n’ont rien à voir avec le genre qui l’a fait connaître du grand public. New York Unité Spéciale et du… catch sont proposés aux téléspectateurs.

Dans le même temps, les nouveaux projets de série ont du mal à surfer sur le succès de leurs aînées. Si Eureka et Warehouse 13 trouvent un certain écho auprès du public, les spin-off de Stargate : SG1 et Battlestar Galactica, lancés en 2009 (Stargate Universe) et 2010 (Caprica) ne font pas long feu.

Helix, une des nouvelles séries lancées par SyFy en 2014.

Helix, une des nouvelles séries lancées par SyFy en 2014.

Devenue SyFy en 2009, la chaîne produit un joli petit paquet de programmes de téléréalité mais côté séries, les créations originales manquent souvent de souffle. Des projets comme Defiance ou Helix possèdent de solides qualités, mais n’ont pas franchement l’aura des grands succès de la chaîne. Plusieurs projets développés en coproduction avec des chaînes canadiennes comme Continuum, Lost Girl ou Bitten complètent la grille d’une chaîne qui se cherche quelque peu.

Jusqu’à quand ? Bill Mc Goldrick, en charge du développement des séries de la chaîne, mise gros sur 12 Monkeys, l’adaptation télé du film de Terry Gilliam L’Armée des Douze Singes, pour frapper les esprits en janvier 2015.  En attendant, la chaîne peut toujours compter sur ses téléfilms complètement délirants façon Sharknado pour faire le buzz.

Pas sûr que ce soit suffisant pour structurer une politique éditoriale forte à l’attention d’une chaîne et un public qui en ont vraiment besoin… mais c’est déjà ça.

Partager