#Critique De cape et de crocs (T.12) d’Ayroles et Masbou : Si ce n’est toi…

#Critique De cape et de crocs (T.12) d’Ayroles et Masbou : Si ce n’est toi…

S’il y avait un album attendu au tournant cette année, c’est bien ce douzième tome de la série De cape et de crocs qui a pour héros cette fois-ci, le doux et gentil Eusèbe, décidément bien seul dans son monde.

DE CAPE 12 C1 OK.inddL’histoire : Eusèbe. Fulgence. Enfin, le face à face. Entre les deux frères, les comptes doivent être réglés. Le gentil. Le méchant, roi de la cour des miracles. Mais comme d’habitude, rien n’est jamais simple dans l’univers d’Alain Ayroles et de Jean-Luc Masbou… Quand la politique s’en mêle, il ne reste que les humbles comédiens et rimailleurs.

Mon avis : La série De cape et de crocs, c’est une petite merveille. Une pépite à chaque épisode, où jeux de mots, animaux anthropomorphisés, mousquetaires et soldats du roi s’affrontent dans une lutte sans merci. Si les héros des dix premiers volumes s’attardaient sur les personnages de Lope et d’Armand, le loup et le renard, deux épisodes nous permettaient d’en savoir plus sur Eusèbe, l’étrange lapin qui a fini aux galères. En proposant Vingt mois avant, le tome 11, il fallait donc se tenir à la hauteur du mythe. Comment un mignon petit lapin terminait aux galères, outre l’effet de sa niaiserie ?

Le pari est remporté haut la main par le duo. Commencé il y a plus de vingt ans, en 1995, s’achève ici leur préquelle. Toujours avec un hommage aux rimailleurs et hommes de théâtre, véritablement mis en abyme, dans un jeu de masque où se cache Eusèbe, son frère Fulgence, se mêlent aussi la vengeance, la violence et la mort. Le petit lapin saura-t-il rester toujours aussi blanc ?

DE CAPE 12_int.inddAlors, certes, nous connaissons la fin. Nous savons ce qui se passera pour Eusèbe, il n’y aura pas de porte de sortie. Pour rencontrer Don Lope et Armand, pour connaître la Lune et une belle gitane, il lui faudra passer par des heures bien sombres. Alors, certes, nous restons dans un univers somme toute assez classique, avec ses femmes à leur place (celle de mère, de maîtresse, de figures compassionnelles) (ha, Yasmina, où es-tu ?) et si le final est splendide, il reste au genre masculin. Malgré tout, c’est une belle réussite que ce Si ce n’est toi… qui parvient en plus à garder quelques surprises dans sa manche.

Si vous aimez : Les tomes précédents bien entendu. Mais surtout un rayon de soleil dans la grisaille de l’hiver.

DE CAPE 12_int.inddEn accompagnement : La bande son de Little Miss Sunshine. Ou de Juno.

Autour de la BD : Une pièce de théâtre a été adaptée des premières BD, par la Compagnie des masques. Un spectacle qui montre bien l’universalité et la théâtralité dont ont fait preuve Alain Ayroles et Jean-Luc Masbou, dans un ouvrage qui rappelle aussi bien Alexandre Dumas qu’Edmond Rostand.

Extrait :  » – La lune se voile… Il ne viendra plus.
– Qui donc ?
– L’homme au grand nez.
On raconte qu’en une nuit et un lieu semblable, il affronta, seul, cent spadassins.
C’était pour défendre un poète.
Voilà beau temps que l’homme au grand nez a disparu… Mais on dit que chaque fois qu’un rimailleur est en danger, il descend de la lune pour le sauver ! »

De cape et de crocs, tome 12
Si ce n’est toi
Dessiné par Jean-Luc Masbou
Scénario par Alain Ayroles
Éditions Delcourt, Terres de légendes

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