Cavalier vert : une femme et un cheval

Cavalier vert : une femme et un cheval

Note de l'auteur

Dans un monde assez classique de fantasy, suivez les aventures de Karigan G’ladehon, une jeune fille de négociants qui se retrouve au cœur d’une conspiration contre le trône. Un récit en 5 tomes dont le premier volume se lit d’une traite.

Diana Whiting, Natural Eye Photography

Diana Whiting, Natural Eye Photography

L’histoire : Karigan est une jeune fille exclue de son école pour avoir battu en duel le fils d’un noble. Elle s’enfuit alors dans la campagne, et tombe sur un homme tombé à terre, deux flèches plantées dans son dos. Ce dernier est un cavalier vert, un messager royal doté de singuliers pouvoirs. Dans un souffle, il transmet sa mission à Karigan. Si elle l’accepte, elle seule pourra sauver le roi. La jeune femme se retrouve alors confrontée à de biens étranges menaces, sur la route qui l’emmène vers la capitale…

Mon avis : Alors, oui, le récit de Kristen Britain n’est pas d’une originalité faramineuse. Il est question d’un mur qui sépare le royaume de sombres créatures, nous avons des elfes (sous un autre nom), un gardien de forêts qui ressemble à Tom Bombadil… Mais, avec un récit qui a du punch, sait alterner moments d’action et de repos, rencontres captivantes et personnages secondaires suffisamment creusés pour être intéressants.

Le point positif aussi de ce récit est que Karigan renverse le stéréotype de la jeune fille sans défense. Dès le départ, on sait qu’elle est forte à l’épée, pas mauvaise en équitation mais nulle en histoire. Un personnage complet, qui ne respecte que ses convictions pour mener ses combats. Le récit est donc un long trajet à cheval, qui reprend l’idée des messagers au temps des mousquetaires. Une chevauchée alléchante, mêlant magie, destin et intrigues royales. Certes, les opposants politiques (la Société contre la Monarchie), des anarchistes, sont un brin caricaturaux, mais en même temps rafraîchissants. Une héroïne qui plaira aussi bien aux femmes qu’aux hommes, et qui n’a pas froid aux yeux. Parmi les personnages secondaires délectables : deux sœurs un peu timbrées vivant au milieu de la forêt, un aigle acariâtre, un méchant très méchant, des gamins d’écurie pas comme les autres, un garde forestier pleins d’histoires et un papa plutôt sympa. Un récit qui se lit facilement, et on suit sans peine une nuit à la belle étoile, un combat contre une araignée géante, des bandits de grands chemins. Combats d’épées, flèches, monde médiévale, magie et abnégation. Bref, tous à cheval !

Le parn national d'Acadie a servi de référence à la Sacoridie.

Le parn national d’Acadie a servi de référence à la Sacoridie.

Si vous aimez : Chevaucher dans des paysages déjà connus, mais si agréables.

Autour du livre : L’auteure a été garde forestier au service des parcs nationaux américains… Ce qui peut d’ailleurs expliquer ses connaissances et sa facilité de récit dans les bois, qui deviennent des lieux très agréables où se perdre. Le paysage de Sacoridie est inspiré de son travail au parc national d’Acadia.

Extrait : « Malgré son agilité, Karigan éprouvait des difficultés à traquer les créatures sur un seul pied. Sa lame rebondissait plus souvent sur les carapaces qui durcissaient. L’aigle estima bientôt que Cheval était suffisamment en sécurité pour qu’il puisse le laisser, et reprit la chasse, déchirant les monstres à l’aide de ses serres puissantes. Sa vue perçante l’assurait qu’aucun n’en réchapperait.
La robe alezane de Cheval était entaillée et souillée de sang là où les monstres l’avaient mordu, mais lorsque les effets du venin cessèrent, il leva la tête et put bouger ses membres. Karigan essuya sa lame jaunie sur un parterre de mousse. Le sol était jonché de petits anéantis. Le loup avait profité du chaos pour disparaître.  »

Sortie : le 28 août 2015, éditions Milady, 598 pages, 9,20 euros.

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