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Ce que j’ai appris sur Joss Whedon : les projets qui n’ont jamais vu le jour par Amandine Srs

Ce que j’ai appris sur Joss Whedon : les projets qui n’ont jamais vu le jour par Amandine Srs

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À gauche, Alan Tudyk dans le rôle d’Alpha, une « poupée » dont les différentes personnalités implantées au fil des missions se mélangent pour créer un personnage psychopathe. On n’est pas très loin d’Afterlife.

Petite liste des projets avortés et scénarios jamais tournés de Joss Whedon et évoqués par Amy Pascale dans sa biographie.

Tout d’abord, les projets personnels de début de carrière qui n’ont pas abouti :

  • Nobody Move, scénario de comédie écrit fin 1991 : un petit garçon de douze ans, qui vient juste de perdre sa mère et qui est ignoré de son père, décide de mettre en place les stratagèmes les plus abracadabrants pour empêcher sa petite amie de déménager à l’autre bout du pays. Étrangement, ce scénario a été écrit deux mois avant le décès soudain de la mère de Joss Whedon.
  • Suspension, scénario de film d’action écrit vers 1992 et acheté pour un million de dollars en 1993 par Lawrence Gordon, le producteur de Die Hard : un ancien prisonnier qui vient d’être libéré, Harry Monk, se retrouve au milieu d’une prise d’otages sur le pont suspendu George Washington à New York et collabore avec une femme officier de police. C’est un script apparemment très violent (avec par exemple le meurtre d’un enfant en direct à la télé) dont l’issue ne déroge pas à la règle du happy end de ce genre de film mais qui brille par la qualité d’écriture de ses personnages.
  • After Life, scénario de film de science-fiction écrit vers 1993-1994 et acheté par Sony pour 1,5 million de dollars : le scientifique Daniel Hoffstatter meurt prématurément d’une grave maladie pour se réveiller quelques temps plus tard dans le corps d’un autre homme. Une agence gouvernementale, Tank, a en effet entrepris de transplanter le cerveau des génies afin de les garder vivants dans le but de poursuivre leurs recherches. Mais Daniel s’échappe et alors qu’il est en fuite, la personnalité du corps qu’il occupe, un meurtrier, commence à refaire surface.
Eliza Dusku refusa le spin-off de Faith (qui n'était qu'un projet) mais continua à apparaître dans des projets de Whedon jusqu'à prendre le rôle principal de Dollhouse qu'elle co-produisit.

Eliza Dusku refusa le spin-off de Faith (qui n’était qu’un projet) mais continua à apparaître dans des projets de Whedon jusqu’à prendre le rôle principal de Dollhouse qu’elle co-produisit.

Ensuite les projets, envisagés ou développés mais sans suite, via Mutant Enemy, sa boîte de production :

  • une série animée musicale sur Dracula.
  • Grampire : une comédie sur deux enfants qui sont persuadés que leur grand-père est un vampire.
  • Alienated : une comédie sur un homme enlevé par des extraterrestres.
  • Cheap Shots : une série télé (un ensemble comedy) en collaboration avec Ty King, scénariste de la première série Parenthood (1990) et qui a écrit deux épisodes de Buffy : « Some Assembly Required » (2×02) et « Passion » (2×17).
  • Buffy the Animated Series : c’est le projet le plus avancé du lot, destiné à la Fox. Jeph Loeb (grand scénariste de comics, vieux routard des séries animées Marvel et maintenant sur Agents of SHIELD) et Joss Whedon en auraient été les producteurs exécutifs avec aux scénarios les habitués de Buffy (Fury, Goddard, Greenberg, Espenson…). Eric Radomski (co-créateur de Batman : the Animated Series de 1992) et Eric Wight (animateur sur le Batman Beyond de 1999) en auraient assuré le développement artistique. Le travail était déjà bien avancé mais lorsque Disney a racheté Fox Family Worlwide, le projet a été abandonné.
  • Un spin-off Faith mais Eliza Dushku a refusé pour faire Tru Calling. Rien n’avait été développé, ils avaient juste l’idée de départ : une série itinérante mettant en scène Faith sillonnant le pays à moto.
orsque Whedon commença à écrire Wonder Woman, Gina Torres lui envoya un message disant que si le studio l'autorisait à embaucher une femme de couleur d'âge mûr pour le rôle, elle serait partante, puisque de toute façon elle était la seule vraie Amazone qu'il connaissait

Lorsque Whedon commença à écrire Wonder Woman, Gina Torres lui envoya un message disant que si le studio l’autorisait à embaucher une femme de couleur d’âge mûr pour le rôle, elle serait partante, puisque de toute façon elle était la seule vraie Amazone qu’il connaissait

Du côté des projets cinématographiques plus récents, on trouve :

  • Wonder Woman dont le scénario est trouvable sur le net. C’est la dernière version mais ce n’est pas du tout la version finale : il y a dedans beaucoup de choses que Joss Whedon n’aime pas.
  • Iron Man : Marvel avait demandé à Whedon un « traitement » (une quarantaine de pages, entre le synopsis et le scénario en lui-même) pour Iron Man qu’il a fait et qui a été approuvé. Mais à l’époque Joss Whedon gérait Buffy, Angel et Firefly. Le projet a donc été abandonné.
  • Goners : écrit un peu avant The Cabin in the Woods, Goners est décrit comme un film d’horreur très noir qui n’est pas sans rappeler Buffy puisqu’il met en scène une forme de rite de passage héroïque avec pour personnage principal une jeune femme nommée Mia. Ce scénario s’inscrit en fait dans une démarche contestataire de Joss Whedon face à l’horreur misogyne qu’il constate partout, de Saw à Captivity. Il présente Goners comme un « antidote à ces films d’horreur où les êtres humains sont des accessoires (expendable) ». À l’époque, il s’était d’ailleurs fendu d’une lettre ouverte à la MPAA (Motion Picture Association of America) publiée dans le Huffington Post à propos des affiches de Captivity montrant Elisha Cuthbert en train d’être torturée. Dans cette lettre ouverte, après avoir déclaré son amour des films d’horreur, il écrit ceci : « L’arrivée du torture-porn et la déshumanisation totale, pas seulement des femmes (même si on commence toujours par elles), mais de tous les êtres humains, ont fait du film d’horreur un genre largement odieux (unpalatable). […] Cette campagne de pub fait partie d’un cycle de violence et de misogynie qui dépossède de quelque chose les gens qui la voient. C’est comme être agressé (et je l’ai été). » Plus tard, il s’exprimera aussi contre Captivity en publiant sur Whedonesque.com un message dans lequel il décrit la bande-annonce du film ainsi : « Tout ce qu’on y apprend c’est que Elisha Cuthbert est magnifique, puis enlevée, torturée de manière inventive, répétée et horrible et que la première chose qu’elle crie c’est  »je suis désolée » ».
    Amandine Srs (@amdsrs)

Les épisodes du dossier « Ce que j’ai appris de Joss Whedon »
De quoi apprendre beaucoup sur Joss Whedon
Formation et Influences
Premières expériences et script doctoring

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