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Ce que j’ai appris sur Joss Whedon : premières expériences et script doctoring par Amandine Srs

Ce que j’ai appris sur Joss Whedon : premières expériences et script doctoring par Amandine Srs

malgré les relations parfois difficiles et les personnalités parfois dures à gérer (Sarah Michelle Gellar ou Robert Downey Jr en tête), tous reconnaissent l'effort constant de Whedon pour essayer de maintenir une ambiance saine sur les plateaux.

malgré les relations parfois difficiles et les personnalités parfois dures à gérer (Sarah Michelle Gellar ou Robert Downey Jr en tête), tous reconnaissent l’effort constant de Whedon pour essayer de maintenir une ambiance saine sur les plateaux.

La première expérience marquante pour Joss Whedon se fait à la télévision, sur Roseanne, où à la faveur du chaos qui règne dans la production il se retrouve à écrire quatre scripts la même année, alors même qu’il sort juste de l’université. Mais ce qu’il retire de cette expérience est surtout une leçon humaine et une leçon sur le showrunning. En effet, cette année là, Roseanne Barr fait la une de la presse people et il y a un parfum de scandale autour de la série. Roseanne réunit alors toute l’équipe et au lieu du discours fédérateur et apaisant auquel Joss Whedon s’attend, elle menace avec virulence l’équipe, prévenant que quiconque parlera à la presse sera renvoyé sur le champ. C’est un choc pour Whedon qui réalise à ce moment là qu’il y a deux façons de gérer une équipe : diviser ou unir, et qu’un bon showrunner est celui qui traite avec respect tous les membres d’une équipe, quel que soit leur rôle. À coup sûr, cet événement n’est pas sans lien avec la bonne réputation qu’il se fera par la suite en tant que showrunner, même lorsque les relations en coulisses seront houleuses (comme dans les dernières saisons de Buffy).

Après Roseanne, Joss Whedon délaisse la télévision pour le cinéma et c’est d’abord en tant que script doctor qu’il se fait un nom. Ses premiers chantiers sont le remake de 1994 de The Getaway (il écrit notamment des répliques qui sont ajoutées en doublage pendant la post-production dans les plans où on ne voit pas les lèvres des acteurs) et Mort ou Vif (The Quick and the Dead) qu’il accepte car il souhaite vivement rencontrer Sam Raimi.

c'est avec Buffy que le scénariste Joss Whedon a fait ses armes de réalisateur, pour avoir enfin un contrôle créatif absolu.

c’est avec Buffy que le scénariste Joss Whedon a fait ses armes de réalisateur, pour avoir enfin un contrôle créatif absolu.

La reconnaissance dans le milieu vient avec Speed où il n’est pourtant pas crédité pour son travail. Graham Yost (Justified, Boomtown) a en effet refusé de partager l’affiche avec Joss Whedon. Les règles de la Writers Guild Association ne reconnaissent l’obligation de mention que dans le cas de l’intrigue et pas des dialogues et il aurait donc fallu que Yost donne son accord pour que Whedon soit reconnu. Yost a déclaré qu’il avait travaillé dur pour en arriver là et que c’était de bonne guerre. Il a pourtant reconnu, dix ans plus tard, que Whedon avait réécrit « 98,9 % » des dialogues ! Ainsi que les personnages, qui ne ressemblaient en rien à la première version.

n°3 accueil credit elsa guillet-chapuisS’enchaînent alors d’autres expériences très ingrates pour Joss Whedon. En premier lieu Waterworld où il est dépêché sur le tournage et payé cher pour finalement n’avoir aucune marge de manœuvre : Kevin Costner règne en maître absolu et Whedon en est réduit à prendre des notes. De sa participation au film, il ne restera rien. De même, cinq ans plus tard, le scénario qu’il a écrit pour le X-Men de Bryan Singer (2000) sera complètement changé et ne subsisteront que deux répliques. Mais la pire expérience reste sans doute Alien : Resurrection de Jean-Pierre Jeunet en 1997. Son scénario est beaucoup apprécié par Sigourney Weaver avec laquelle il discute de l’évolution du personnage de Ripley, et qui lui fera l’amitié d’un caméo dans The Cabin in the Woods. Mais lorsqu’il a vu le film terminé pour la première fois, c’est les larmes aux yeux qu’il dit avoir quitté la séance. Il n’a rien retrouvé de la vision qu’il avait en tête lors de l’écriture. Passe encore que la scène de fin ait dû être maintes fois réécrites, devenant de moins en moins spectaculaire jusqu’à l’anecdotique, pour des questions de budget. Ce qu’il a vécu comme une humiliation c’est de constater que si ses répliques avaient été plus ou moins respectées, toute l’exécution était « wrong » : depuis le jeu des acteurs (et les fans savent que le ton des répliques de Whedon mérite un certain jeu) jusqu’au casting, en passant par le design, les décors, l’ambiance, la musique, les choix de réalisation etc. Ce fut un véritable crève-cœur pour lui. Après le désastre du film Buffy (1992) où là non plus sa vision ne s’était pas du tout retrouvée sur l’écran, Joss Whedon était bien décidé à prendre entièrement le contrôle de ses créations. C’était d’ailleurs la part non négociable du contrat initial de production de la série Buffy : il réaliserait le pilote et autant d’épisodes qu’il le souhaiterait.

Amandine Srs (@amdsrs)

Les épisodes du dossier « Ce que j’ai appris de Joss Whedon »
De quoi apprendre beaucoup sur Joss Whedon
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