Les séries mésestimées : Chuck (2007/2012)

Les séries mésestimées : Chuck (2007/2012)

Zachari Levi (Chuck Bartowski). Photo WB

Vous adorez voir une fiction dont le héros évolue vraiment et de façon cohérente ? Vous aimez quand une série titille vos souvenirs de sériephile et de cinéphile ? Vous appréciez les comédies romantiques qui ont un coeur énorme ? Chris Fedak et Josh Schwartz ont développé le show que vous attendiez… et vous l’avez loupé. Dépêchez-vous de vous rattraper !

L’histoire des séries télé est pleine de binômes surprenants. Des fictions lancées en même temps, sur le même thème, mais avec un traitement et un destin très différent. En 1994, ces séries s’appelaient Urgences et Chicago Hope et se déroulaient dans des couloirs d’hôpital. En 2006, c’était 30 Rock et Studio 60, dans les coulisses d’une émission à sketches. En 2007, c’était The Big Bang Theory et Chuck avec le monde des geeks et des nerds. Dans chacun de ces tandems, Urgences, 30 Rock et The Big Bang Theory ont cartonné, tandis que Chicago Hope, Studio 60 et Chuck ont toujours lutté pour convertir un public plus large tout en proposant quelque chose de différent, tenant du même coup une place particulière dans le coeur de leurs fans.

Chuck, c’est ça. Et c’est bien plus encore.

Imaginée par deux scénaristes qui se sont rencontrés sur les bancs de l’University of Southern California, Chuck raconte l’histoire d’un petit génie de l’informatique (Chuck Bartowski, joué par Zachari Levi), viré de la fac et qui passe son temps à réparer des ordinateurs avec une bande de losers dans un magasin baptisé Buy More. Jusqu’au jour où un de ses ex-camarade de chambrée lui envoie un programme top secret par mail. Et qu’il télécharge dans son cerveau le contenu d’un super ordinateur conçu par les services secrets, devenant lui-même une arme secrète. Secrète et particulièrement maladroite.

Lester, Morgan et Jeff : la bande de bras cassés qui travaille avec Chuck au Buy More. Photo WB

Placée en de mauvaises mains, cette idée aurait pu finir droit dans le mur. Sauf que ce n’est pas le cas. D’abord parce que le scénariste le plus connu de la bande, c’est Josh Schwartz. Enfant prodigue de la télé US (il a créé sa première série The OC/Newport Beach à 26 ans), Schwartz est devenu en quelques années le roi des productions grand public jamais dénuées d’idées.

S’il adore les histoires d’ados, s’il a une vraie prédisposition pour les ressorts soapesques, celui qui est aussi le producteur de Gossip Girl, Hart of Dixie et bientôt The Carrie Diaries et Cult (il a de sérieux atouts pour devenir le nouvel Aaron Spelling) n’oublie jamais qu’un bon divertissement repose sur la justesse des émotions qu’il suscite. Et c’est ce qu’il apporte ici.

L’autre créateur de la série s’appelle Chris Fedak. C’est lui qui a porté la série à bout de bras malgré son chahut par des audiences trop basses. C’est aussi lui qui en a fait une solide série d’aventures, complètement immergée dans la culture populaire américaine.

L’agent Sarah Walker, cible émouvante de Chuck Bartowski. Photo WB

Grâce à une belle conjonction de talents, Chuck a pu grandir et rester cohérente au fil des années. Même quand la série prenait de gros risques. Pendant les deux premières années, Chuck Bartowski était le prototype parfait de l’anti-héros rigolo. Un gamin qui savait parler à tous les gamins de l’autre côté de l’écran. Après une trentaine d’épisodes bien menés, Schwartz et Fedak ont décidé de le faire mûrir, de lui confier davantage de responsabilités. Quitte à remettre en cause un équilibre bien installé.

Le pari était risqué, il aura été hyper payant. Tant du point de vue « série d’espionnage bourrée de clins d’oeil » que dans la dimension « comédie romantique » du projet. Car Chuck, ce n’est pas qu’un show d’aventures qui lorgne allègrement vers la comédie : c’est aussi et surtout une très jolie histoire de couple. L’idylle entre Chuck et Sarah, l’agent de la CIA chargée de le protéger (jouée par Yvonne Strahovski), est effectivement une des plus joliment racontées ces dernières années. Pourquoi la série plait-elle autant ? Parce qu’elle est parvenue à développer différents arcs liés à l’identité du héros (Chuck l’apprenti espion, Chuck et sa double vie, Chuck et Sarah) dans un timing quasi-parfait.

Au bout de la course, qui aurait duré cinq saisons et plus de 90 épisodes, Chuck Bartowski a grandi. C’est un adulte passé par des moments difficiles (la série a aussi ses passages sombres et ils sont bien traités) qui peut poursuivre la route sans nous. Et tant pis si la dernière saison est la plus faible: capable de convoquer toutes sortes de références (Star Wars, Matrix, le cri Wilhelm, Retour vers le futur, Die Hard) et des visages célèbres (Timothy Dalton, Linda Hamilton, Robert Englund, Scott Bakula, Chevy Chase, John Laroquette, Lou Ferigno, Tony Todd…), Chuck fait partie des séries que l’on se doit de voir si on aime les bonnes histoires.

Parce qu’elle est sincère. Parce qu’elle est enthousiasmante. Parce que sa BO est impeccable (Alexandra Patsavas, en charge de cette partie, mérite une statue pour son travail). Et parce que, contre toute attente, son echo raisonne durablement chez ceux qui l’ont vue.

John Casey, le bras armé du gouvernement qui, à la base, n’est pas là pour rigoler. Photo WB

CHUCK

Série créée et showrunnée par Josh Schwartz et Chris Fedak

(91 épisodes, diffusés de 2007 à 2012 par NBC)

Avec Zachari Levi (Chuck Irving Bartowski) Yvonne Strahovski (Agent de la CIA Sarah Walker), Adam Baldwin (Agent de la NSA John Casey), Joshua Gomez (Morgan Guillermo Grimes), Sarah Lancaster (Ellie Bartowski), Ryan McPartlin (Devon Captain Awesome Woodcombe), Vik Sahay (Lester Patel), Scott Krinski (Jeff Barnes), Mark Christopher Lawrence (Big Mike).

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