Cinq épisodes de séries à voir pour Noël

Cinq épisodes de séries à voir pour Noël

Ce vendredi, pour le sacro-saint top du jour, l’insubmersible Team séries s’intéresse à un classique de la télé américaine. Pour l’occasion, cinq de ses membres vous proposent chacun un épisode qui l’a touché ou marqué. Voici effectivement une sélection à regarder à côté du sapin, en attendant le vénérable barbu…

Amends (Buffy contre les Vampires, 3.10)

Par Julia Lagrée

Une tueuse, un vampire et un peu de neige.

J’ai longuement hésité pour ce top entre cet épisode et Christmas Amnesia de Sabrina l’apprentie sorcière. N’en déplace à Ilda et Zelda, j’ai finalement choisi celui-ci car il dépasse (à mon sens) toutes les autres séries sur le rayon de la thématique de Noël.

Les séries cotillons et verts sapins passeront des épisodes entiers de Noël à dire que le vrai sens de Noël, c’est la famille (alors que tout le monde sait que c’est la bouffe). Buffy choisit dans cet épisode, le pardon. Dans Amends, Angel, revenu récemment des Enfers, est tourmenté par ses démons intérieurs (et des démons extérieurs en fait) qui prennent la forme de personnes qu’il a tué ou torturé.

Malgré toute la souffrance qu’il a enduré en enfer, le vampire n’arrive pas à se pardonner de tout le mal qu’il a fait et revit sans cesse ses actes. Proche du suicide, Angel finit par trouver le chemin de la paix grâce à Buffy. Ca parait facile comme ça mais ça ne l’est pas. Le pardon est encore moins facile que voir de la neige tombé en Californie. Et Angel doit atteindre le plus dur des pardons, le pardon de soi-même.

Ecrit et réalisé par Joss Whedon, l’épisode transcende tous les grands thèmes de Noël pour retourner à l’essentiel, Noël, c’est ce temps de l’année, où on doit être capable de se supporter suffisamment pour vivre un moment de partage avec les autres. Et au final, c’est un message bien plus fort que Salem sur un snowboard.

“I’ll be home for Christmas” (Urgences, 8.10)

Par Nicolas Robert

Dans son genre, celui-ci est singulier. Il revisite tous les grands classiques du genre (l’importance de la famille, la notion de cadeau, le miracle), au service d’un personnage et dans un contexte très particulier.

Ecrit par Meredith Stiehm et Dee Johnson, “I’ll be home for Christmas” raconte effectivement le départ de Peter Benton du Cook County. D’un certain côté, on peut le voir comme un épisode classique de “sortie” pour un personnage récurrent. Dans les faits, c’est bien plus que cela.

Non, la photo n’est pas tirée de l’épisode… mais avouez qu’elle est drôle.

Avec intelligence, le scénario retrace tout le cheminement de Benton dans la série. L’histoire d’un chirurgien doué, remarquable technicien (ce qui lui confère une assurance horripilante), qui voit sa vie prendre un chemin étonnant lorsqu’il devient père d’un garçon atteint de surdité.

Confronté à l’univers de la paternité, à tout ce qu’elle peut engendrer de beau comme d’incertain, le bonhomme va changer. Subtilement mais de façon continue, pour réorienter sa vie et ses priorités. Cette évolution, elle est racontée tout au long de l’épisode en explorant les différents “visages de Benton”. A la cour quand il ment par omission, avec Cleo quand il songe à la suite de sa vie, à l’hopital, avec Corday, quand il “exorcise” la mort par balles de son neveu (ce qui asseoit la dimension iconique du personnage). Un bel exercice de style, en somme.

Lors de sa diffusion aux Etats-Unis, en décembre 2001, « I’ll be home for Christmas » a moyennement marché du point de vue des audiences. C’est bien dommage parce qu’il est vraiment réussi. Si vous le revoyez, vous pourrez le constater.

“Making Spirits Bright” (Ally McBeal, 2.11)

Par Marine Pérot

Une licorne et des souvenirs pour Ally McBeal.

Qui n’a jamais rêvé de voir une licorne ? Ce symbole d’espoir est au centre de “Making Spirits Bright,” touchant épisode de la seconde saison d’Ally McBeal. La série met un point d’honneur à tirer profit des thématiques entourant les fêtes de Noël pour renforcer les storylines de ses épisodes et celui-ci ne fait pas exception à la règle.

L’idée est simple : tout le monde a besoin d’un petit peu d’espoir, et c’est à travers le cas d’un client licencié parce qu’il a dit à ses patrons avoir vu une licorne que les avocats de Cage et Fish vont être rappelé de ce fait. Surtout que leur client n’est pas le seul à déjà avoir vu la créature mythique, Ally aussi.

Les gens ont tendance à se sentir plus seuls pendant les fêtes qu’ils ne le sont le reste de l’année. Ally ne se sent pas nécessairement seule dans cet épisode, mais elle est tout de même heureuse de retrouver la licorne, cet être qui lui rappelle qu’elle a le coeur pur et que quoi qu’il advienne, il y a toujours de l’espoir.

Cet épisode n’est sans doute pas le meilleur de la série, mais son ton optimiste et la tendresse qui en émane en font un bon épisode de Noël, à voir ou revoir un chocolat chaud à la main et le sourire aux lèvres.

“Christmas !” / « L’ange gardien » (7 à la Maison, 11.11)

Par Fred Moreau

Stephen Collins dans la dernière saison de 7th Heaven.

L’arc de la 11ème et dernière saison de 7 à la maison tourne autour de la maladie d’Eric, en danger de mort… à cause de son trop « gros » cœur. Victime d’une attaque dans l’épisode précédent, le révérend se retrouve dans « L’Ange gardien » au Paradis. Guidé par sa belle-mère, décédée il y a quelques années de cela, le papa Camden déambule dans une ville absolument parfaite. Les gens y sont divinement aimables. Un chœur de rue entonne des chansons de Noël toutes les 5 minutes… Bref, tout va pour le mieux dans le meilleur des paradis.

Et, alors que son sort est discuté par les plus hautes instances (N’est-il pas monté au Paradis trop « tôt » ? Doit-il redescendre parmi les mortels ? Un dilemme qui pourrait rappeler celui du classique Une Question de vie ou de mort) Eric fait des emplettes pour sa famille. Bien entendu il ne s’agit pas de cadeaux « physiques » mais… symboliques. Forcément. Ce sera donc du « courage » pour Lucy, afin qu’elle se décide à avoir un nouveau bébé. De la « détermination » pour Simon afin qu’il mène au bout ses projets. Du « respect » pour Rosie…

Bref.

Mais alors qu’Eric est enrobé de félicité au Paradis, sur Terre, sa petite famille s’inquiète de son absence prolongée tout en décidant du cadeau idéal à offrir à Noël : du temps. Trois journées de charité. Une en cadeau pour Eric, une pour Jésus et une pour eux-mêmes.

Qui a dit que 7 à la maison était une série prêchi-prêcha ?

“Mr. Hankey, the Christmas Poo” (South Park, 1.09)

Par Dominique Montay

Du caca qui sourit, c’est aussi ça, la magie de Noël…

Dans cet épisode, South Park traite de la solitude d’un juif en pleine période de Noël; fais un discours sur la gestion des sensibilités; offre trois chansons, l’une mélancolique, l’autre sexuelle (Chef, tu nous manques) et la dernière mythique (Kyle mom’s a bitch); et crée de toutes pièces une fête de Noël. Tout ça, sans tuer Kenny.

Alors l’aspect visuel de cette saison est assez rudimentaire, mais scénaristiquement, South Park saison 1, ça se pose là niveau qualité. Aujourd’hui la série a repoussé ses limites. Elle va clairement plus loin. Mais à cette époque, le discours était le même. Il était peut-être plus subtil.

Ici, on suit le personnage de Kyle en pleine souffrance. Le seul enfant juif de South Park est mis à l’écart de toute célébration de Noël par l’action de sa mère, outrée de le voir jouer une pièce sur la nativité. Elle provoque un mouvement de foule comme South Park en a le secret, où tout le monde réclame de retirer des rues ce qui gêne leur sensibilité. On commence par les objets religieux, puis liés au père Noël, puis on vient aux décos pour finir par les guirlandes électriques.

Kyle se réfugie alors dans une croyance sortie de nulle part : Mr Hankey, le caca de Noël, qui vient récompenser les enfants qui mangent des fibres. Oui. Bon. La progression de Kyle est intéressante, car elle parle à tous ceux qui ont été mis à l’écart. Elle souligne aussi l’importance d’une supposée “normalité” à l’école, qui dépasse même le sujet des fêtes. Celui qui dénote est à l’écart, stigmatisé. La série n’offre en soit aucune solution car il n’en existe pas. Ceux qui n’ont pas le même culte que la majorité continueront de subir les fêtes des autres. Mais les annuler ne sont pas pour autant une solution.

Autant tous se réunir autour d’une merde, finalement.

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