Comic Con Paris 2015 : interview de Brian Azzarello

Comic Con Paris 2015 : interview de Brian Azzarello

C’est à la Grande Halle de la Villette lors du Comic Con Paris que nous avons pu rencontrer Brian Azzarello pendant quelques minutes à peine. Le scénariste de 100 Bullets et de Wonder Woman a bien voulu répondre à quelques questions sur son travail, mais se montre fort peu disert lorsqu’il s’agit de commenter l’état actuel du marché des comics…

 

 

100 bullets

Daily Mars : Comment vous est venue l’idée de 100 Bullets ?

Brian Azzarello : J’étais en train de conduire avec un pote, et quelqu’un m’a coupé la route. Je me suis écrié « je vais le tuer ! » Et mon pote a dit « si tu pouvais le faire sans conséquences, tu le ferais ? »

Serez-vous impliqué dans l’adaptation cinéma qu’entend produire Tom Hardy ?

Il n’y a pas de film actuellement. Pas encore. Il y a une option sur les droits. Quand je verrai les affiches sur les bus, c’est là où je saurai que c’est vrai. Mais je vais rencontrer les producteurs dans les prochains mois.

Vous dites souvent que David Goodis est une source importante d’inspiration pour vous. Quel est son apport à votre œuvre ?

J’adore son travail. L’inéluctabilité de ses œuvres, le fait qu’on sache où ça va finir avant même que ça démarre, et les erreurs de parcours qui font qu’on sait que ça va mal finir. J’aime beaucoup lire ce genre d’histoires, et en écrire.

Est-ce que vous envisageriez d’écrire des romans ?

Oui, mais je n’ai pas beaucoup le temps. Ce serait probablement des romans policiers, mais les comics me prennent tout mon temps !

La fin de votre cycle sur Wonder Woman s’apprête à voir le jour en France. On ne vous attendait pas forcément sur ce personnage : est-ce que c’était un désir personnel et pourquoi ?

J’ai écrit pour Wonder Woman parce que j’étais absolument opposé aux plans de l’éditeur pour ce personnage quand je les ai découverts. Je pensais qu’ils allaient mettre à mal l’essence de ce personnage et aussi les fans. J’avais des suggestions pour l’améliorer, et ils sont partis sur mes idées. Donc je suis devenu protecteur d’un personnage auquel je ne connaissais rien. Un gros changement allait être effectué pour elle et je leur ai dit qu’ils ne pouvaient pas lui faire ça.

 

dark knight master race - 1Vous allez avoir une actualité en commun avec Frank Miller l’an prochain : The Dark Knight Returns III – The Master Race (au mois de mars chez Urban Comics ndlr). Quelle est l’origine de ce projet et quelle est votre implication ?

Je vais le coécrire avec lui. Il m’a demandé de l’aider et j’ai dit « bien sûr ». On a eu deux-trois idées pour l’histoire, je l’ai écrit, il le relit… Le premier jet est vraiment une ébauche. Et ensuite on fait des allers-retours, c’est une vraie collaboration.

Quand avez-vous lu The Dark Knight Returns pour la première fois et à quel point ce titre a eu un impact sur vous ?

Je l’ai lu à sa sortie en 1986. Je le lisais épisode par épisode, parce que ce n’était pas encore un roman graphique, donc c’était différent. Mais c’est aussi comme ça que j’ai lu Watchmen et Maus. Tout ça a été publié en magazine en 1986, une belle année pour les comics. Dark Knight et Watchmen sont la raison pour laquelle j’ai changé mon regard sur les super-héros. Pourtant, si on me demandait ce qu’était mon titre le plus attendu de l’année en 1986, c’était Maus ! C’était vraiment une alternative pour nous.

Vous avez déjà été aux commandes de séries dérivées d’un gros chef d’œuvre avec Before Watchmen, qui sont des préquelles. Dark Knight Returns III sera une suite : quelles sont les différences dans l’écriture ?

En fait, mon processus ne change pas tellement. Si je ne pense pas à une histoire que j’aimerais raconter, je ne la raconterais pas. Là, c’était différent parce que Frank avait une histoire à raconter et m’a demandé de la développer. Et il y a des grosses parties de cette histoire que je lui ai suggérées, donc c’était assez collaboratif.

Que pensez-vous de cette vague de nostalgie venant des éditeurs de leur propre catalogue, autour de Watchmen, Convergence, Secret Wars. N’est-ce pas le symptôme d’une créativité en berne ?

Cette question est à charge, on veut me faire répondre « oui, la créativité est sur le déclin ». Vous savez quoi ? Non, je ne pense pas que ce soit vrai. À vrai dire, je ne suis pas d’accord.

wonder woman tome 6 - 1

Que pensez-vous de l’état actuel de DC, en termes commerciaux et créatifs ?

On n’a pas encore eu le temps de s’habituer. Je n’en pense rien. Je pense que ce sera super, voilà.

Interview réalisée par Marilys Vallet, Jérôme Tournadre. Transcript et traduction : Lordofnoyze et Philippe Guedj.

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